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General Electric: le site de Grenoble craint d'être sacrifié pour celui de Cherbourg

| AFP | 433 | 5 par 1 internautes
Assemblée générale des salariés à Grenoble de GE énergies renouvelables, branche hydroélectriques, le 8 novembre 2017, pour protester contre la suppression de postes dans leur site
Assemblée générale des salariés à Grenoble de GE énergies renouvelables, branche hydroélectriques, le 8 novembre 2017, pour protester contre la suppression de postes dans leur site ( JEAN-PIERRE CLATOT / AFP/Archives )

Les salariés du site de turbines hydroélectriques de General Electric (GE) à Grenoble, où 345 des 800 postes doivent être supprimés, estiment faire indirectement les frais de l'usine d'éoliennes que le groupe américain construit à Cherbourg.

L'intersyndicale a obtenu récemment, après une injonction auprès de la direction, des documents détaillant les 1.000 emplois nets que GE s'est engagé à créer en France d'ici fin 2018, comme l'a encore rappelé le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, lors d'une audition mardi au Sénat.

Il ressort de ces documents "que sur les 1.000 emplois nets, 200 doivent l'être dans la branche Renouvelables" du groupe, qui comprend l'hydroélectricité, l'éolien et le solaire, a indiqué mercredi à l'AFP Nadine Boux (CFE-CGC) au nom de l'intersyndicale.

La création de 550 emplois est annoncée à Cherbourg, quand l'usine d'éoliennes - dont l'ouverture est prévue au second semestre 2018 - tournera à pleine charge.

Le groupe ne s'étant engagé à créer que 200 emplois dans toute la branche Renouvelables, il en résulterait un "droit de tirage" de 350 emplois pouvant être supprimés sur le site de GE Hydro à Grenoble. L'intersyndicale voit là l'origine du plan social lancé en juillet et dénonce un "simple calcul", sans "réalité économique ni stratégie".

Ses représentants ont interrogé Bercy sur ce point, lundi, lors d'une nouvelle réunion avec le directeur de cabinet de Bruno Le Maire, en rappelant que le précédent patron de GE, Jeff Immelt, avait rencontré le président Macron en juin.

"Bercy nous a assurés que ce n'était pas eux qui avaient donné leur accord" à cet arrangement entre Cherbourg et Grenoble, a rapporté Mme Boux.

Une soixantaine de salariés avaient fait le déplacement pour les soutenir, manifestant devant le ministère de l’Économie, tandis qu'une nouvelle grève était lancée à Grenoble.

"On nous a promis qu'on n'était pas concernés par les annonces de John Flannery (PDG de GE, lundi à New York, NDLR) mais les assurances du gouvernement ne nous rassurent pas", a souligné Mme Boux.

Le conglomérat américain en difficulté a annoncé un recentrage de ses activités sur trois branches (aéronautique, santé et énergie) qui s'accompagnera de milliers de suppressions d'emplois à travers le monde pour réduire ses coûts, sans détailler les régions concernées.

Le PDG de GE Hydro, Yves Rannou, est attendu jeudi sur le site grenoblois, où la grève a été levée mercredi matin. Il avait été chahuté par les salariés en colère la semaine dernière, lors d'une première visite hors les murs.

L'intersyndicale compte obtenir un "vrai délai" de négociation au-delà des 15 jours supplémentaires qu'a déjà proposés la direction pour approfondir son plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). Si cela n'était pas possible, "ça partirait en justice: autant aller au bout car ce PSE n'a pas été préparé sérieusement", estime Nadine Boux.

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