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Fipronil: les professionnels n'avaient aucune raison de rechercher ce produit

| AFP | 417 | Aucun vote sur cette news
Avec le scandale des oeufs contaminés qui a touché l'Europe en août, des millions d'oeufs ont été détruits et les pertes financières se chiffrent en dizaines de millions d'euros.
Avec le scandale des oeufs contaminés qui a touché l'Europe en août, des millions d'oeufs ont été détruits et les pertes financières se chiffrent en dizaines de millions d'euros. ( PHILIPPE HUGUEN / AFP )

Les industries agro-alimentaires sont soumises à des auto-contrôles censés garantir qu'un produit sûr arrive sur le marché. Cependant, selon la porte-parole de la Direction de l'alimentation au ministère de l'Agriculture, Fany Molin, les professionnels n'avaient jusqu'ici aucune raison de rechercher le fipronil qui n'est pas autorisé dans les élevages.

Comment sont contrôlés les produits alimentaires en France?

Il y a deux types de contrôles: les contrôles officiels de la direction générale de l'alimentation (DGAL, ministère de l'Agriculture) et les auto-contrôles des industriels.

Il y a une obligation pour les professionnels de la chaîne alimentaire de mettre des produits sûrs sur le marché. La réglementation européenne, le "Paquet hygiène" fonctionne sur le principe de la responsabilité. Ce qui nous importe, c'est la finalité. Les moyens restent à la charge des opérateurs qui vont eux-mêmes identifier les points critiques, analyser les risques et les moyens qu'ils estiment utiles pour les maîtriser.

L'entreprise décide quelles sont les substances qu'elle va rechercher dans ses analyses, car c'est elle qui connaît ses fournisseurs.

Comment la DGAL vérifie-t-elle que la législation est bien appliquée par les entreprises ?

D'abord les industries agroalimentaires sont soumises à un agrément délivré en début d'activité, sur dossier. Celui-ci n'est accordé qu'après que la DGAL a vérifié que le programme de maîtrise des risques sanitaires tient la route, et on revient inspecter au cours des six premiers mois d'activité.

Ensuite, la DGAL effectue des inspections dans les établissements en production, depuis l'abattoir jusqu'au restaurant, pour vérifier leur conformité, notamment que le plan de gestion sanitaire est toujours mis en oeuvre. Les établissements sont sélectionnés selon une analyse des risques. La DGAL a effectué 55.000 de ces inspections de routine l'an dernier.

Dans le cadre d'un plan de surveillance et de contrôle, la DGAL peut être amenée à faire des prélèvements, ce qui permet de collecter des données sur les pathogènes. Elle en a effectué 62.000 l'an dernier.

Enfin, une brigade nationale d'enquêtes vétérinaires et sanitaires est spécialisée dans les investigations et la recherche de la délinquance alimentaire. Cette brigade est notamment intervenue sur l'affaire de la viande de cheval. Pour celle du fipronil elle n'est qu'en appui, car la fraude n'est pas d'origine française.

Quelles mesures avez-vous mises en place depuis le début de la crise du fipronil?

Même s'il n'y a pas de risque pour la santé publique, c'est une fraude.

Nous avons exigé des opérateurs qu'ils fassent des enquêtes de traçabilité et vérifient systématiquement tous les lots venant de Belgique et des Pays Bas. Nous avons demandé à tous ceux qui ont reçu des oeufs ou des ovoproduits venant d'exploitations contaminées de faire une analyse de leurs produits.

Les services de l'Etat vérifient que les acteurs de la chaîne font bien les analyses de traçabilité demandées. Depuis deux jours, nous sommes repassés sur une phase d'autocontrôle.

Personne n'a jamais sollicité d'autorisation d'utilisation sur des animaux de consommation pour le fipronil, il n'y avait donc pas lieu de le rechercher.

C'est une fraude que personne ne pouvait imaginer, de la même façon qu'on ne peut pas imaginer quelle sera la prochaine fraude.

Propos recueillis par Emmanuelle TRECOLLE

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