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Croatie: la crise Agrokor se joue aussi à Moscou

| AFP | 206 | Aucun vote sur cette news
Le siège d'Agrokor à Zagreb, le 31 mars 2017
Le siège d'Agrokor à Zagreb, le 31 mars 2017 ( - / AFP/Archives )

Le sort du géant de l'agroalimentaire et de la distribution Agrokor, premier acteur de l'économie de la Croatie, se joue en partie à Moscou: perclus de dettes, son avenir dépend notamment de deux banques russes.

Agrokor totalise 15% du Produit Intérieur brut (PIB) du dernier pays à avoir rejoint l'Union européenne. Ce sont 60.000 emplois dans les Balkans, dont les deux tiers en Croatie, où de nombreux agriculteurs dépendent du groupe.

Face à la catastrophe que représenterait sa chute, le gouvernement de centre-droit a mis le mastodonte sous tutelle au printemps. La justice vient de délivrer un mandat d'arrêt européen contre son patron en fuite, Ivica Todoric, soupçonné d'avoir falsifié les comptes pour dissimuler un endettement insoutenable, évalué à 5,4 milliards d'euros, mais qui pourrait être supérieur.

Cette dette est notamment entre les mains de deux banques nationales russes, la Sberbank et VTB. Agrokor leur doit respectivement 1,1 milliard et 300 millions d'euros.

La présidente Kolinda Grabar-Kitarovic a effectué en octobre une visite officielle à Moscou, la première depuis 2009. "C'est un problème entre entreprises" qui ne doit pas peser sur les relations Zagreb-Moscou, a-t-elle sobrement commenté après sa rencontre avec son homologue Vladimir Poutine.

Celui-ci a expliqué que les deux banques "participaient au programme de redressement financier d'Agrokor". Son porte-parole, Dmitri Peskov, a ajouté que la "Sberbank protégerait ses intérêts" et que "l'Etat russe soutiendrait (ses) entreprises dans ce cadre".

- Réaction américaine -

Selon l'économiste croate Damir Novotny, ces deux banques "ont pris consciemment le risque" d'accorder à partir de 2014 des prêts à un groupe qu'ils savaient mal en point, "avec des arrière-pensées géopolitiques". "Il ne s'agit pas que d'Agrokor, mais plus largement des intérêts de la Russie en Europe du Sud-Est", selon lui.

"On ne peut pas exclure que le facteur politique ait joué un rôle dans la décision, car les projets des banques publiques ne sont pas tous fondés sur des considérations économiques", agrée Alexandre Saraïev, analyste bancaire à l’agence de notation russe RAEX. Mais la décision "reposait sur l’idée que c’était une entreprise clé et qu'elle serait soutenue par les autorités" croates, poursuit l'analyste.

Du point de vue russe, Agrokor était alors considéré comme un joyau économique des Balkans en pleine expansion. A cette époque, Sberbank était engagée dans une politique d'investissement en Europe de l'Est, par la suite mise à mal par les sanctions consécutives à la crise ukrainienne.

Bien que membre de l'OTAN et de l'Union européenne, "la Croatie offrait une opportunité pour un investissement et une présence russe plus forte dans la région à travers Agrokor", affirme le spécialiste croate en relations internationales Radovan Vukadinovic.

Si l'UE s'est faite discrète, quand les difficultés d'Agrokor ont atteint un seuil critique, il y a eu "une réponse américaine rapide", relève-t-il. En juin, un groupe d'investisseurs, mené par le fonds américain Knighthead Capital Management, a octroyé un prêt de 1,06 milliard d'euros qui a donné de l'air à Agrokor.

- Ne pas crier au loup russe -

En octobre, l'ambassadrice américaine en Croatie, Julieta Valls Noyes, a loué dans les médias locaux l'action de ce "groupe d'investisseurs américains et autres", dont l'objectif est de "sauver une société importante en Croatie et ailleurs".

La Sberbank a refusé de participer à cette levée de fonds et reproche à la Croatie d'avoir nationalisé Agrokor sans le dire. Les mesures prises par Zagreb "lèsent sérieusement les droits des créditeurs", a regretté le directeur général de Sberbank, Guerman Grefle sur la chaîne d’information publique Rossiïa 24.

En septembre, Agrokor a fait savoir que plusieurs actions en justice avaient été engagées pour saisir ses actifs, dans les Balkans et en Grande-Bretagne. La plupart ont été initiées par la Sberbank. Guerman Gref relève "que depuis sept ans le groupe falsifiait ses comptes, trompant ses créditeurs et le gouvernement".

Timothy Less, qui dirige le centre de réflexion Nova Europe, spécialisé dans le calcul de risques, recommande de ne pas crier au loup russe: "Sur tous les plans, le comportement de la Sberbank est celui d'un investisseur qui essaie de minimiser ses pertes".

Quant à Knighthead, c'est "un fonds de pension dont la spécialité est de gagner de l'argent sur les entreprises en détresse. Ni plus ni moins", ajoute le spécialiste.

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