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Gidy, site pilote de l'avenir de Servier, au-delà du Mediator

| AFP | 184 | Aucun vote sur cette news
Les locaux de la société pharmaceutique française Servier, à Gidy, à environ 100 kilomètres au sud de Paris, le 1er septembre 2017
Les locaux de la société pharmaceutique française Servier, à Gidy, à environ 100 kilomètres au sud de Paris, le 1er septembre 2017 ( CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP )

C'est ici qu'était fabriqué le Mediator. Mais c'est aussi là, dans son usine pharmaceutique historique de Gidy, près d'Orléans, que Servier façonne son avenir industriel, investissant dans les biotechnologies et s'ouvrant à la fabrication pour des tiers.

Les sourires se crispent quand on évoque le Mediator dans cette première "usine-village" du groupe construite au début des années 1970, consistant en une vingtaine de bâtiments en béton avec de hautes baies vitrées, éparpillés dans un parc boisé de 60 hectares.

Une plaquette de Mediator le 19 janvier 2011 au CHU de Brest
Une plaquette de Mediator le 19 janvier 2011 au CHU de Brest ( FRED TANNEAU / AFP/Archives )

"Bien sûr que ce n'est pas facile à vivre avec son entourage personnel, parce que beaucoup de gens ont des a priori" sur l'affaire, déclare à l'AFP David Barnier, directeur du laboratoire de développement industriel du site, qui compte 1.200 employés, dont 800 en CDI.

Consommé pendant pplus de 30 ans par cinq millions de personnes en France, cet antidiabétique largement détourné comme coupe-faim a été retiré du marché en 2009. Il pourrait être responsable sur le long terme de 500 à 2.100 décès, selon les expertises.

- Image "diabolisée" -

Fin mai, le parquet de Paris a demandé le renvoi en correctionnelle de Servier pour tromperie aggravée, escroquerie, blessures et homicides involontaires et trafic d'influence. Le laboratoire, qui indemnise déjà au civil les victimes, estime de son côté que le ministère public a minimisé "de manière caricaturale" la responsabilité de l'Agence du médicament.

Des comprimés sont insérés dans un réservoir dans un laboratoire de la société pharmaceutique française Servier, à Gidy, à environ 100 km au sud de Paris le 1er septembre 2017.
Des comprimés sont insérés dans un réservoir dans un laboratoire de la société pharmaceutique française Servier, à Gidy, à environ 100 km au sud de Paris le 1er septembre 2017. ( CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP )

"En France, notre image a été diabolisée. Certes il y a le Mediator, mais Servier ce sont aussi de très belles choses, des médicaments qui traitent chaque jour 64 millions de patients dans le monde", déclarait récemment à l'AFP le directeur général du groupe, Olivier Laureau.

Depuis qu'il a pris les rênes à la mort du fondateur Jacques Servier (1922-2014), M. Laureau tente de casser l'image opaque qui colle à ce groupe au fort esprit de corps, contrôlé par une fondation pour garantir son indépendance.

Sa stratégie d'ouverture en recherche-développement connaît un succès plus tangible: une vingtaine de partenariats et accords de licence ont été signés par le groupe ces dernières années, souvent avec des biotechs américaines, notamment dans l'oncologie, nouvelle priorité du groupe.

A Gidy, ce virage se traduit par un investissement de 50 millions d'euros pour reconvertir d'ici 2019-2020 une unité de production de médicaments chimiques en un centre de fabrication d'anticorps monoclonaux, d'abord sous forme de lots pré-cliniques et cliniques.

Bien qu'elle ne devrait accueillir qu'une trentaine d'employés, la future unité biotechnologique suscite beaucoup d'espoirs à Gidy. Car l'activité de l'usine repose actuellement sur des médicaments chimiques anciens, comme le veinotonique Daflon et l'antidiabétique oral Diamicron.

- Contrats de sous-traitance -

En France, où ses ventes hors génériques déclinent fortement, Servier s'est séparé de plus de 600 de ses visiteurs médicaux l'an dernier. Il recrute à l'inverse des chercheurs, surtout dans les biotechnologies, et a annoncé l'an dernier un investissement majeur de 240 millions d'euros pour regrouper ses activités de recherche et innovation sur le campus de Paris-Saclay à horizon 2020.

Un opérateur retire l'ingrédient actif d'un tube avant de le transformer en médicament, dans les locaux de la société pharmaceutique française Servier, à Gidy, à environ 100 km au sud de Paris, le 1er septembre 2017
Un opérateur retire l'ingrédient actif d'un tube avant de le transformer en médicament, dans les locaux de la société pharmaceutique française Servier, à Gidy, à environ 100 km au sud de Paris, le 1er septembre 2017 ( CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP )

Un autre levier de croissance est aussi actionné à Gidy, comme sur les dix autres sites industriels du groupe dans le monde: développer et produire des médicaments chimiques pour des tiers.

Gidy a ainsi récemment obtenu un premier contrat avec un génériqueur étranger, tandis que l'usine Servier près de Moscou a capté la production pour le marché russe du dolutegravir, un médicament contre le sida de Viiv Healthcare, laboratoire majoritairement détenu par le britannique GSK.

En termes de chiffre d'affaires, la sous-traitance devrait toutefois rester une activité marginale pour le groupe. Il compte en tirer 100 millions d'euros de ventes annuelles supplémentaires d'ici 2021, alors que son chiffre d'affaires actuel pèse 4 milliards d'euros.

"Cela va surtout nous permettre d'apporter du volume, donc de diminuer nos coûts de production et de conserver les emplois", explique Marc Minet, directeur du développement industriel chez Servier.

Le groupe cherche par ailleurs à réduire de 25% ses coûts de production mondiaux d'ici 2020, et dès 2018 sur trois sites pilotes dont Gidy, mais sans jouer sur les effectifs.

Il compte quelque 21.000 salariés dans le monde, dont 4.800 en France, où il possède une autre usine, à Bolbec (Seine-Maritime), fabricant ses principes actifs chimiques.

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