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Crise aviaire dans le Sud-Ouest: la filière tente de reprendre pied

| AFP | 102 | Aucun vote sur cette news
Des éleveurs de volaille rassemblés entre Dax et Mont-de-Marsan le 15 septembre 2017 pour demander des aides après la crise aviaire
Des éleveurs de volaille rassemblés entre Dax et Mont-de-Marsan le 15 septembre 2017 pour demander des aides après la crise aviaire ( IROZ GAIZKA / AFP/Archives )

Après deux crises aviaires successives dans le Sud-Ouest, la filière avicole landaise tente de reprendre pied, entre défense de la qualité de ses produits, efforts de traçabilité et espoir de vaccination en cas de nouvelle épizootie.

Samedi, elle se mobilise en masse pour interpeller l'Etat et réclamer des aides.

29 mai 2017 : la date marque la reprise officielle de production sur les zones ayant subi un vide sanitaire, six mois après la découverte d'un premier foyer H5N8 dans le Tarn. Mais par manque de canetons -les accouveurs ayant été décimés-, certains éleveurs-gaveurs n'ont pu redémarrer qu'à l'automne, augurant une année de production historiquement basse en France : 11.700 tonnes de foie gras soit encore 16% de moins qu'en 2016 où 18 départements avaient été à l'arrêt 4 mois à cause du H5N1.

Pour retrouver une production à 100%, "il faudra au moins attendre le début d'année prochaine : ces zones sont vraiment convalescentes avec des capacités amoindries", assure Marie-Pierre Pé, directrice du Cifog (interprofession du foie gras).

D'où les demandes d'indemnisations portant sur l'après 29-mai, soit après la fin du vide sanitaire et de la crise virale proprement dite : 27 millions d'euros côté palmipèdes et 7 millions d'euros côté poulets et volailles.

"L'Etat, qui se cache derrière l'Europe, se doit d'assumer la gestion sanitaire catastrophique qu'il a menée, la filière est très endettée et très inquiète", assure Serge Mora du Modef (exploitants familiaux) qui craint que certains "petits" abandonnent : "Bercy veut faire des économies, on a peur que la gestion comptable l'emporte sur une gestion économico-sociale, alors on fait pression".

Après trois semaines de manifestations, barrages filtrants ou blocage total de routes par la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs des Landes, la mobilisation se généralise donc, tous syndicats confondus, devenant une revendication territoriale incluant les entreprises de l'aval durement impactées.

- Un vaccin dans les tuyaux -

La filière avicole landaise se mobilise samedi en masse pour interpeller l'Etat et réclamer des aides
La filière avicole landaise se mobilise samedi en masse pour interpeller l'Etat et réclamer des aides ( IROZ GAIZKA / AFP/Archives )

Samedi, à l'initiative du président du Conseil départemental des Landes Xavier Fortinon et du député local Boris Vallaud (PS), un grand rassemblement "apolitique et sans exclusive" est organisé à Castelnau-Chalosse, en plein cœur de ce département qui concentre le quart de la production nationale de foie gras et où 6.000 emplois sont issus des filières gras et volailles.

"Face à nous, l'inertie est énorme, on se prépare à un long combat", relève François Lesparre. Pour le président de la FDSEA-Landes qui salue toutefois le récent solde des aides sur l'épisode 2016, "aucun futur message sanitaire ne sera audible ici si l'Etat s'arrête à mi-chemin alors que nous avons tous joué le jeu" en étant par exemple en capacité d'enfermer temporairement nos animaux pendant les périodes à risque de migration (élevages de plus de 3.200 palmipèdes).

Depuis l'an passé, les producteurs ont dû investir dans des bâtiments, des sas et autres mesures de biosécurité, les transporteurs ont amélioré le nettoyage... Globalement, la filière s'organise. Via le "cluster biosécurité régional" animé par le futur technopôle landais Agrolandes, une cartographie de toutes les exploitations et des mouvements de canards et volailles de Nouvelle Aquitaine et Occitanie devrait être prête en novembre afin d'agir plus rapidement en cas d'alerte virale et proposer in fine un inventaire des risques en fonction des processus de production.

Lueur d'espoir, un vaccin "semble être prêt techniquement dans des laboratoires sur les virus qu'on a connus, hors mutation profonde, mais pour être utilisé sur le terrain, il faudrait encore qu'il soit autorisé par l'Etat", explique Marc Chazaux, animateur du cluster biosécurité. Pour ce vétérinaire, " la réflexion doit aller très vite sur un éventuel plan de vaccination, global ou par foyer détecté". Mais il prévient : "quand on vaccine, des exportations sont bloquées, c'est le statut sanitaire de la France qui est impacté avec des actions en cascade à évaluer pays par pays et marché par marché".

En attendant, les aviculteurs croisent les doigts pour passer à côté d'une si redoutée troisième crise sanitaire d'affilée qui serait assurément catastrophique.

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