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FdJ: entre 16,50 et 19,90 euros pour tenter sa chance en Bourse

| AFP | 3672 | 4.75 par 4 internautes
Bruno Le Maire au ministère de l'Economie et des Finances à Paris, le 31 octobre 2019
Bruno Le Maire au ministère de l'Economie et des Finances à Paris, le 31 octobre 2019 ( ERIC PIERMONT / AFP/Archives )

16,50 à 19,90 euros l'action: c'est le prix qu'il faudra débourser pour participer à la privatisation de la Française des Jeux, a annoncé mercredi le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, à la veille de l'ouverture de la période de souscription.

L’État prévoit de céder 52% du capital (sur un total de 72% aujourd'hui) et "sur cette cession, nous sommes prêts à en réserver jusqu'à un tiers aux particuliers", a-t-il précisé dans un entretien au Parisien.

Il a également indiqué que le gouvernement avait fixé à 200 euros le seuil minimum de souscription.

"La souscription est ouverte à compter du jeudi 7 novembre et jusqu'au mardi 19 novembre à 20 heures, pour les particuliers", a indiqué M. Le Maire.

Cette fourchette de prix annoncée par le ministre est indicative: le prix définitif ne sera fixé qu'après la clôture de la période de souscription, en fonction de la demande, et juste avant la première cotation à la Bourse de Paris, qui est prévue pour le 21 novembre.

L’État, qui va mettre sur le marché près de 100 millions de titres, tirerait ainsi entre 1,64 et 2 milliards d'euros de cette privatisation, qui valoriserait l'entreprise entre 3,15 et 3,8 milliards, selon des calculs de l'AFP.

Le pactole potentiel de l'opération doit permettre d'abonder le fonds pour l'innovation et l'industrie.

Pour les convaincre d'investir, plusieurs avantages sont réservés aux petits épargnants, a rappelé le ministre: une décote de 2% est ainsi prévue sur les titres qu'ils achèteront, et ils se verront également attribuer une action gratuite pour dix achetées s'ils les conservent pendant 18 mois.

"Les actions gratuites sont toutefois plafonnées à 5.000 euros d'actions achetées", a prévenu Bruno Le Maire.

L’État entend garder le contrôle

Interrogé sur les risques encourus par les épargnants, comme précédemment lors des privatisations de Renault ou EDF, M. Le Maire s'est voulu rassurant, estimant que "les marchés ne sont pas comparables".

Des boules de loto utilisées pour le tirage de l'Euro Millions dans les locaux de la Française des Jeux à Boulogne Billancourt (Hauts-de-Seine) le 29 septembre 2007
Des boules de loto utilisées pour le tirage de l'Euro Millions dans les locaux de la Française des Jeux à Boulogne Billancourt (Hauts-de-Seine) le 29 septembre 2007 ( Joël SAGET / AFP/Archives )

"Ceux de l'énergie et de l'industrie automobile peuvent varier davantage, notamment en fonction de facteurs mondiaux", a-t-il estimé, mettant en avant la "croissance dynamique" de la FDJ et les chiffres de la consommation de jeux en France "en augmentation régulière".

Du côté des investisseurs privés, ils sont "nombreux" à avoir fait part de leur intérêt pour cette introduction en Bourse, a assuré le ministre, qui s'est toutefois bien gardé de citer des noms avant l'opération.

Ce projet de privatisation a suscité de vives critiques, en particulier au Parlement où les oppositions ont dénoncé une opération "court-termiste", une "aberration économique" ou encore "une erreur qui aura de graves conséquences en terme de santé publique", notamment dans la lutte contre l'addiction au jeu.

L’État, qui possède actuellement 72% de la FDJ, "reste le premier actionnaire avec 20% du capital. Il disposera de trois représentants au conseil d'administration. Enfin, au cas où un autre actionnaire souhaiterait acquérir plus de 10 % de l'entreprise, il devra obtenir l'agrément de l'Etat. Il n'est pas question que la FDJ passe sous contrôle étranger", a assuré le ministre.

Héritière de la loterie nationale créée en 1933, la FdJ est une des rares entreprises publiques françaises en bonne santé financière: l'an dernier, les Français ont encore misé près de 16 milliards d'euros dans ses jeux d'argent et de hasard.

Même après la privatisation, l’État français continuera d'empocher les quelque 3,5 milliards d'euros de recettes fiscales et sociales versées chaque année par la FdJ. Il recevra également 380 millions d'euros de l'entreprise en échange du monopole pour exploiter pendant 25 ans jeux de loterie et paris sportifs dans son réseau physique.

La seule rentrée d'argent à laquelle l’État renonce concerne les dividendes: il avait touché 87 millions d'euros au titre de l'exercice 2018, une somme qui sera drastiquement réduite avec l'abaissement de 72% à 20% de sa présence au capital de la FdJ.

En 2019, la Française des Jeux prévoit d'engranger quelque 16,9 milliards d'euros de mises, soit une augmentation de 7% par rapport à 2018.

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