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En Australie, la sécheresse affecte le blé et fait monter les prix

| AFP | 115 | Aucun vote sur cette news
Un fermier moissonne  son champ à environ 300 kilomètres au nord-ouest de Melbourne en Australie, le 14 novembre 2006
Un fermier moissonne son champ à environ 300 kilomètres au nord-ouest de Melbourne en Australie, le 14 novembre 2006 ( WILLIAM WEST / AFP/Archives )

En Australie, quatrième exportateur mondial de blé, le déficit de pluies augmente chaque jour le risque d'une mauvaise récolte. Et les prix suivent la hausse des cours mondiaux, conséquence de la relative sécheresse qui affecte l'hémisphère nord.

L'Australie a connu son mois de juin le plus sec depuis 1940, ne recevant que 38% de la moyenne des pluies enregistrées à long terme en cette saison. Pour de nombreuses régions productrices, au sud, il s'agit même d'une sécheresse inédite.

Sur la "Wheat belt" d'Australie-Occidentale, où pousse environ la moitié du blé du pays, il n'est tombé qu'entre 5 et 15 millimètres d'eau en un mois.

Et la sécheresse devrait continuer selon le Bureau of Meteorology (BOM) qui prévoit jusqu'en septembre des précipitations bien en-dessous des normales dans le sud-ouest de l'Australie-Occidentale et le sud-est du pays.

Or, planté en mai et récolté entre octobre et décembre selon les régions, le blé australien a besoin d'une météo favorable pendant l'hiver, entre juin et fin août.

Bill Crabtree, agronome et producteur de blé dans l'une des zones les plus arides de la Wheat belt, à Morawa, explique à l'AFP qu'il ne pourra moissonner que 20% de sa propriété de 2.800 hectares. "C'est de loin ma pire année en tant qu'agriculteur" dit-il.

"Pour certains c'est pire encore : ils n'auront pas de récolte du tout. Face aux conditions climatiques, d'autres ont même préféré ne pas planter", ajoute-t-il.

En temps normal, ce producteur exporte son blé en Indonésie, au Japon, en Corée ou encore en Egypte.

- Annus horribilis -

Quel sera l'impact du manque d'eau sur le volume de la prochaine récolte? Début juillet, la Banque nationale d'Australie (NAB) avançait le chiffre de 23,3 millions de tonnes, révisant à la baisse l'estimation du Conseil international des céréales qui prévoyait initialement 24,8 millions de tonnes.

Depuis, certains acteurs du secteur évoquent même la possibilité d'une annus horribilis: la production pourrait tomber sous la barre des 20 millions de tonnes.

Ce qui ferait de 2017-18 la plus mauvaise récolte de blé en Australie depuis dix ans, avec une chute de 40% par rapport à la dernière récolte, certes exceptionnelle, qui avait atteint les 35 millions de tonnes.

L'inquiétude des producteurs et des acheteurs a sur les prix l'effet d'une allumette sur un champ de blé. "En un mois, le prix du blé australien est passé de $240 la tonne à environ 310", explique à l'AFP Phin Ziebell, économiste spécialisé dans les marchés agricoles à la Banque nationale d'Australie (NAB).

Une flambée alimentée aussi par la sécheresse qui sévit notamment aux Etats-Unis, où pousse majoritairement le blé de printemps.

La récolte américaine s'annonce comme l'une des plus mauvaises depuis 15 ans. "Vu l'importance des réserves accumulées après les bonnes récoltes de l'an passé, je ne m'attendais pas à ce que les prix montent à ce point", dit M. Ziebell.

Si la pluie tombe enfin, les prix baisseront car les stocks disponibles rassureront les marchés, selon lui. Sinon, les estimations de rendements seront encore revues à la baisse et la hausse continuera.

"Pour l'instant, les prix hauts sont une bonne nouvelle pour les producteurs affectés en 2016 par des cours bas dus à la surproduction, se rassure l'économiste.

Mais le risque, c'est que les réserves s'épuisent plus vite que prévu: "Le manque de pâturages a fait monter la demande domestique car il faut nourrir le bétail", dit-il.

Les acheteurs habituels du blé australien, l'Indonésie en tête, pourraient alors se tourner vers le blé de la Mer Noire, russe ou ukrainien, plus compétitif.

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