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Elections en RDC: entre Kinshasa et ses voisins, défiance et convoitise

| AFP | 297 | Aucun vote sur cette news
Un camion transportant des sacs de charbon se dirige vers Kinshasa, le 7 novembre 2018 après avoir chargé sa cargaison au port de Matadi
Un camion transportant des sacs de charbon se dirige vers Kinshasa, le 7 novembre 2018 après avoir chargé sa cargaison au port de Matadi ( Junior D. KANNAH / AFP/Archives )

Si le temps des interventions armées sur le sol congolais semble relégué aux années 90, les voisins de la République démocratique du Congo veillent toujours jalousement à leurs intérêts de l'autre côté de la frontière.

Le régime actuel en RDC, où des élections générales doivent se tenir le 23 décembre, est le produit direct de l'interventionnisme de ses voisins au cours des deux guerres régionales (1996-1997 et 1998-2003) qui ont impliqué jusqu'à sept pays africains sur son sol et fait plusieurs millions de morts.

La première s'est soldée par le renversement du maréchal Mobutu et la prise du pouvoir par Laurent-Désiré Kabila en 1997, avec l'aide du Rwanda et de l'Ouganda.

La seconde, débutée par un retournement d'alliances entre le régime Kabila et ses voisins rwandais et ougandais, fut marquée par l'assassinat début 2001 de Laurent-Désiré Kabila et la désignation dans la foulée de son fils et actuel président, Joseph Kabila, à la tête du pays.

Depuis, la RDC entretient des relations complexes avec ses voisins, le plus souvent marquées par la défiance et le pillage de ses richesses naturelles.

Pour le chercheur français André Guichaoua, professeur à l'Université Paris-Sorbonne, "la valorisation des richesses minières, contrôlée par de puissants intérêts congolais, rwandais et ougandais, s'amplifie et prospère" dans l'est du pays, épicentre des crises congolaises.

"Au fil du temps, dans l'est du Congo, les différents réseaux qui pillent les ressources et qui étaient concurrents ont fini par se dire que finalement, ils pouvaient tous s'entendre sans mener des luttes à mort", décrypte Thierry Vircoulon, chercheur à l'Institut français des relations internationales (Ifri).

Ainsi, parmi les dizaines de groupes armés et milices qui terrorisent encore les populations dans les provinces orientales du pays, on ne trouve plus de mouvement rebelle estampillé "Rwanda" comme ce fut le cas du CNDP des années 2000 ou du M23 des années 2010.

Ces mouvements, qui affirmaient se battre pour défendre les populations rwandophones de l'est de la RDC, avaient également l'avantage, si ce n'était leur raison d'être, de protéger des routes de trafic de minerais vers le Rwanda, ce que Kigali a toujours nié.

L'or de l'Ouganda et du Rwanda

"Vu que maintenant il y a eu une stabilisation des réseaux de pillage de l'est du Congo, on n'a plus besoin du CNDP ou du M23", résume M. Vircoulon.

"Qui donc parmi les différents groupes armés encore en présence aurait vraiment intérêt à remettre en cause les deals croisés et mutuellement avantageux qui garantissent la poursuite de la +déstabilisation cogérée+ qui s'est instaurée dans ces provinces excentrées ?" ajoute M. Guichaoua.

Dans son rapport de juin 2018, le Groupe d'experts sur la RDC mandaté par le Conseil de sécurité de l'ONU concluait qu'une "grande part de l'or vendu par l'Ouganda et le Rwanda est extrait de façon illicite dans des pays limitrophes, dont la RDC".

L'Ouganda dispose depuis 2014 d'une raffinerie d'or dont Transparency international s'inquiétait en 2017 qu'elle ne soit alimentée par du minerai venant des zones de guerre de l'est de la RDC et du Soudan du Sud.

Plus au sud, les régimes burundais et tanzanien entretiennent de meilleures relations avec Kinshasa, sur fond de convergence idéologique ou d'intérêts.

Kinshasa et Bujumbura ont signé un accord de coopération pour lutter contre l'opposition burundaise armée qui s'est réfugiée au Sud-Kivu.

Pour la Tanzanie, où le clan Kabila a vécu en exil avant la prise du pouvoir en RDC et dispose toujours d'intérêts financiers, le président John Magufuli est porteur d'un discours souverainiste africain qui fait écho à celui de M. Kabila ces derniers temps.

De l'électricité pour Pretoria ?

Côté angolais, le gouvernement du président Joao Lourenço a poussé à la tenue d'élections et à la non-candidature de Joseph Kabila à la présidentielle du 23 décembre.

Mais Luanda entend surtout protéger ses intérêts pétroliers off-shore et, à échéances régulières, reprendre le contrôle de l'exploitation des diamants dans le nord. Quelque 400.000 "creuseurs" congolais en ont ainsi récemment été expulsés ou ont fui l'Angola à la suite d'une opération des autorités.

Poids-lourd du continent, l'Afrique du Sud n'a pas de frontière commune avec la RDC mais y a été très impliquée diplomatiquement.

Pour Stephanie Wolters, de l'Institut d'études de sécurité (ISS) sur l'Afrique, le nouveau président Cyril "Ramaphosa a aligné l'Afrique du Sud sur la position de l'Angola pour presser Kabila de ne pas se représenter", un changement de cap par rapport à son prédécesseur Jacob Zuma, très conciliant avec Kinshasa.

Toutefois, tempère M. Vircoulon, l'intérêt de l'Afrique du Sud résidait surtout ces dernières années dans le méga-barrage hydro-électrique Grand Inga, sur le fleuve Congo, qui devait fournir lui fournir de l'énergie. Or Pretoria doute désormais que le projet voit jamais le jour: le parlement a demandé début décembre au gouvernement de trouver des alternatives à Inga.

De l'autre côté du fleuve Congo, à Brazzaville, on suit toujours de près les événements du voisin mais les relations sont assez distantes entre les deux dirigeants.

Quant à la Centrafrique et au Soudan du Sud, ces deux pays paraissent trop englués dans leurs propres violences pour s'inquiéter du dossier congolais.

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