5 349.30 PTS
-0.15 %
5 355.0
+0.10 %
SBF 120 PTS
4 267.01
-0.16 %
DAX PTS
13 103.56
+0.27 %
Dowjones PTS
24 651.74
+0.58 %
6 466.32
+1.20 %
Nikkei PTS
22 553.22
-
Suivez-nous sur Facebook
Suivez-nous sur Google +
Suivez-nous sur Twitter
Suivez-nous sur Youtube

Face à des rivaux féroces, fruits et légumes français s'accrochent à l'assiette

| AFP | 168 | 3 par 1 internautes
Les producteurs de fruits ont vu leurs parts de marché s'effondrer ces dernières années
Les producteurs de fruits ont vu leurs parts de marché s'effondrer ces dernières années ( JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP )

Face à la concurrence effrénée de leurs voisins, les producteurs français de fruits et légumes ont vu s'effondrer ces dernières années leurs parts de marché et ont vu disparaitre la moitié d'entre eux depuis les années 1980.

"Il y a 30 ans, on était autosuffisants, aujourd'hui, on importe 40% de nos fruits et légumes", alerte Raymond Girardi, vice-président du Modef.

"En 2004, la France produisait à peu près 400.000 tonnes de pêches nectarines, on produisait ce qu'on consommait. En 2014, on a produit 200.000 tonnes. On a perdu 50% de notre capacité de production", renchérit Luc Barbier, producteur de prunes dans la région de Nancy et président de la FNPF (Fédération nationale des producteurs de fruits), une branche de la FNSEA.

Principal accusé de cette perte de vitesse : le coût de la main d'oeuvre en France.

"Plus de 60% du coût de revient d'un abricot, c'est la main d'œuvre. Ici, elle revient à 13/14 euros de l'heure, en Espagne, c'est 6 euros", s'alarme Nathalie Bonnet, dont le verger s'étend sur quelque 300 hectares à Générac (Gard).

Elle est d'autant plus inquiète que l'Espagne, ces dernières années, "a planté de manière suffisamment importante pour nous gêner à l'export", et que la marchandise arrive "avec un niveau qualitatif similaire au nôtre".

Une piste pourrait toutefois permettre de contourner cet écueil : comme l'industrie automobile avant elle, la production de fruits et légumes s'ouvre de plus en plus à la robotique.

"On essaye aujourd'hui d'avoir un verger qui soit prêt à accueillir la robotisation", explique ainsi Arnaud de Puineuf, de la société angevine Pomanjou, un des plus gros producteurs français de pommes. Seule la cueillette pose encore problème, mais des sociétés, notamment américaines, semblent de plus en plus proches de trouver un robot cueilleur qui n'abîme pas le fruit.

Des ouvriers trient des nectarines dans la coopérative La Jardiniere à Ille-sur-Tet (Pyrénées orientales) le 11 juillet 2017
Des ouvriers trient des nectarines dans la coopérative La Jardiniere à Ille-sur-Tet (Pyrénées orientales) le 11 juillet 2017 ( RAYMOND ROIG / AFP/Archives )

"Quand on en arrivera à ce point-là, on aura tout-à-fait de quoi devenir compétitif au niveau mondial", veut croire Arnaud de Puineuf.

Si certains producteurs de pays voisins sont accusés de dumping, tant social que sur les prix, l'interprofession espère profiter des Etats généraux de l'alimentation pour faire bouger le cadre législatif et faire valoir son modèle plus vertueux.

- La fraise en modèle -

"En France, on n'a pas le droit de financer publiquement une campagne (de communication, ndlr) expliquant les contraintes de production françaises", regrette Louis Orenga, directeur général d'Interfel, l'interprofession des fruits et légumes.

Il souligne que les étals tricolores sont envahis de produits étrangers traités avec des substances phytosanitaires autorisées aux concurrents des vergers français, mais pas chez ces derniers.

"Empêcher les produits de rentrer me semble difficile, mais qu'on puisse au moins communiquer sur le modèle qu'on a choisi", réclame-t-il.

En attendant, l'interprofession est déterminée à valoriser son savoir-faire, avec un modèle précis en tête.

"Là où la valorisation du côté gustatif et du côté qualitatif fonctionne bien, c'est sur la fraise", souligne Luc Barbier, qui vante marat des bois, ciflorette, gariguette, des variétés mises au point dans l'Hexagone et valorisées dix euros le kilo, contre 1,40 euro pour la fraise espagnole.

Des abricotiers et pêchers en fleurs dans la vallée de la Drôme près de Valence (sud de la France) le 17 mars 2017
Des abricotiers et pêchers en fleurs dans la vallée de la Drôme près de Valence (sud de la France) le 17 mars 2017 ( JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP/Archives )

"Des IGP, des AOP, pour les fruits et légumes, on n'en a pas tellement", regrette M. Orenga, pour Interfel, qui vise à terme 20% de produits sous IGP (Indication géographique protégée) et AOP (appellation d'origine protégée), alors que ces signes officiels de qualité n'en représentent aujourd'hui que 9%, en comptant le bio.

Pour valoriser davantage le savoir-faire agronomique français, la profession compte sur les Etats généraux pour ramener la grande distribution à plus de raison.

"L'agressivité de la grande distribution s'est faite dans un premier temps sur les produits manufacturés", souligne M. Barbier, qui affirme que "moins de 5%" des produits hors alimentation vendus par la distribution sont fabriqués en France.

"La lutte effrénée dans la distribution fait que l'alimentation prendra le même chemin si on n'y prête pas attention. L'enjeu des Etats généraux, c'est d'éviter ça", prévient-il.

 ■

Copyright © 2017 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
1 avis
Note moyenne : 3
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 17/12/2017

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 15 décembre 2017 Istanbul ( OZAN KOSE / AFP )Le président turc Recep Tayyip Erdogan a espéré dimanche que la Turquie ouvrirait bientôt une…

Publié le 17/12/2017

Emmanuel Macron à Abidjan le 30 noembre 2017 ( PHILIPPE WOJAZER / POOL/AFP/Archives )Un chef de l'Etat sortant renonçant à se représenter, un ancien président au tapis, trois ex-Premiers…

Publié le 17/12/2017

L'attaquant de Nice Mario Balotelli (d) auteur de l'unique but face à Bordeaux à l'Allianz Riviera, le 17 décembre 2017 ( VALERY HACHE / AFP )Nice a confirmé dimanche son redressement en…

Publié le 17/12/2017

Emmanuel Macron, le 14 décembre 2017 à Bruxelles ( THIERRY ROGE / BELGA/AFP )Emmanuel Macron a critiqué dimanche les "esprits chagrins" qui ont vu un symbole monarchique dans son week-end…

Publié le 17/12/2017

Nicolas Hulot le 12 décembre 2017 à La Seine Musicale à Boulogne-Billancourt ( Philippe LOPEZ / AFP/Archives )Le ministre de l'Environnement Nicolas Hulot, qui a indiqué dans sa déclaration…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 15/12/2017

La procédure de désintéressement s'est close le 14 décembre

Publié le 15/12/2017

Avec la nomination de Marie-Christine Levet le Conseil d'administration de SoLocal Group "marque la volonté d'accélérer le développement de SoLocal Group sur le digital"...

Publié le 15/12/2017

La société française de reciblage publicitaire Criteo a plongé de 27% en trois séances sur le Nasdaq. La société est plombé par la nouvelle politique anti-cookies d'Apple.

Publié le 15/12/2017

Le Conseil d'administration de Fnac Darty est présidé par Jacques Veyrat...

CONTENUS SPONSORISÉS