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Des paysans français manifestent contre l'accaparement des terres par des investisseurs chinois

| AFP | 287 | 5 par 1 internautes
Des membres du syndicat paysan
Des membres du syndicat paysan "La Confédération paysanne" manifestent contre l'accaparement des terres agricoles, à Murs, dans l'Indre, le 29 août 2018 ( GUILLAUME SOUVANT / AFP )

"La terre aux paysans": venus de toute la France, avec des tracteurs et des fumigènes, plus d'une centaine d'agriculteurs ont occupé mercredi une parcelle d'une exploitation achetée par des investisseurs chinois dans le centre du pays, pour protester contre la "spéculation" sur le foncier français.

Brandissant des drapeaux du syndicat agricole la Confédération paysanne à Murs (centre), les paysans en colère ont rempli un semoir avec des graines de ray-grass et les ont ensuite semées sur la parcelle occupée, un geste symbolique signifiant la volonté de "rendre les terres aux paysans".

"La terre est là pour faire vivre des familles de paysans et produire de la nourriture. Ici, les propriétaires sont venus faire un business, de la spéculation boursière autour de l'agriculture en s'accaparant du foncier", a dénoncé Laurent Pinatel, paysan et porte-parole de la Confédération paysanne.

Les manifestants ont rempli un semoir et ont ensuite semé les graines de ray-grass sur la parcelle, à Murs, dans l'Indre, le 29 août 2018
Les manifestants ont rempli un semoir et ont ensuite semé les graines de ray-grass sur la parcelle, à Murs, dans l'Indre, le 29 août 2018 ( GUILLAUME SOUVANT / AFP )

Le consortium chinois Hongyang a acquis dans cette région en 2016 1.700 hectares où il produit du blé destiné au marché mondial. Le groupe a également acheté 900 hectares dans l'Allier.

"Les investisseurs chinois ont acheté à plusieurs propriétaires, ont pris des parts sociales ou monté des sociétés de façon tout à fait légale alors qu’un contrôle des structures sur la vente ou les locations de foncier existe en France. Il s’est avéré inefficace. Il faut que les parlementaires fassent dès l’automne une loi sur le partage et le portage du foncier", s'est insurgé M. Pinatel.

A l'arrivée des manifestants, un membre de la Confédération Paysanne et un journaliste ont été frappés au visage par un ouvrier agricole travaillant pour les propriétaires chinois.

Le ministre français de l'Agriculture Stéphane Travert a de son côté précisé à l'AFP qu’une mission parlementaire travaillait sur ce dossier et qu'il attendait "le retour de cette mission pour pouvoir faire des propositions concrètes".

- "Régulation du foncier" -

Selon la Confédération Paysanne, la Safer (Société d'aménagement foncier et d'établissement rural), organisme semi-public qui gère les terres agricoles, devrait "acheter les terrains et décider ensuite à qui ils doivent être attribués, en fonction des projets d’installation, afin d'organiser la régulation du foncier".

"Plein de gens ont des projets d’installation, alors que la France importe plus de 50% de notre consommation de fruits et de légumes", argumente Laurent Pinatel.

Nicolas Calame, porte-parole de la Confédération Paysanne dans l'Indre (centre), estime que ce département est "emblématique" de la financiarisation du foncier.

"Le problème n’est pas que les propriétaires soient chinois. C’est aussi scandaleux quand des Français s’accaparent des terres en Ukraine ou en Pologne, ou que le groupe Bolloré, qui n’a pas besoin de ça, achète des hectares de vignoble bordelais!", a-t-il relevé.

Des paysans de plusieurs régions touchées par le même phénomène avaient fait le déplacement à Murs, dans l'Indre, le 29 août 2018
Des paysans de plusieurs régions touchées par le même phénomène avaient fait le déplacement à Murs, dans l'Indre, le 29 août 2018 ( GUILLAUME SOUVANT / AFP )

"Nous demandons juste que le droit d'usage prévale sur le droit de propriété. Les paysans qui vivent de la terre doivent en avoir le plein usage, pas les salariés de grands fonds de pension...", a-t-il ajouté.

Des paysans venus de plusieurs régions françaises avaient fait le déplacement.

"Nous avons le même problème dans le département du Nord, entre Saint-Omer et Dunkerque", a dénoncé Jean-Luc Bardel, paysan-maraîcher qui a "péniblement" réussi à acheter 3 hectares de terre: "dans les écoles d'agriculture, plein de jeunes néo-ruraux aspirent à un retour à la terre. Ils ne trouvent pas de foncier ou beaucoup trop cher car les consortiums font exploser les tarifs".

Des agriculteurs en âge d'être à la retraite, constate-t-il, louent ou sous-louent leurs terres à des sociétés qui les paient plus chères. "Les retraites des agriculteurs sont tellement faibles qu’on peut pas leur jeter la pierre, mais ce n'est pas très sain", juge-t-il.

Même si elles restent "très minoritaires", selon la Safer, les acquisitions de terres par des entreprises asiatiques (Chine, Singapour, Hong Kong notamment) ont suscité des réactions inquiètes dans le monde rural français, certaines ayant abouti grâce à des montages juridiques astucieux.

Un manifestant arbore un tshirt siglé
Un manifestant arbore un tshirt siglé "Nos fermes ne sont pas des usines", à Murs dans l'Indre, le 29 août 2018 ( GUILLAUME SOUVANT / AFP )

Le président français Emmanuel Macron avait annoncé en février la mise en place de "verrous réglementaires" sur les achats de terres agricoles par des étrangers.

Les investissements chinois dans l'agriculture à l'étranger ont totalisé au moins 76 milliards d'euros depuis 2010, selon les chiffres publiés au début de l'année par deux centres de réflexions néo-conservateurs américains, American Enterprise Institute et Heritage Foundation.

Asie du sud-est, Amérique latine, Afrique sont ciblés. Mais, depuis quelques années, l'attention de la Chine semble se tourner vers l'Australie, les Etats-Unis et l'Europe.

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