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Eolien en mer: les six premiers projets maintenus mais avec moins d'aide publique

| AFP | 294 | Aucun vote sur cette news
Emmanuel Macron et Nicolas Hulot en visite au Cap Frehel à Plévenon, le 20 juin 2018
Emmanuel Macron et Nicolas Hulot en visite au Cap Frehel à Plévenon, le 20 juin 2018 ( Fred TANNEAU / AFP )

Soulagement pour la filière éolienne et de nombreux élus des territoires concernés: le gouvernement a confirmé mercredi les six premiers projets de parcs éoliens qu'il menaçait d'annuler, mais en réduisant considérablement l'aide financière de l'Etat.

En déplacement près de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) où l'un de ces parcs doit être construit, Emmanuel Macron a annoncé la "bonne nouvelle", fruit de plusieurs mois de négociation avec les industriels.

Les parcs "sont confirmés" et la négociation "a permis de diminuer de 40% la subvention publique et d'avoir un ajustement des tarifs (de rachat de l'électricité qui sera produite par ces parcs) de 30%, ce qui veut dire qu'on va économiser sur la période 15 milliards d'euros d'argent public pour les mêmes projets, la même ambition", a déclaré le président.

Le gouvernement avait décidé de renégocier les financements publics accordés à ces parcs, attribués lors d'appels d'offres en 2012 et 2014, estimant que les tarifs prévus à l'époque, compris entre 180 et 230 euros par mégawattheure durant 20 ans, étaient devenus excessifs étant donnée la baisse du coût de l'éolien en mer ces dernières années.

En cas d'échec de ces négociations, il menaçait d'annuler les résultats de ces appels d'offres, un amendement ouvrant cette possibilité étant actuellement en discussion au Parlement.

Cette éventualité inquiétait les industriels et certains élus locaux en Bretagne, Normandie et Loire-Atlantique, les trois régions d'implantation des futures éoliennes. Les élus craignaient une remise en cause de plusieurs projets d'usine de fabrication d'éoliennes et leurs centaines d'emplois à la clé, par exemple à Cherbourg ou au Havre.

- "Soulagement" -

Parmi les six parcs concernés, trois sont développés par EDF, au large de Fécamp (Seine-Maritime), Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et Courseulles-sur-Mer (Calvados), deux par Engie au large du Tréport (Seine-Maritime) et des îles d'Yeu et de Noirmoutier (Vendée), et un par l'espagnol Iberdrola, près de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor). Ils représentent chacun une puissance d'environ 500 mégawatts (MW).

Dans un communiqué, le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a réitéré son intention de "poursuivre" le développement de l'éolien en mer dans le cadre de la feuille de route énergétique de la France actuellement en cours d'élaboration.

"Soulagement pour la filière", a réagi sur Twitter la directrice générale des énergies renouvelables en France d'Engie, Gwenaëlle Huet, tandis que Bruno Bensasson, nouveau directeur exécutif d'EDF en charge des énergies renouvelables s'est dit "heureux" de cette décision.

Cette annonce est "un signal fort" et "positif" pour une énergie qui "a un potentiel important, qui est extrêmement fiable et permet de développer d'importantes capacités de production d'électricité", a expliqué la responsable d'Engie à l'AFP.

- Toujours des recours -

"Sans le lancement confirmé de ces premières capacités, associées à des plans industriels déjà engagés, la filière française et ses nouveaux emplois locaux n'auraient très probablement pas pu voir le jour", a commenté Olivier Pérot, président de France énergie éolienne (FEE), qui regroupe les entreprises du secteur.

En échange de cette baisse des aides, les industriels ont obtenu la prise en charge des coûts de raccordement de leurs parcs par le gestionnaire du réseau de transport RTE, qui devrait donc se répercuter sur la facture d'électricité des consommateurs.

Cette décision enlève une épine du pied des industriels, également critiqués sur leurs projets. Des associations de défense de l'environnement et des pêcheurs ont déposé des recours pour s'opposer à l'installation des éoliennes (environ 60 par parc), dénonçant une atteinte au paysage, à la biodiversité marine et un conflit d'usage avec la pêche.

Les projets, encore suspendus pour certains au traitement de ces recours, ont déjà pris beaucoup de retard. Les premiers ne verront pas le jour avant 2021.

Malgré les discours volontaristes des gouvernements successifs, la filière française de l'éolien en mer peine à décoller. Fin 2017, le Premier ministre Edouard Philippe avait reconnu "le retard" de la France par rapport au Royaume-Uni, à l'Allemagne ou aux Pays-Bas.

Aucune éolienne posée n'est encore installée en mer et le cahier des charges du troisième appel d'offres pour des installations au large de Dunkerque se fait toujours attendre, tout comme le lancement d'appels d'offres pour l'éolien flottant, autre technologie émergente.

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