En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 011.34 PTS
-0.44 %
5 020.00
-0.27 %
SBF 120 PTS
4 011.18
-0.27 %
DAX PTS
11 335.63
-0.16 %
Dowjones PTS
25 289.27
+0.83 %
6 890.45
+0.00 %
1.133
+0.07 %

Cuba face au défi d'unifier sa monnaie, coûte que coûte

| AFP | 902 | Aucun vote sur cette news
Un ouvrier cubain montre 1 CUP (peso cubain) et 1 CUC (peso cubain convertible) à la Havane le 8 février 2018. Cuba va tenter cette année d'unifier sa monnaie et le taux de change
Un ouvrier cubain montre 1 CUP (peso cubain) et 1 CUC (peso cubain convertible) à la Havane le 8 février 2018. Cuba va tenter cette année d'unifier sa monnaie et le taux de change ( Adalberto ROQUE / AFP/Archives )

Depuis 24 ans, les Cubains sont habitués à jongler avec deux monnaies nationales, un système unique au monde auquel les autorités sont décidées à renoncer, au risque de perturber la fragile économie de l'île.

Instituée en 1994, la dualité monétaire est la norme à Cuba, avec le peso cubain (CUP), utilisé pour les transactions strictement domestiques, et le peso convertible (CUC, égal au dollar américain, qui vaut entre 24 et 25 CUP) qui servait initialement à payer les produits et services importés.

Le gouvernement a annoncé ces dernières années son intention de renoncer à la double monnaie, mais cette réforme aussi cruciale que complexe a été plusieurs fois ajournée.

Fin 2017, le président Raul Castro a affirmé que le pays devait lancer ce chantier sans plus attendre, augurant d'une mise en oeuvre probable avant son départ fixé au 19 avril. Beaucoup d'observateurs estiment que la prochaine réunion du Comité central du Parti communiste cubain (PCC) en mars pourrait donner le coup d'envoi.

D'abord réservé au secteur touristique, le peso convertible s'est progressivement généralisé. Que l'on paie avec l'une ou l'autre des devises,
D'abord réservé au secteur touristique, le peso convertible s'est progressivement généralisé. Que l'on paie avec l'une ou l'autre des devises, "c'est la même chose, une bouteille d'huile a la même valeur ( Adalberto ROQUE / AFP/Archives )

D'abord réservé au secteur touristique, le CUC s'est progressivement généralisé. Que l'on paie avec l'une ou l'autre des devises, "c'est la même chose, une bouteille d'huile a la même valeur. Maintenant on a tous le droit d'acheter en monnaie nationale (CUP) ou en CUC", détaille Marlen Leyva, retraitée de 68 ans.

Avec le CUC, l'Etat permet à ses entreprises d'importer à un taux de change préférentiel - un dollar pour un peso cubain -, alors que le billet vert est théoriquement vingt-cinq fois plus cher. C'est le ministère du Commerce extérieur qui compense ce subventionnement à peine déguisé.

Une distorsion qui permet aux entités étatiques d'assurer leurs marges tout en proposant à la population des tarifs accessibles, dans un pays où le salaire moyen avoisine les 30 dollars.

La double monnaie a permis d'affronter les déséquilibres de la crise des années 1990, consécutive à la chute du bloc soviétique, puis a facilité l'entrée de devises.

Mais l'économie cubaine, qui vient de renégocier l'essentiel de sa dette publique, doit aujourd'hui retrouver crédibilité et lisibilité.

"La dualité monétaire engendre des difficultés pour évaluer l'économie et la compétitivité", explique à l'AFP l'économiste Omar Everleny Perez, invoquant une relation compliquée avec les marchés internationaux, déjà entravée par l'embargo américain imposé depuis 1962.

- 'Réforme graduelle' -

Depuis 2014, dans la foulée des premières réformes d'ouverture à l'économie de marché lancées par Raul Castro, économistes cubains et étrangers planchent sur le moyen de mettre fin à ce système tout en limitant son impact sur une économie encore étatisée à 85%.

Des touristes étrangers attendent devant un bureau de changes à La Havane le 8 février 2018
Des touristes étrangers attendent devant un bureau de changes à La Havane le 8 février 2018 ( Adalberto ROQUE / AFP/Archives )

Le maître d'oeuvre de la réforme, Marino Murillo, a déjà annoncé que "le peso cubain deviendrait la monnaie officielle et que le peso convertible serait éliminé graduellement", sans plus de précisions. Plusieurs économistes préconisent de réformer le secteur étatique avant de généraliser la monnaie unique. Depuis deux ans, circulent de nouveaux billets de 200, 500 et 1.000 CUP pour simplifier les transactions.

Omar Everleny Perez souligne que le secteur privé, certes encore embryonnaire, travaille déjà depuis des années avec un taux de 1 pour 25: "On peut penser qu'on ne sera pas loin de ce taux" après l'unification.

Théoriquement, les entreprises d'Etat devront alors importer à un taux de change "normal", mais beaucoup d'économistes estiment que La Havane ne disposerait pas de réserves de devises suffisantes pour les préserver.

A l'inverse, dans le nouveau système, les quelques entreprises cubaines exportatrices recevraient davantage de pesos cubains, et pourraient compenser en partie l'impact sur l'économie.

"Les secteurs qui en bénéficient pourraient être en position de payer de meilleurs salaires, mais les entreprises pénalisées devraient fermer ou fusionner", prédit l'éminent économiste Pavel Vidal.

Et la crainte d'une hausse des prix pourrait provoquer un phénomène de sur-demande, difficile à satisfaire sur une île qui importe 80% de ce qu'elle consomme, estime M. Perez, anticipant des déséquilibres à court terme.

Une perspective inquiétante alors que la "libreta", le carnet de rationnement historique, ne couvre déjà plus les besoins mensuels d'une famille.

Pour M. Perez, il est indispensable de soutenir cette réforme par une ouverture accrue aux investissements étrangers et au secteur privé, afin de stimuler afflux de devises et augmentation du pouvoir d'achat.

"Si (des entreprises étrangères) se sont déjà positionnées, c'est qu'elles ne se soucient pas vraiment de l'embargo américain", argumente l'économiste.

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

RETROUVEZ LES WEBINAIRES BOURSE DIRECT

Les Différents Types d'Ordres de Bourse
Mardi 20 novembre de 12h30 à 13h30

Tradez les indices mondiaux au travers des CFD
Mercredi 7 décembre de 12h30 à 13h30

CONTENUS SPONSORISÉS
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 09/11/2018

Emmanuel Macron a annoncé une "baisse drastique" du coût du permis de conduire, le code étant "intégré à la partie scolaire" ( PHILIPPE HUGUEN / AFP/Archives )Emmanuel Macron a annoncé…

Publié le 09/11/2018

A partir de l'année prochaine, les conducteurs novices pourront réduire le délai probatoire, qui les obligeait à patienter pour obtenir la totalité des 12 points, en suivant une formation…

Publié le 05/11/2018

Les prix du diesel ont augmenté en France, alimentant la grogne chez les usagers ( PASCAL GUYOT / AFP/Archives )Les enseignes de la grande distribution Leclerc et Carrefour ont annoncé lundi…

Publié le 29/10/2018

HSBC (+5,55% à 638,40 pence) affiche l'une des plus fortes hausses de l’indice FTSE 100, soutenu par des résultats meilleurs que prévu au troisième trimestre. Les investisseurs ont d’autant…

Publié le 26/10/2018

Une guerre commerciale prolongée entre les États-Unis et la Chine pourrait grever le taux de croissance du PIB chinois jusqu'à 0,7 %, et avoir des effets sur la croissance américaine, selon…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 16/11/2018

L'Agence européenne des médicaments recommande l'approbation du fexinidazole, le premier traitement entièrement par voie orale de la maladie du…

Publié le 16/11/2018

Le CAC40 avait repris de la hauteur ce matin avant de reperdre tous ses gains...

Publié le 16/11/2018

D'un point de vue graphique, le titre vient de s'extirper par le haut d'une figure de consolidation après son ouverture en trou de cotation haussier du 16 novembre. Du côté des indicateurs…

Publié le 16/11/2018

Spineway prend 2,7% à 0,265 euro dans un volume représentant 2,6% du capital, après la nomination du CEO de sa filiale US, qui fait suite à...

Publié le 16/11/2018

Le concert monte à plus de 90% du capital