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En 2017, la bitcoinmania arrive à Wall Street et enflamme les particuliers

| AFP | 478 | Aucun vote sur cette news
Arrivé sur la scène financière internationale en 2017, le bitcoin a séduit à la fois Wall Street et les particuliers
Arrivé sur la scène financière internationale en 2017, le bitcoin a séduit à la fois Wall Street et les particuliers ( Anthony WALLACE / AFP/Archives )

Le bitcoin a fait irruption sur la scène financière internationale en 2017, séduisant à la fois Wall Street et les particuliers malgré son opacité, et mettant les régulateurs sous pression pour agir.

Sa valeur est passée d'environ 1.000 dollars en janvier à plus de 16.000 dollars à la mi-décembre, une ascension vertigineuse faisant craindre une bulle, même dans les milieux financiers rompus à la spéculation et à la volatilité.

"Le bitcoin reste un pari fou" car "un actif qui s'envole verticalement devrait normalement déclencher l'alarme", estime Nigel Green, chez deVere Group. "L'ascension météorique du bitcoin met en évidence la demande et le besoin de crypto-monnaies dans le monde d'aujourd'hui", ajoute-t-il toutefois.

La consécration est venue avec le lancement le 10 décembre de premiers échanges de produits financiers permettant de spéculer sur son évolution (futures) sur la plate-forme boursière américaine Chicago board options exchange (Cboe).

"C'est l'année de la légitimation du bitcoin et des crypto-monnaies", en conclut Timothy Enneking, du fonds Crypto Asset Management.

- 'Enorme' -

Le bitcoin, qui s'appuie sur un système de paiement de pair-à-pair basé sur la technologie dite "blockchain" ou "chaîne de blocs", est en train de faire son trou: il est possible dans certaines villes de payer sa note de restaurant, d'acheter une voiture voire une maison en l'utilisant.

Avec le bitcoin, il est possible dans certaines villes de payer sa note de restaurant, d'acheter une voiture voire une maison
Avec le bitcoin, il est possible dans certaines villes de payer sa note de restaurant, d'acheter une voiture voire une maison ( PIERRE TEYSSOT / AFP/Archives )

Rémi Coux, 33 ans, a investi récemment dans le bitcoin et d'autres crypto-monnaies (ethereum et litecoin).

"Je l'ai fait dans un but de rapatrier mon argent en France sans frais", raconte ce généticien de l'Université de New York (NYU), qui dit avoir exploré les possibilités classiques de transfert d'argent et s'est vite aperçu qu'"il y a des frais importants" en passant par les banques.

Il dispose d'un peu moins de 20.000 dollars en crypto-monnaies, soit près du triple de sa mise de départ. Pour éviter des mauvaises surprises, il a téléchargé des applications pouvant l'alerter en cas de chute brusque des prix. "Si ça arrivait je revendrais le plus rapidement possible".

Les défenseurs du bitcoin veulent s'appuyer sur cet engouement pour demander à la SEC, le gendarme de la Bourse américain, d'autoriser la création d'un ETF, une sorte de placement financier dans lequel tout un chacun pourrait placer ses économies. La valeur de cette épargne financière dépendrait de la performance du bitcoin.

"Ce serait énorme", estime Bob Fitzsimmons, de la maison de courtage Wedbush Securities, reconnaissant toutefois que cela prendra du temps.

Les grandes banques, qui jouent les intermédiaires sur les marchés risqués, sont méfiantes, s'interrogent sur le manque de transparence dans la fixation du prix du bitcoin et redoutent en conséquence des manipulations de cours.

- Chiffon rouge -

Apparu pour la première fois en 2009, le bitcoin s'échangeait jusqu'ici essentiellement sur internet sans être régulé. Contrairement au dollar ou à l'euro, il n'est pas émis par une banque centrale mais est "miné" par des ordinateurs utilisant des algorithmes complexes.

Une pièce souvenir de Bitcoin placée sur un smartphone où l'on peut voir une application permettant d'investir dans la cryptomonnaie, le 20 novembre 2017 à Londres
Une pièce souvenir de Bitcoin placée sur un smartphone où l'on peut voir une application permettant d'investir dans la cryptomonnaie, le 20 novembre 2017 à Londres ( Justin TALLIS / AFP/Archives )

Les paiements se font sans intermédiaires et il n'y a pas besoin de fournir des informations personnelles. Cet anonymat et l'absence de régulation attirent malfrats et trafiquants souhaitant blanchir de l'argent sale et refroidit les investisseurs professionnels (fonds d'investissement et courtiers).

"Il y a une perception répandue que cette industrie ne veut pas de régulation. Ce n'est pas vrai", dit à l'AFP Kathryn Haun, ancienne procureure fédérale américaine. "Ce dont l'industrie ne veut pas c'est de l'incertitude règlementaire. Les investisseurs institutionnels veulent savoir ce que leurs régulateurs pensent des crypto-monnaies" avant de s'engager.

Mme Haun, qui enseigne depuis peu les cryto-monnaies à l'université californienne de Stanford et a rejoint la plateforme d'échanges Coinbase, compare les peurs autour du bitcoin à celles ayant entouré internet dans les années 90: "Mais très vite les bons usages ont éclipsé les utilisations malveillantes au fur et à mesure que la technologie devenait populaire", argue-t-elle.

A l'exception du Japon, qui a reconnu en avril le bitcoin comme moyen de paiement légal, les autres grands pays agitent le chiffon rouge.

Janet Yellen, la présidente de la banque centrale (Fed) américaine, estime que le bitcoin "ne constitue pas une devise officielle" et enjoint les institutions financières à s'assurer que leurs transactions en bitcoins ne violent pas les lois sur le blanchiment d'argent.

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