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Dans l'Ouest chinois, l'économie peine face aux attentats

| AFP | 159 | Aucun vote sur cette news
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La "Cité Shenzhen" porte le nom de la grande métropole du sud de la Chine qui l'a financée, et s'étend sur plus de 200.000 mètres carrés ( Johannes EISELE / AFP/Archives )

Magasins déserts, bâtiments inachevés, insécurité: au Xinjiang, région instable de l'extrême-ouest de la Chine, les villes fantômes symbolisent les difficultés de Pékin pour apporter la prospérité à ce territoire ensanglanté par les attentats.

En banlieue de Kachgar, grande ville semi-désertique située non loin de l'Afghanistan, une maquette poussiéreuse placée à l'accueil d'une zone économique nouvelle promet des avenues bordées d'arbres, de logements, et d'immenses tours jumelles.

Mais dehors, les rues restent désespérément vides.

La "Cité Shenzhen" porte le nom de la grande métropole du sud de la Chine qui l'a financée, et s'étend sur plus de 200.000 mètres carrés.

Elle fait partie d'un projet gouvernemental visant à développer l'économie du Xinjiang: un moyen, espère Pékin, d'y désamorcer les tensions récurrentes entre Chinois Han (majoritaires à plus 90% dans le pays) et Ouïghours, une ethnie composée principalement de musulmans turcophones.

Ces dernières années, des attentats perpétrés par des militants ouïghours ont fait des centaines de morts dans la région et le reste de la Chine. Les autorités imposent en réaction un strict contrôle des libertés individuelles et religieusesEn parallèle, Shenzhen et 18 autres villes ou provinces chinoises prospères ont été sommées de "parrainer" financièrement le Xinjiang pour faire décoller économiquement cette région pauvre.

"L'idée, c'est que l'amélioration de la situation économique rendra les gens moins revendicatifs", analyse Enze Han, professeur de politique à l'Ecole des études orientales et africaines (SOAS) de l'Université de Londres.

Mais "sur le terrain, au Xinjiang, c'est un échec", estime-t-il.

- Déchets et urinoirs -

Ce programme de "parrainage" a été lancé en 2010, avec un objectif ambitieux: que le PIB régional par habitant atteigne la moyenne nationale.

Fin 2015, les collectivités locales partenaires avaient déjà déboursé l'équivalent de plus de 7 milliards d'euros, selon l'agence de presse officielle Chine nouvelle.

Shenzhen et 18 autres villes ou provinces chinoises prospères ont été sommées de
Shenzhen et 18 autres villes ou provinces chinoises prospères ont été sommées de "parrainer" financièrement le Xinjiang pour faire décoller économiquement cette région pauvre ( Johannes EISELE / AFP )

Des investissements qui n'ont pas stoppé les attentats.

Et si le PIB par habitant a progressé, il a grimpé 18% moins vite que la moyenne nationale durant les cinq premières années de parrainage, a calculé l'AFP sur la base des statistiques gouvernementales.

Une autre zone nouvelle a été lancée en périphérie de Kachgar sur 1,5 million de mètres carrés: la "Nouvelle Canton", du nom de la grande ville chinoise méridionale.

La sono du complexe diffuse d'entraînantes chansons de Michael Jackson, mais là encore c'est le désert ou presque: les déchets s'accumulent devant des boutiques abandonnées, les pancartes "à louer" sont décolorées ...et les urinoirs des toilettes sont encore enveloppés dans leur cellophane d'origine.

Le projet promettait pourtant à son lancement en 2012 quelque 20.000 emplois et des logements pour 80.000 personnes, soit 15% de la population de Kachgar.

- 'Un fiasco' -

Mais les autorités ont dû supplier les commerçants de venir, assure Lal Muhammad, un négociant pakistanais qui a signé un bail de trois ans pour 1.000 dollars (840 euros), avant de jeter l'éponge.

"Très peu de gens venaient", raconte-t-il, évoquant les nombreux barrages policiers entourant Kachgar et qui découragaient les clients. "Le projet est un fiasco."

L'insécurité contribue à effrayer les investisseurs, renchérit Ji Yeon Hong, expert du Xinjiang à l'Université des sciences et technologies de Hong Kong. Il pointe également des projets "qui ne répondent pas forcément aux besoins de la population locale".

Les travaux à la "Cité Shenzhen" ont été stoppés car "les perspectives de développement n'étaient pas bonnes", concède à l'AFP un responsable du projet sans plus de précision.

"Des magasins ont fermé à cause des problèmes de sécurité", raconte Zou Zebin, patron d'une boutique de meubles, l'une des seules encore ouvertes à la "Nouvelle Canton".

Si le PIB par habitant a progressé dans la région Xinjiang, il a grimpé 18% moins vite que la moyenne nationale durant les cinq premières années de parrainage
Si le PIB par habitant a progressé dans la région Xinjiang, il a grimpé 18% moins vite que la moyenne nationale durant les cinq premières années de parrainage ( Johannes EISELE / AFP )

De façon générale, "les entreprises et firmes manufacturières ne peuvent pas être véritablement compétitives étant donné les dépenses qu'elles doivent faire en amont pour les exigences de sécurité", abonde Adrian Zenz, expert du sujet à la European School of Culture and Theology (Allemagne).

Le commerçant M. Zou reste néanmoins optimiste: selon lui, la réussite arrivera tôt où tard, Kachgar étant un centre névralgique des "Nouvelles routes de la Soie", un programme lancé par Pékin pour relancer la construction d'infrastructures à travers l'Asie.

"Le pays investit vraiment beaucoup au Xinjiang", déclare-t-il. "Je pense que d'ici trois ans, on en verra les retombées."

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