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Etats-Unis : le plafond de la dette commence à préoccuper Wall Street

| Boursier | 448 | Aucun vote sur cette news

La Maison Blanche a écrit aux responsables locaux pour les avertir des risques de récession en cas de défaillance des Etats-Unis, si le plafond de la dette n'est pas relevé rapidement par le Congrès.

Etats-Unis : le plafond de la dette commence à préoccuper Wall Street
Credits Reuters

Sans un relèvement rapide du plafond de la dette fédérale par les élus du Congrès, les Etats-Unis pourraient faire face à un risque de défaut sur leur dette cet automne. Les marchés, qui ont pourtant l'habitude des querelles politiques à Washington, ont commencé à s'inquiéter vendredi de ce risque sans précédent, tant les dossiers semblent s'enliser entre la Maison Blanche et le Congrès, et au sein même du parti démocrate.

Ainsi, ce vendredi, les dissensions politiques ont ébranlé Wall Street, lorsque les médias américains ont révélé que la Maison Blanche avait écrit aux responsables des Etats et des municipalités pour les avertir des risques de récession en cas de défaillance des Etats-Unis, si le plafond de la dette n'est pas relevé au Congrès avant l'expiration, prévue courant octobre, des fonds exceptionnels débloqués depuis début août pour continuer à financer les dépenses de l'Etat fédéral.

Un défaut de Washington pourrait entraîner une récession et des turbulences boursières importantes, prévient encore la Maison Blanche dans cette lettre dont a fait état la chaîne 'CNN'. En 2011, lors d'un bras de fer à ce sujet, qui a amené les agences de notation à priver les Etats-Unis de sa note "Triple A", l'indice S&P 500 avait plongé de 17%... En 2013 et en 2019, lors de "shutdowns" (fermeture des services fédéraux non essentiels) liés à de nouveaux bras de fer sur la dette, la Bourse avait aussi flanché, mais dans une moindre mesure.

Cette fois, l'adoption d'un nouveau plafond de dette est lié à l'adoption de l'ambitieux plan d'investissement dans les "infrastructures humaines" de Joe Biden au Congrès, que le président a chiffré à 3.500 milliards de dollars. Or, les Démocrates (qui disposent de la majorité à la chambre des représentants, mais sont à égalité de 50/50 sièges au Sénat) se déchirent depuis des semaines sur le montant de ce package et ne parviennent pas à rédiger un texte commun. Ils ne veulent pas inclure le relèvement du plafond de la dette dans ce texte, ce qui reporte d'autant le débat su la question...

Les Républicains exigent des économies, les démocrates se déchirent

Le sénateur démocrate Joe Manchin (le plus conservateur des démocrates) continue de contrarier sérieusement les plans de Joe Biden, en refusant toujours, selon le site 'Axios', de soutenir le projet de loi malgré une rencontre mercredi à la Maison Blanche. Pour Manchin, le plan devrait être ramené à moins de 2.000 Mds$. Une autre sénatrice démocrate, Kyrsten Sinema, s'oppose aussi au projet, en raison des augmentations d'impôts qu'il prévoit. En revanche, les démocrates les plus à gauche, comme Bernie Sanders, exigent un plan encore plus ambitieux...

Dans une note, la banque Goldman Sachs voit un risque plus important que d'ordinaire sur ce sujet du relèvement du plafond de la dette. En effet, les Démocrates refusent d'inclure cette augmentation dans leur projet de loi de réconciliation, tandis que les Républicains refusent de leur côté d'accorder ce sursis sans un accord bipartite préalable sur des réductions des dépenses publiques.

Le 8 septembre, la secrétaire au Trésor Janet Yellen avait déjà écrit aux leaders du Congrès pour les presser d'agir vite pour éviter le risque de défaut, alors que depuis la fin juillet dernier, le plafond de la dette (28.500 milliards de dollars) a été atteint, et que des mesures extraordinaires ont été mises en place pour continuer à financer les dépenses fédérales... Mme Yellen avait alors estimé que ces fonds pourraient s'épuiser courant octobre et non en novembre comme précédemment estimé et avait averti du risque d'un premier défaut des Etats-Unis.

La dette, un nuage de plus dans un ciel boursier chargé

A Wall Street, où la reprise économique mondiale a soutenu les indices cette année, l'élan s'est brisé depuis début septembre, faute de catalyseurs, et alors que traditionnellement, l'automne est souvent marqué par des turbulences boursières.

L'aversion au risque a fait son retour, et les stratégistes de nombreuses grandes banques, dont Morgan Stanley, Citigroup, Credit Suisse et Deutsche Bank, ont mis en garde leurs clients contre les risques d'une correction boursière.

Parmi les risques cités par ces experts figurent en bonne place les blocages au Congrès américain concernant le plan de relance de Joe Biden et le relèvement du plafond de la dette fédérale... Mais de nombreux autres risques menacent les marchés boursiers, à commencer par les valorisations élevées des actions, le ralentissement conjoncturel lié au variant delta du Covid, les craintes de "tapering" de la Fed et d'autres banques centrales, les tensions sino-américaines, ainsi que le risque d'une faillite désordonnée du géant chinois de l'immobilier China Evergrande.

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