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GE, une icône américaine en crise, joue son va-tout lundi

| AFP | 643 | Aucun vote sur cette news
General Electric s'apprête à dépecer son empire via des cessions d'actifs et des milliers de suppressions d'emplois
General Electric s'apprête à dépecer son empire via des cessions d'actifs et des milliers de suppressions d'emplois ( SEBASTIEN BOZON / AFP/Archives )

Acculé par les marchés financiers, General Electric (GE), fleuron industriel américain en crise, s'apprête à dépecer une nouvelle fois son empire via des cessions d'actifs et des milliers de suppressions d'emplois.

La capitalisation boursière a fondu de plus de 100 milliards de dollars depuis janvier, le fabricant des moteurs d'avions et des turbines payant cher ses paris ratés sur la rentabilité à long terme du secteur énergétique et plus particulièrement du pétrole et du gaz.

Les actionnaires semblent résignés à voir le dividende réduit, une première depuis 2009, car GE ne disposait plus que de 7 milliards de dollars de trésorerie fin septembre alors qu'il a promis de redistribuer 8 milliards.

"GE est dans une situation de liquidités critique", avance John Inch, analyste chez Deutsche Bank.

Scott Davis, de Melius Research, estime que l'entreprise est "tombée de son piédestal", ajoutant que "GE est en mode crise et a besoin de nettoyer la maison au plus vite".

Pour regagner la confiance, John Flannery, PDG depuis seulement près de trois mois, doit présenter lundi à New York un plan de relance.

- 'Serrer la ceinture' -

Au menu: une nouvelle cure d'austérité comprenant des suppressions d'emplois, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier sous couvert de l'anonymat. L'activité Energie (Power), qui fabrique des turbines à gaz et à vapeur, ainsi que des générateurs, devrait être particulièrement affectée, a ajouté la source.

Ce tour de vis vient s'ajouter à un programme d'économies de 2 milliards de dollars en cours, rognant sur les dépenses de fonctionnement et de personnel, qui a déjà fait passer les effectifs totaux de 333.000 fin 2015 à 295.000 fin 2016.

GE devrait également fermer des centres de recherche et développement (R&D) à Shanghaï, Rio de Janeiro et Munich et n'en conservera plus que deux, à New York et Bangalore (Inde), a dit une autre source.

En France, où GE a réalisé la plus grosse acquisition de son histoire en absorbant le pôle Energie d'Alstom en 2014-2015, quelque 350 emplois doivent être supprimés par GE Hydro, malgré l'engagement initial de GE de développer l'emploi.

Contacté par l'AFP, GE s'est refusé à tout commentaire. Mais mi-octobre John Flannery a déclaré sur la chaîne de télévision CNBC: "Il est clair que nous devons nous serrer la ceinture" et "nous allons réduire les coûts au-delà de 2 milliards de dollars".

Il a pris les rênes du groupe après 16 ans de règne de Jeff Immelt, marqués par les ventes des studios Universal, de la chaîne de télévision NBC, de l'électroménager et des actifs financiers.

La société pourrait également annoncer lundi la mise en vente des filiales spécialisées dans le transport et l'informatique médicale, selon une autre source proche du dossier.

- 20 milliards d'actifs à céder -

La première fabrique notamment des locomotives et des systèmes de signalisation et a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 4,7 milliards de dollars, tandis que la seconde est spécialisée dans la gestion des dossiers médicaux et regroupe les sociétés API Healthcare et Centricity EMR. Elle appartient à la branche santé de GE, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 18,3 milliards de dollars en 2016.

La vente de ces deux activités permettrait à GE de franchir une étape importante dans son objectif de céder des actifs évalués à 20 milliards de dollars d'ici deux ans.

Une autre piste envisagée est la possible indépendance de l'activité de location d'avions de ligne, GE Capital Aviation Services (GECAS), qui dispose d'une flotte de 1.950 appareils.

"Ils vont vendre tout ce qu'ils peuvent", résume Scott Davis.

Outre la situation financière, GE doit également réparer une image ternie par les révélations récentes sur la gestion de Jeff Immelt. Celui s'est déplacé pendant plusieurs années avec deux avions, dont un vide.

- 'Changer de culture' -

Cette pratique, arrêtée en 2014 après qu'un employé l'eut dénoncée, traduit le gaspillage et l'absence de contrôles internes et de contradictions qui ont conduit, selon les experts, à la crise actuelle.

John Flannery, qui est sous la pression du financier et milliardaire américain Nelson Peltz, a promis de "changer la culture" et devrait annoncer des mesures dans ce sens ce lundi.

Il a déjà mis en vente les avions transportant les dirigeants dans leurs voyages d'affaires et supprimé le service de voitures mis à leur disposition.

Il a également annulé la traditionnelle retraite de trois jours entre dirigeants du groupe, qui était prévue dans un luxueux hôtel à Boca Raton en Floride (sud-est).

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