En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
4 853.70 PTS
-0.88 %
4 822.0
-
SBF 120 PTS
3 857.72
-0.89 %
DAX PTS
10 865.77
-0.54 %
Dowjones PTS
24 100.51
-2.02 %
6 594.96
-2.56 %
1.130
+0.00 %

De patron planétaire à suspect à Tokyo: la folle semaine de Carlos Ghosn

| AFP | 251 | Aucun vote sur cette news
Le portrait de Carlos Ghosn sur écran géant à Tokyo, le 20 novembre 2018
Le portrait de Carlos Ghosn sur écran géant à Tokyo, le 20 novembre 2018 ( Toshifumi KITAMURA / AFP )

Un grand jet privé assailli au Japon par des hommes en cravate, une conférence de presse monstre convoquée in extremis en fin de soirée, un président français réagissant depuis Bruxelles, les Unes de la presse internationale...

L'arrestation surprise de Carlos Ghosn et le déluge d'images pendant la semaine qui a suivi sont à la mesure de la puissance qu'avait le patron franco-libano-brésilien du premier ensemble automobile mondial.

Le lundi 19 novembre à Tokyo en fin d'après-midi, une nouvelle affichée sur le site internet du quotidien de gauche Asahi Shimbun fait l'effet d'un coup de tonnerre dans les salles de rédaction.

Le PDG de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, celui qui a sauvé de la faillite au début des années 2000 Nissan, un des fleurons de l'industrie nippone, serait en passe d'être arrêté.

L'Asahi affiche des images prises plus tôt, vers 16H35, où l'on voit un jet Gulfstream marqué "N155AN", imitation du mot NISSAN, roulant sur le tarmac au crépuscule, dans un grand bruit de moteurs qui ne masque cependant pas celui du déclic d'un appareil photo. Le magnat était attendu.

Le PDG de Nissan Hiroto Saikawa lors d'une conférence de presse, le 19 novembre 2018 à Tokyo après l'arrestation de Carlos Ghosn pour des malversations financières présumées
Le PDG de Nissan Hiroto Saikawa lors d'une conférence de presse, le 19 novembre 2018 à Tokyo après l'arrestation de Carlos Ghosn pour des malversations financières présumées ( Behrouz MEHRI / AFP )

Des hommes en costume noir grimpent d'un pas leste l'escalier d'embarquement. D'élégants stores beiges puis d'autres noirs s'abaissent alors doucement derrière les hublots éclairés. Plan suivant: six hommes descendent. La vidéo s'arrête là.

Dimension politique

Peu après 17H00, une dizaine d'hommes arrivent au siège de Nissan à Yokohama, au sud de Tokyo, selon l'Asahi. Une autre équipe d'enquêteurs investit l'appartement de luxe de M. Ghosn dans le quartier huppé de Motoazabu. Une horde de journalistes de télévision est devant la grosse tour résidentielle.

Pendant ce temps, à l'aéroport de Haneda, Carlos Ghosn aurait, selon la presse, passé des heures dans son avion avec les enquêteurs du parquet.

Carlos Ghosn et l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi
Carlos Ghosn et l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi ( / AFP )

Rapidement, les autres médias japonais rapportent un à un que celui qui dirige les conseils d'administration de Nissan et Mitsubishi Motors est entendu sur des soupçons de dissimulation de revenus aux autorités. Le parquet confirmera plus tard.

De son côté, Nissan affirme dans un communiqué qu'une enquête interne a révélé que l'ancien PDG a "pendant de nombreuses années déclaré des revenus inférieurs au montant réel", et parle de "nombreuses autres malversations".

Vers 18H00, le groupe annonce une conférence de presse. C'est la foule à Yokohama.

Pendant que les journalistes attendent en une interminable file disciplinée l'ouverture des portes, la crise a déjà pris sa dimension politique. A 10.000 km, depuis Bruxelles, Emmanuel Macron promet que l'Etat français, actionnaire de Renault, sera "extrêmement vigilant" quant à la stabilité de l'alliance et du groupe français.

La conférence commence enfin, il est 22h00.

Tenue de prisonnier

Seul face aux caméras, celui que M. Ghosn avait choisi l'an dernier comme successeur au poste de président exécutif, Hiroto Saikawa, annonce la tenue le jeudi d'un conseil d'administration pour démettre son président.

M. Saikawa prononce des mots très durs, exposant pendant une heure et demi le "côté obscur" de son ancien mentor, un pouvoir trop concentré selon lui pendant des années entre ses mains. Il qualifie M. Ghosn et un cadre du groupe aussi mis en cause, Greg Kelly, de "cerveaux" de l'affaire.

Fait marquant, cet homme de 65 ans aux cheveux ras, lunettes et air sérieux, se refuse à céder à la tradition de la profonde courbette de contrition vis-à-vis des clients, des actionnaires, du public, par laquelle il aurait partagé un peu la responsabilité de l'opprobre jeté sur Nissan.

La conférence s'achève tard dans la soirée. Une forte pluie s'est abattue sur Tokyo.

Le puissant patron d'industrie de 64 ans entame sa première nuit en garde à vue, dans l'imposant bâtiment de 12 étages du centre de détention de l'arrondissement de Katsushika à Tokyo.

Un établissement austère à la routine stricte: réveil peu avant 07h00, extinction des lumières à 21h00, trois repas par jour et 30 minutes d'exercice, deux douches par semaine, selon des descriptions données par des avocats et anciens détenus.

Le lendemain, les récits de sa chute sont dans les journaux du monde entier. Il reçoit la visite de l'ambassadeur de France puis, dans les jours suivants, celle du consul du Brésil, Joao de Mendonça. Ce dernier dit à l'AFP avoir bavardé avec lui en portugais à travers une vitre, l'avoir trouvé "en bonne forme", "vêtu de l'uniforme du centre".

Double révocation

La rapidité d'action de Nissan et le ton de M. Saikawa font dire à certains analystes que l'affaire pourrait cacher un "coup d'Etat" du groupe japonais à l'encontre de son sauveur afin d'éviter une alliance encore plus poussée avec le constructeur français, une hypothèse rejetée par l'Elysée.

Chez Renault, c'est le branle-bas de combat. Le numéro deux du groupe, Thierry Bolloré, se voit confier provisoirement les rênes. On demande des informations à Nissan.

Jeudi, le conseil d'administration du constructeur japonais se tient. Les journalistes patientent devant les portes closes, guettant les sorties de berlines noires.

La réunion traîne en longueur, le temps de convaincre les deux anciens de Renault, qui suivent les débats par visioconférence, selon les médias japonais. Les "preuves" sont présentées, le conseil est "sans mots", rapporte l'Asahi. Au bout de quatre heures, Carlos Ghosn est destitué de la présidence à l'unanimité.

Le même jour à Paris, les ministres de l'Economie français et japonais Bruno Le Maire et Hiroshige Seko se rencontrent et réaffirment leur soutien à l'alliance.

Les journaux japonais bruissent chaque jour de nouvelles allégations de malversations et abus de biens sociaux de celui qu'ils appellent "le suspect Ghosn". Lui nie toutes les accusations, tout comme Greg Kelly.

Lundi, le conseil d'administration de Mitsubishi Motors l'évince aussi.

Carlos Ghosn est toujours en garde à vue.

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
CONTENUS SPONSORISÉS
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 15/12/2018

Le défenseur marocain de Reims Yunis Abdelhamid (d) à la lutte avec l'attaquant sud-africain de Strasbourg Lebo Mothiba, le 15 décembre 2018 à Reims ( FRANCOIS NASCIMBENI / AFP )Quatre jours…

Publié le 15/12/2018

Des Yéménites achètent des fruits dans un marché à Hodeida, ville portuaire au bord de la mer Rouge, le 14 décembre 2018 ( ABDO HYDER / AFP )Quasi inespéré, l'accord inter-yéménite…

Publié le 15/12/2018

L'ailier de Toulouse Yoann Huget file à l'essai contre les Wasps en Coupe d'Europe, le 15 décembre 2018 au stade Ernest-Wallon à Toulouse ( REMY GABALDA / AFP )Avec Antoine Dupont de tous les…

Publié le 15/12/2018

Les candidates à l'élection de Miss France lors d'un défilé dans les rues de Lille, le 2 décembre 2018 ( FRANCOIS LO PRESTI / AFP/Archives )Trente candidates âgées de 18 à 24 ans…

Publié le 15/12/2018

Des "gilets jaunes" manifestent sur les Champs-Elysées, le 15 décembre 2018 à Paris ( CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP )"Aujourd'hui, ça a l'air d'être plus calme": A Paris, après des…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 14/12/2018

Carbios annonce la nomination de Ian Hudson au poste de Président du Conseil d’administration. Il succède à Jean Falgoux et prendra ses nouvelles fonctions le 1er Janvier 2019, après avoir été…

Publié le 14/12/2018

Deuxième séance consécutive de correction pour l'indice parisien...

Publié le 14/12/2018

Le Conseil d'Administration de SoLocal Group, tenu ce jour, a pris acte de la démission d'Arnaud Marion, qui suite à la prise de ses nouvelles fonctions exécutives au sein de Smovengo, a souhaité…

Publié le 14/12/2018

Dans la continuité de la politique de distribution de dividendes des derniers exercices, le Conseil d’administration de Kering a décidé, lors de sa réunion du 14 décembre 2018, le versement…

Publié le 14/12/2018

Compte tenu des bons résultats de 2CRSi en 2018, une prime a été décidée pour tous les salariés du groupe en France...