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La croissance britannique manque d'élan en attendant le Brexit

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Le présient du Conseil européen Donald Tusk accueille Thérésa May à Bruxelles, le 20 octobre 2017
Le présient du Conseil européen Donald Tusk accueille Thérésa May à Bruxelles, le 20 octobre 2017 ( Geert Vanden Wijngaert / POOL/AFP )

La croissance économique au Royaume-Uni a frémi au troisième trimestre à 0,4%, mais cette bonne surprise ne remet pas en cause le ralentissement de l'activité attendu pour 2017 sur fond de Brexit.

Les chiffres dévoilés mercredi par l'Office des statistiques nationales (ONS) constituent une première estimation et ont surpris les économistes qui s'attendaient à ce que la hausse du produit intérieur brut (PIB) par rapport au trimestre précédent se maintienne à 0,3%.

Ils témoignent toutefois toujours d'une activité économique qui ralentit depuis le début de l'année par rapport à 2016, où la croissance avait atteint 1,8% sur l'ensemble de l'année, au point que le pays a été le plus mauvais élève au sein des pays du G7 au premier semestre 2017.

La principale contribution à la croissance de juillet à septembre est venue du puissant secteur des services (finance, commerce, etc.), qui représente une large majorité de l'économie britannique.

Les bons chiffres de la croissance économique au Royaume-Uni ne peuvent que renforcer la Banque d'Angleterre (BoE) dans sa volonté de resserrer un peu sa politique monétaire, soulignent les économistes
Les bons chiffres de la croissance économique au Royaume-Uni ne peuvent que renforcer la Banque d'Angleterre (BoE) dans sa volonté de resserrer un peu sa politique monétaire, soulignent les économistes ( JUSTIN TALLIS / AFP/Archives )

Les économistes sont par ailleurs d'accord pour dire que cette bonne nouvelle ne peut que renforcer la Banque d'Angleterre (BoE) dans sa volonté de resserrer un peu sa politique monétaire.

- Budget sous pression -

Une possible hausse des taux devient possible, peut-être dès la réunion du comité de politique monétaire de la BoE de la semaine prochaine, afin de contrer la poussée de l'inflation, sans compromettre l'activité économique.

De son côté, le gouvernement s'est félicité de ces chiffres de croissance, un mois avant la publication d'un budget pour l'exercice 2018-2019 qui s'annonce délicat à boucler compte tenu des incertitudes économiques et politiques actuelles.

"Nous avons une économie prospère et résistante qui aide un nombre record de personnes ayant un emploi", a souligné le ministre des Finances Philip Hammond.

"Ma priorité désormais, notamment pour le prochain budget, est de soutenir la productivité dans le but de proposer des emplois mieux payés et un meilleur niveau de vie à travers le pays", a-t-il ajouté.

Le ministre des Finances Philippe Hammond  quitte le 11 Downing Street, à Londres Le 9 octobre 2017
Le ministre des Finances Philippe Hammond quitte le 11 Downing Street, à Londres Le 9 octobre 2017 ( Ben STANSALL / AFP )

Toute bonne nouvelle sur l'économie est bonne à prendre pour le gouvernement qui va devoir composer avec une productivité faible dans les années à venir, au risque de limiter la croissance et de contraindre les finances publiques en plein Brexit.

Au sein de l'opposition, le parti travailliste insiste plus volontiers sur la tendance générale d'une croissance moins vive depuis le début d'année.

"Le Royaume-Uni ne croît pas aussi vite que beaucoup de nos partenaires commerciaux dans l'UE ou que les Etats-Unis et il devient de plus en plus clair que le gouvernement doit utiliser le budget le mois prochain pour changer de direction", relève le ministre des Finances du cabinet fantôme John McDonnell.

- Transition post-Brexit -

"Malgré l'amélioration à la marge du jour, la croissance a été relativement terne cette année", confirme Ben Brettell, économiste chez Hargeaves Lansdown.

"L'incertitude liée au Brexit est le coupable idéal et cela joue un rôle en décourageant l'investissement des entreprises et en faisant augmenter l'inflation. Cela dit, le problème de fond est connu: la productivité", note-t-il.

L'inflation nourrie par la baisse de la livre pèse sur le pouvoir d'achat des ménages
L'inflation nourrie par la baisse de la livre pèse sur le pouvoir d'achat des ménages ( JUSTIN TALLIS / AFP/Archives )

Les économistes prévoient un coup de frein limité de la croissance cette année, à 1,6% selon une compilation d'estimations établie par le Trésor, avant une année 2018 sans doute plus difficile et cruciale avant que le Brexit ne soit effectif en mars 2019.

L'inflation nourrie par la baisse de la livre pèse sur le pouvoir d'achat des ménages, tandis que les difficiles négociations sur le Brexit et le flou sur les futures relations avec l'UE limitent les initiatives des milieux d'affaires.

C'est d'ailleurs le constat fait par l'OCDE qui a jugé la semaine dernière que l'économie serait en meilleure forme si le pays revenait sur le Brexit.

Pour éviter tout dégât supplémentaire, le patronat a exigé cette semaine du gouvernement qu'un accord sur une période de transition post-Brexit intervienne d'ici à la fin de l'année.

Ils ont été entendus par le ministre britannique chargé du Brexit, David Davis, qui a affirmé mercredi vouloir parvenir d'ici à décembre à un accord de principe sur le sujet et conclure un nouvel accord commercial avec l'UE en un an.

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