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Derrière l'unité apparente de l'alliance, les frustrations de Nissan

| AFP | 253 | Aucun vote sur cette news
Les drapeaux de la France et du Japon déployés à l'entrée de l'usine Nissan à Yokosuka le 20 novembre
Les drapeaux de la France et du Japon déployés à l'entrée de l'usine Nissan à Yokosuka le 20 novembre ( Kazuhiro NOGI / AFP )

L'arrestation de Carlos Ghosn a fait éclater au grand jour le ressentiment enfoui chez le constructeur japonais Nissan, qui serait las d'être la deuxième roue d'un attelage dominé par un patron omnipotent et sous influence de l'Etat français.

Des représentants de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors doivent se réunir jeudi au siège de la structure à Amsterdam, selon des sources proches du dossier.

Un patron omnipotent

Pour le patron exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa, qui doit participer à la réunion par visioconférence, la mise à l'écart de Carlos Ghosn doit être l'occasion de revoir le système qui avait permis à un seul individu de concentrer tous les pouvoirs.

Arrivé de Renault pour redresser Nissan, en 1999, le dirigeant a également pris la casquette de directeur général de Renault en 2005, un cumul qui a d'emblée inquiété au sein du groupe japonais.

"A ce moment-là, la gouvernance a disparu", témoigne pour l'AFP, sous couvert d'anonymat, un ex-salarié qui a passé 10 ans dans l'entreprise au Japon. "Il y a longtemps que ce problème inquiétait en interne", dit-il.

( TOSHIFUMI KITAMURA / AFP/Archives )

"Quel que soit le sujet dont nous voulions discuter avec Renault, nous devions toujours passer par M. Ghosn", a déploré M. Saikawa lundi, dans une allocution aux employés japonais, d'après un des participants. Une situation "inégalitaire" à laquelle il faut mettre fin, a-t-il plaidé.

Auparavant "détesté du personnel japonais car se montrant à la botte de M. Ghosn" selon l'ex-employé, Hiroto Saikawa a commencé à prendre ses distances en prenant les commandes exécutives de Nissan en avril 2017.

Il n'aurait pas apprécié que son ancien mentor le laisse "se débrouiller" tout seul, explique la même source, face au scandale de falsifications dans l'inspection de véhicules, révélé à l'automne 2017.

"Le mécontentement envers Carlos Ghosn s'est amplifié depuis ce début d'année, du fait de craintes que n'avance un projet de fusion Renault-Nissan et en raison de changements au sein du personnel", souligne par ailleurs un analyste du secteur, Takaki Nakanishi.

Un Etat français qui inquiète

Compliquant la donne, l'influence de l'Etat français, présent à hauteur de 15% dans Renault, agace au Japon, où l'on craint que Nissan ne soit une proie.

"La France qui veut Nissan", titrait en juillet le quotidien économique Nikkei.

Et cette peur ne date pas d'hier. En 2015, l'acquisition par l'Etat de titres Renault avait déclenché des mois de crise entre Nissan et le gouvernement français, avant un compromis destiné à empêcher une éventuelle interférence de Paris.

Depuis l'interpellation de Carlos Ghosn, ce ne sont pas les propos du ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, qui vont apaiser les Japonais. Il s'est ouvertement opposé à tout changement dans l'équilibre des pouvoirs et des règles de gouvernance qui prévoient que le général de Renault soit le président de l'alliance.

"Le gouvernement français est actionnaire de Renault, donc il s'exprime, mais de façon générale, ce n'est pas un problème entre Etats, mais entre entreprises", estime M. Nakanishi, responsable d'un institut de recherche homonyme.

Malgré ces récriminations, le patron de Nissan n'a pas officiellement fait part d'une volonté de toucher à la structure capitalistique de l'alliance, formée à l'époque où Renault était le maillon fort: Nissan détient seulement 15% de Renault sans droits de vote, tandis que le groupe français possède 43% de son partenaire.

Mais il a rappelé que M. Ghosn n'avait pas sauvé Nissan tout seul, insistant sur la contribution du personnel.

Un déséquilibre structurel

Et désormais, Nissan apporte "davantage à l'alliance" que Renault, estime mercredi le Nikkei, chiffre d'affaires et nombre de brevets à l'appui.

Pourtant, au lieu de retirer des avantages de cette supériorité, le constructeur japonais a, selon de nombreux médias japonais, l'impression de se sacrifier au profit de Renault.

En acceptant par exemple la fabrication de sa petite Micra dans l'usine Renault de Flins (Yvelines), et non en Inde comme la précédente génération, ou encore en confiant l'assemblage de crossovers Rogue destinés au marché américain à une filiale sud-coréenne de Renault (Samsung Motors).

Si les synergies de l'Alliance étaient vantées par M. Ghosn, des salariés sont plus perplexes.

"Je ne perçois pas l'intérêt de travailler avec Renault, et je crois que c'est le cas de nombreux employés de Nissan", dit l'un d'eux à la chaîne publique japonaise NHK.

L'ancien salarié cité plus haut abonde dans le même sens. "La mise en commun des services, c'est bien beau mais dans la pratique ce n'est pas si facile. Aussi bien les gens de Renault que ceux de Nissan se disent que l'intégration vers laquelle Carlos Ghosn voulait les emmener ne fonctionnerait pas", assure-t-il.

"Nissan est sous le coup de l'émotion et va probablement réclamer que les choses changent", résume Koji Endo, analyste du secteur automobile chez SBI Securities. "Mais en même temps, cela paraît compliqué: légalement et concrètement, que peut-il faire?".

Une modification des participations croisées au profit de Nissan ? "Je ne pense pas que ce soit possible dans un avenir proche", dit-il, expliquant qu'il faudrait auparavant convaincre l'Etat français et Renault.

En attendant, "la situation est grave, la confiance nécessaire pour travailler ensemble a complètement disparu", assène M. Nakanishi.

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