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Etats-Unis : détente sur les taux, la Fed pas près d'entamer un "tapering"

| Boursier | 469 | 4 par 1 internautes

Les taux longs américains se sont détendus mercredi, profitant de déclarations rassurantes de membres de la Fed, et du succès de l'émission de 120 Mds$ de Bons du Trésor.

Etats-Unis : détente sur les taux, la Fed pas près d'entamer un "tapering"
Credits Reuters

Après un début d'année sous tension, les taux longs se sont détendus mercredi sur le marché américain de la dette souveraine, après des déclarations de plusieurs membres de la Fed, insistant sur la nécessité de poursuivre pour une période prolongée les achats d'obligations d'Etat par la banque centrale américaine.

Mercredi soir, le rendement du T-Bond à 10 ans est ainsi revenu à 1,10% (-3 points de base) après avoir grimpé la veille en séance jusqu'à 1,18%, au plus haut depuis mars 2020. Ce taux, qui a commencé l'année à 0,9%, s'est enflammé dans la perspective du nouveau plan massif de soutien budgétaire de l'administration Biden, qui pourrait aussi stimuler l'inflation et amener la Fed à réduire ses achats de titres ("tapering") plus vite qu'anticipé jusqu'ici. Le taux du T-Bond à 30 ans s'est apprécié de 1,64% le 31 décembre à 1,9% mardi en séance, avant de revenir mercredi soir à 1,82%.

La détente sur les taux a coïncidé avec le succès de l'émission, mercredi, de 120 milliards de dollars de Bons du Trésor, qui ont suscité une forte demande, notamment sur les échéances à long terme, ce qui a rassuré les marchés. Rappelons que les cours des obligations évoluent mathématiquement en sens inverse des taux.

Jerome Powell très attendu ce jeudi

Ces derniers jours, plusieurs membres de la Fed se sont exprimés, dont un, le président de la Fed de Dallas Robert Kaplan, a attisé les tensions sur les taux, en estimant que l'institution devrait réfléchir dès cette année à un "tapering", c'est à dire une réduction des achats d'actifs par la banque centrale, qui achète massivement des obligations depuis mars 2020 pour soutenir les marchés. "Plus tard cette année, selon moi, nous devrions au moins avoir une franche discussion pour savoir quand il sera approprié de réduire" le programme d'achat d'actifs, a affirmé Kaplan, créant la surprise.

La semaine dernière, le vice-président de la Fed, Richard Clarida, s'était au contraire montré défavorable à un "tapering" dès cette année. Dans ce contexte, les marchés suivront avec beaucoup attention les propos de Jerome Powell, le président de la Fed, qui doit s'exprimer ce jeudi en public pour la dernière fois avant la prochaine réunion de la Fed, les 26 et 27 janvier prochains.

Craintes d'un resserrement prématuré de la politique monétaire

Cinq autres responsables de la Fed se sont montrés réservés cette semaine sur une éventuelle baisse du montant du programme d'achat d'actifs. Ainsi, pour le président de la Fed de Richmond, Thomas Barkin, il faudra attendre que la Fed observe des améliorations significatives en termes d'emploi et d'inflation avant de lancer une discussion sur le sujet. Et Raphael Bostic, le patron de la Fed d'Atlanta, ne voit quant à lui pas d'évolution de politique monétaire cette année, et pense qu'il faudra encore observer beaucoup de progrès avant de réétudier la politique de rachat d'actifs.

Mercredi, James Bullard (Fed de Saint-Louis) et Eric Rosengren (Fed de Boston) ont renchéri, en jugeant que la priorité de la Fed était de soutenir l'économie jusqu'à ce qu'elle se remette entièrement de la pandémie de coronavirus, ce qui a levé les craintes d'un resserrement prématuré de la politique monétaire.

Eric Rosengren a clairement dit, dans un entretien au 'Wall Street Journal', qu'il était top tôt pour évoquer le sujet. "Je pense qu'il faudra attendre un bon moment avant même de parler de réduire nos achats d'obligations d'Etat et d'actifs adossés à des prêts hypothécaires (MBS)", a-t-il affirmé.

La gouverneure de la Fed, Lael Brainard, a elle aussi affirmé mercredi que le rythme actuel d'achats d'obligations par la Fed va certainement rester en place "pendant un bon moment".

Pas question de "reproduire l'erreur de 2013"

Dans une interview à Reuters, James Bullard a de son côté estimé que le contexte actuel devrait engendrer une accélération de l'inflation, mais il n'a pas pour autant jugé qu'il était temps d'évoquer une réduction du programme d'achat d'actifs. La masse monétaire a "explosé", les déficits budgétaires sont "sans précédent" et la surchauffe économique est peut-être déjà là, où "au coin de la rue" a reconnu Bullard.

Mais a-t-il ajouté, la Fed "n'est pas près de reproduire son erreur de 2013", lorsqu'elle avait parlé de réduire ses achats, à la sortie de la grande crise financière de 2008, provoquant une envolée des taux souverains qui a failli faire dérailler la reprise économique.

L'inflation, mesurée par les prix à la consommation, a accéléré en décembre aux Etats-Unis. Publié mercredi, l'indice des prix à la consommation a progressé de 0,4% sur un mois, après +0,2% en novembre. Sur un an, les prix ont augmenté de 1,4% en glissement annuel, ce qui reste pour l'instant très inférieur à l'objectif de 2% de la Réserve fédérale américaine.

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