En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 116.79 PTS
-
5 097.50
-0.37 %
SBF 120 PTS
4 103.77
-
DAX PTS
11 589.21
-
Dowjones PTS
25 379.45
-1.27 %
7 116.09
+0.00 %
1.146
+0.04 %

Face aux difficultés, des agriculteurs brisent le silence dans un film

| AFP | 819 | Aucun vote sur cette news
Le fermier français,  Didier Caverot, avec un de ses veaux, dans sa ferme de Senailly (est), le 5 décembre 2017
Le fermier français, Didier Caverot, avec un de ses veaux, dans sa ferme de Senailly (est), le 5 décembre 2017 ( PHILIPPE DESMAZES / AFP )

Revenus en berne, aléas climatiques, isolement: face à leurs difficultés croissantes, la Sécurité sociale agricole de Bourgogne incite les exploitants à briser le silence et à accepter de l'aide, dans un film de témoignages baptisé "Oser".

En France, depuis 2015, "30% des agriculteurs gagnent moins de 4.800 euros sur l'année", soit moins de 400 euros par mois, rappelle Dominique Bossong, président de la MSA (Mutualité sociale agricole) Bourgogne, en marge d'une projection à Mâcon.

Les cours des marchandises sont "au plus bas", "les charges continuent d'augmenter" et les aléas climatiques - gel, grêle, sécheresse - frappent les exploitations "depuis plusieurs années", poursuit le responsable.

Cette précarité financière a été abordée aux États généraux de l'alimentation, qui s'achèvent la semaine prochaine. Mais les agriculteurs ont parfois "l'impression de ne plus peser dans la société", déplore Didier Caverot, un des témoins du court-métrage qui depuis le mois de mai a été montré une vingtaine de fois, dans toute la région, à des professionnels du secteur.

"Aujourd'hui, on va plus causer - ce qui est légitime - du bien-être animal, de la pollution (liée à l'exploitation agricole), de toutes ces choses-là. Mais du bien-être des paysans… j'en entends pas beaucoup parler."

Le fermier Didier Caverot, avec son bétail, dans sa ferme de Senailly (Côte d'Or), le 5 décembre 2017
Le fermier Didier Caverot, avec son bétail, dans sa ferme de Senailly (Côte d'Or), le 5 décembre 2017 ( PHILIPPE DESMAZES / AFP )

A 56 ans, cet éleveur de bovins Charolais et cultivateur installé à Senailly (Côte-d'Or) est un homme solidement bâti: la carrure et le mental d'un rugbyman, un sport qu'il a longtemps pratiqué. Sur 300 hectares, son exploitation tourne bien. Les 70 vaches allaitantes et leurs veaux sont nourris à l'herbe l'été et l'hiver au foin produit sur place.

Mais les charges engloutissent le chiffre d'affaires de 300.000 euros: "je paye mon salarié, je paye ce que je dois, toutes mes factures et il ne me reste rien. J'ai même perdu de l'argent", explique M. Caverot, qui ne s'est pas versé de salaire depuis un an et demi.

- Dépression -

Sa femme est infirmière. "Concrètement, c'est elle qui fait bouillir la marmite. A 56 ans, vous vous dites: +quand même, j'ai travaillé toute ma vie et j'arrive pas à gagner ma croûte en bossant 60 heures par semaine+".

Résultat, en 2015, il fait une dépression. "Je sentais bien que ça n'allait pas. Mon épouse le voyait aussi" mais "on n'a pas le réflexe" de demander de l'aide et "il y a une certaine fierté, on n'aime pas trop se dévoiler". "Il faut mettre un mouchoir sur sa fierté et se faire aider."

Alertée alors par un de ses délégués, élu de proximité, la MSA intervient. L'agriculteur rencontre une assistante sociale, puis un psychologue. S'il espère toujours "une bonne année pour revenir à flot", il dit avoir "retrouvé du plaisir" en apprenant à relativiser: "ce n'est que de l'argent", lance-t-il aujourd'hui, philosophe.

Comme lui, quatre autres exploitants bourguignons témoignent dans le film de leur solitude, de leurs problèmes de santé, de leurs doutes.

Didicer Caverot, fermier, dans sa ferme de Senailly (Côte-d'Or), le 5 décembre 2017
Didicer Caverot, fermier, dans sa ferme de Senailly (Côte-d'Or), le 5 décembre 2017 ( PHILIPPE DESMAZES / AFP )

La MSA peut aider à faire évoluer ses pratiques, en diversifiant sa production par exemple, ou encore prendre en charge une "aide au répit pour épuisement professionnel", qui permet d'être remplacé pour souffler une semaine ou dix jours.

"C'est un peu une contre-culture par rapport à la mentalité agricole, où on considère que quand on a des difficultés, il faut plutôt travailler davantage", souligne Alain Lagneau, directeur de la Solidarité à la MSA Bourgogne.

Si le film n'a pas pour but de prévenir les suicides, "une réalité qu'on ne peut malheureusement pas nier", il "constitue malgré tout une action de prévention", estime M. Lagneau.

L'objectif est de "faire en sorte que les gens ne se replient pas sur eux-mêmes", ajoute le responsable, sollicité pour diffuser le film au-delà de la Bourgogne. "Ce sont des problématiques que l'on rencontre dans toutes les régions."

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

RETROUVEZ LES WEBINAIRES BOURSE DIRECT

Les Produits de rendement : découvrir un nouveau support d'investissement
Lundi 5 novembre de 18h00 à 18h30

Trader sur le CAC40 avec du levier
Mardi 6 novembre de 12h15 à 13h15

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 18/10/2018

A l'occasion de l'acquisition, Infologic-Santé a changé de dénomination sociale et s'appelle désormais Dedalus C&G...

Publié le 18/10/2018

La livraison des premiers logements et espaces publics est prévue au 1er trimestre 2021...

Publié le 18/10/2018

La nouvelle offre commune s'appuiera sur la plateforme Moovapps, adaptée aux spécificités métier de Fives dans le cadre du programme Your Platform de Visiativ....

Publié le 18/10/2018

Le montant de l'investissement total s'élève à 41 ME...

Publié le 18/10/2018

L'objet de cette joint-venture est de développer et commercialiser une plateforme phygitale communautaire...