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Devises : le dollar retombe au plus bas depuis mars 2018

| Boursier | 434 | Aucun vote sur cette news

La perspective d'un nouveau plan de soutien budgétaire aux Etats-Unis a encore pesé sur le dollar jeudi. La Fed a contribué à ce nouvel accès de faiblesse, en annonçant qu'elle poursuivrait ses achats massifs jusqu'à la fin de la crise du Covid.

Devises : le dollar retombe au plus bas depuis mars 2018
Credits Reuters

L'optimisme sur un nouveau plan soutien budgétaire de 900 milliards de dollars aux Etats-Unis, associé à la promesse d'une politique monétaire ultra-accommodante à long terme de la part de la Fed, a entraîné jeudi un nouvel affaiblissement du dollar.

Sur le marché interbancaire de New York, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence, a ainsi chuté de 0,75% à 89,77 points, au lendemain des annonces de la Fed, et dans la perspective d'un nouveau plan de relance aux USA qui pourrait être adopté avant la fin de la semaine par le Congrès américain. Le billet vert est désormais revenu à son plus bas niveau depuis plus de deux ans et demi, en mars 2018.

L'euro a de son côté avancé jeudi de 0,61% à 1,2271$, remontant au plus haut depuis mars 2018. La devise unique européenne avait franchi le 1er décembre dernier le seuil psychologiques de 1,20$ pour la première fois depuis plus de deux ans et demi. Depuis le début de l'année, l'euro s'est apprécié de 9,4% face au billet vert, ce dernier ayant accéléré sa chute depuis début novembre (-4,5%) dans l'anticipation d'une reprise économique en 2021.

La Réserve fédérale américaine a contribué au nouvel accès de faiblesse du dollar, en annonçant mercredi qu'elle poursuivrait ses achats massifs d'actifs à leur rythme actuel jusqu'à ce que l'économie américaine soit entièrement remise de la crise provoquée par le coronavirus. Le président de la Fed Jerome Powell n'a pas exclu d'augmenter encore le soutien à l'économie si la situation le nécessitait.

L'euro insensible à la hausse du programme d'achat d'actifs de la BCE

De son côté, la BCE, lors de sa dernière réunion de politique monétaire du 10 décembre, avait signalé qu'elle surveillait de près le niveau de l'euro, dont la vigueur menace de freiner la compétitivité des entreprises exportatrices européennes et contribue à déprimer l'inflation dans la zone euro. La BCE a fortement augmenté, de 500 milliards d'euros, le montant de son programme d'achats d'urgence face la pandémie, le PEPP, le portant de 1.350 à 1.850 milliards d'euros, mais cela n'a pas eu d'effet baissier sur la devise européenne.

La présidente de la BCE Christine Lagarde a affirmé que la banque centrale européenne surveillait de près l'évolution de la devise. "Nous suivons les développements du taux de change très attentivement", a-t-elle expliqué à l'issue d'une réunion du conseil des gouverneurs. "Nous continuerons également à surveiller les évolutions du taux de change sous l'angle des ses implications possibles sur les prévisions d'inflation à moyen terme."

Le 11 décembre, au lendemain de la réunion de la BCE, le gouverneur de la Banque de France, Villeroy de Galhau, a répété que la BCE exerçait une "vigilance forte" quant aux effets de l'appréciation de l'euro sur l'inflation. Dans ce cadre, "tous nos instruments sont disponibles", a-t-il dit lors d'un entretien sur la chaîne BFM Business.

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