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Elior, Vivendi et SFR épinglés par le gendarme de la gouvernance

| AFP | 199 | Aucun vote sur cette news
Les grandes entreprises respectent mieux les règles de gouvernance. Photo du quartier d'affaires de La Défense, près de Paris
Les grandes entreprises respectent mieux les règles de gouvernance. Photo du quartier d'affaires de La Défense, près de Paris ( LUDOVIC MARIN / AFP )

Liens d'affaires, plans de succession, mode de rémunération: plusieurs grandes entreprises comme Elior, SFR ou Vivendi présentent encore des manques en termes de gouvernance, même si les mauvaises pratiques tendent à reculer, selon le Haut Comité de gouvernement d'entreprise (HCGE).

Dans son rapport annuel publié jeudi, le Haut comité, chargé d'examiner depuis 2013 l'application du "code Afep-Medef", règlement de bonne conduite établi par le patronat, estime que les pratiques se sont "améliorées" au cours de l'année écoulée au sein des sociétés françaises cotées.

Malgré tout, des "marges de progrès" existent, concernant à la fois l'indépendance des administrateurs, l'organisation de la succession des dirigeants ou la transparence des règles d'attribution pour la part de rémunération variable des grands patrons, souligne l'instance de régulation.

Pour la première fois, le gendarme de la gouvernance - qui indique avoir envoyé une trentaine de courriers aux entreprises cette année pour leur signaler des écarts par rapport au code Afep-Medef - a décidé de publier le nom des sociétés "persistant dans la non-application des règles".

Une pratique dite du "name and shame" ("nommer et blâmer") en vogue dans le monde anglo-saxon, mais également désormais dans l'Hexagone, où cette forme de dénonciation publique est jugée souvent plus efficace que des sanctions pour obliger les entreprises à faire évoluer leurs pratiques.

"Quand une entreprise a fait l'objet d'une recommandation du Haut Comité, et qu'elle ne souhaite pas l'appliquer, elle doit expliquer au public pour quelle raison", a justifié jeudi le président sortant du HCGE, Denis Ranque, jugeant "important d'aller au bout de cette logique".

- "Déviation grave" -

Parmi les entreprises citées dans le rapport: le groupe de restauration collective Elior, épinglé pour une "déviation grave" par rapport aux règles dites du "say on pay", voulant que la rémunération des dirigeants mandataires sociaux soient soumises au vote consultatif des actionnaires.

En mars, les actionnaires du groupe de restauration avaient voté contre la rémunération du PDG, Philippe Salle, désormais sur le départ. Or le conseil d'administration, censé dans un tel cas de figure examiner les raisons de ce vote, n'a à ce jour pas communiqué sur ce sujet, regrette le rapport.

Autre entreprise visée: le groupe Vivendi, où Vincent Bolloré est accusé d'outrepasser ses fonctions de président du conseil de surveillance, en intervenant dans la gestion opérationnelle du groupe - ce que le code Afep-Medef n'autorise qu'à condition que ce mode de fonctionnement soit explicitement motivé.

"Au terme d'un dialogue" avec le Haut Conseil, le groupe Vivendi s'est engagé "à définir ces fonctions et à améliorer sa communications sur ce point", souligne dans son rapport le gendarme de la gouvernance. Qui note toutefois que cet engagement n'a toujours pas été suivi d'effet.

- "A la racine" -

Le HCGE critique enfin le groupe immobilier Nexity et le groupe de télécoms SFR, qui ont ignoré ses recommandations concernant les plans de succession et pour un manque de transparence sur la question des conflits d'intérêts chez les membres des conseils d'administration.

"L'indépendance des des administrateurs, pour nous, est la mère de toutes les batailles", a assuré Denis Ranque, insistant sur les "nets progrès" accomplis sur ce point, mais également sur la prise en compte par l'entreprise des attentes des actionnaires. "Le PDG n'est pas un autocrate tout puissant", a-t-il insisté.

L'Afep (représentant les 100 plus grands groupes privés français) et le Medef, sous pression après le scandale lié à la hausse de la rémunération du PDG de Renault Carlos Ghosn, avaient décidé en mai 2016 de réviser leur code de bonne conduite, pour obliger les conseils d'administration à examiner le résultat du vote des actionnaires.

"Il faut faire progresser les choses à la racine", estime pour sa part Michel Rollier, président du conseil de surveillance de Michelin, désigné pour succéder à Denis Ranque à la tête du HCGE, qui défend une approche persuasive et non coercitive des règles de gouvernance.

"Ces règles peuvent paraître formelles, mais elles participent à une meilleure direction de l'entreprise" et donc "à son succès", a-t-il conclu.

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