Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 703.22 PTS
-1.39 %
5 705.50
-1.28 %
SBF 120 PTS
4 509.46
-1.38 %
DAX PTS
13 786.29
-0.67 %
Dow Jones PTS
30 932.37
-1.5 %
12 909.44
+0.63 %
1.207
-0.01 %

Covid: en Afrique du Sud, on sauve les légumes abîmés pour apaiser la faim

| AFP | 365 | 3.50 par 2 internautes
Des résidentes d'une maison de retraite mangent un repas préparés à partir d'invendus, le 17 février 2021 à Johannesburg, en Afrique du Sud
Des résidentes d'une maison de retraite mangent un repas préparés à partir d'invendus, le 17 février 2021 à Johannesburg, en Afrique du Sud ( Michele Spatari / AFP )

Au menu aujourd'hui, gruau de maïs et légumes sauvés de la décharge. Dans ce quartier pauvre de Johannesburg, les tonnes d'invendus, qui finissent chaque année à la poubelle, remplissent les bouches affamées de ceux qui ont les poches vides.

Dlomo Nomaqhawe, 39 ans, engloutit son assiette. La pandémie de Covid-19 en Afrique du Sud lui a coûté son travail et, coup du sort, un incendie a ensuite réduit sa maison en cendres.

Elle compte désormais sur les repas tirés en partie de la récupération des invendus du plus grand marché de produits frais du pays, préparés par le centre commnunautaire du quartier.

En Afrique du Sud, la pauvreté a été aggravée par la pandémie de Covid-19. Pourtant, dans ce pays où plus de onze millions de personnes restent chaque soir la faim au ventre, un tiers de la nourriture produite est jetée, selon le Fonds mondial pour la nature (WWF). Soit dix millions de tonnes de déchets.

"Les gens jettent de la nourriture dont on pourrait se servir", s'indigne la directrice du centre, Khetiwe Mkhalithi.

A l'heure du déjeuner, des grappes d'hommes et de femmes parfois accompagnées de bébés, viennent chercher un repas gratuit. Jusqu'à 1.500 personnes par jour depuis la pandémie.

"La plupart ont perdu leur emploi", raconte Mme Mkhalithi. "Ils n'ont rien à ramener chez eux".

Selon une enquête, 47% des ménages sud-africains n'avaient plus de quoi s'acheter à manger en avril, premier mois du confinement. Plus de deux millions de personnes ont basculé dans l'insécurité alimentaire depuis le début de la crise sanitaire, estime l'ONG Oxfam.

Réception d'une cargaison de choux invendus sur un marché de Johannesburg, le 17 février 2021 en Afrique du Sud
Réception d'une cargaison de choux invendus sur un marché de Johannesburg, le 17 février 2021 en Afrique du Sud ( Michele Spatari / AFP )

"Les conséquences économiques sont retombées sur les plus pauvres", explique Tracy Ledger, chercheuse sur la sécurité alimentaire en Afrique du Sud.

"Sauveurs de légumes"

Les associations plaident depuis longtemps pour que la loi change en Afrique du Sud. Légalement, la personne qui produit un aliment est responsable de ce qu'il en advient et les élans de générosité sont souvent freinés par la crainte d'une amende pour avoir donné des denrées "impropres à la consommation".

Hanneke van Linge, fondatrice du groupe de sauvetage alimentaire Nosh, au grand marché de fruits et légumes de City Deep, à Johannesburg le 17 février 2021 en Afrique du Sud
Hanneke van Linge, fondatrice du groupe de sauvetage alimentaire Nosh, au grand marché de fruits et légumes de City Deep, à Johannesburg le 17 février 2021 en Afrique du Sud ( Michele Spatari / AFP )

"Beaucoup d'agriculteurs, de revendeurs et d'hôtels ne veulent pas donner leurs surplus par crainte des litiges", explique Hanneke Van Linge, fondatrice du groupe sud-africain de sauvetage alimentaire Nosh.

Mais peu à peu, avec les ravages sur l'économie engendrés par le Covid, cet état de fait évolue.

Dans un coin de l'immense marché de City Deep à Johannesburg, une odeur de pourriture flotte au-dessus de 500 sacs de choux brunis, mis à l'écart par les patrouilles d'inspecteurs de la sécurité sanitaire des aliments.

Affairés, les bénévoles de Nosh tâchent de rester discrets.

"Retirons les feuilles pourries avant de charger", souffle Mme Van Linge. "S'il y a des feuilles de chou qui volent partout, ça ne fera qu'attirer l'attention."

Après avoir convaincu le vendeur de faire don du lot, la militante a monté une petite équipe pour sortir en catimini la marchandise avant l'intervention de la garde sanitaire.

Plus tard, ils iront sauver des patates douces dont la date limite de consommation est dépassée.

Un peu plus loin, des machines écrasent des caisses d'avocats abîmés et de tomates molles. Le tout sera mis dans un camion, direction la décharge.

"Je ne peux pas regarder", s'écrie Hanneke Van Linge.

Des bénévoles préparent un repas à base d'invendus pour les résidents d'une maison de retraite, le 17 février 2021 à Johannesburg, en Afrique du Sud
Des bénévoles préparent un repas à base d'invendus pour les résidents d'une maison de retraite, le 17 février 2021 à Johannesburg, en Afrique du Sud ( Michele Spatari / AFP )

Nosh a réussi à récupérer 880 tonnes de produits ces dix derniers mois, quatre fois plus qu'en 2019.

Dans un entrepôt pas loin, les choux à la gueule cassée sont lavés, triés, brossés, par des cuisiniers bénévoles. Sous les feuilles pourries, la chair est encore ferme et blanche.

"Les gens ne savent pas qu'ils peuvent sauver ces légumes pour les servir à quelqu'un", regrette Jane Gqozo, 43 ans, une ancienne employée de restaurant désormais bénévole.

 ■

Copyright © 2021 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
2 avis
Note moyenne : 3.50
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

UNE OFFRE EXCLUSIVE EN FRANCE AVEC

Grâce à un partenariat exclusif en France avec Morgan Stanley, Bourse Direct propose, à ses clients et en exclusivité, la plus large gamme de produits de bourse jamais présentée jusqu'ici sur le marché français.

» Découvrir

PRODUITS A EFFET DE LEVIER PRESENTANT UN RISQUE DE PERTE EN CAPITAL EN COURS DE VIE ET A L'ECHEANCE.
Produits à destination d'investisseurs avertis disposant des connaissances et de l'expérience nécessaires pour évaluer les avantages et les risques. Consultez la rubrique “facteurs de risques”.

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 26/02/2021

Le chiffre d'affaires 2019/2020 de Televerbier s'est établi à 49,4 MCHF (46,2 ME), en diminution de 13,3% par rapport à l'exercice précédent...

Publié le 26/02/2021

Le Groupe Bel annonce un Chiffre d'affaires annuel de 3...

Publié le 26/02/2021

Bic annonce la finalisation de la cession de PIMACO, son activité d'étiquettes adhésives au Brésil, à Grupo CCRR pour un montant de 40 millions de...

Publié le 26/02/2021

Le Groupe Hiolle Industries a prouvé au cours de l'exercice 2020 sa capacité à s'adapter et sa résilience face à une crise majeure...

Publié le 26/02/2021

L'Union Financière de France a publié un Produit Net Bancaire de 179,1 millions d'euros, en baisse de 11% sur l'année après un repli de 18% au premier semestre 2020. Le résultat d'exploitation a…

Votre compte bourse direct

L'ouverture de votre compte Bourse Direct est gratuite et s'effectue en ligne en quelques minutes. Dans le cas d'un transfert de compte, Bourse Direct prend en charge 100% de vos frais, à hauteur de 200 € par compte.

  • Pas de dépôt minimum
  • 0€ de droits de garde
  • 0€ d'abonnement
  • 0€ de frais de tenue de compte,

Demande de documentation

Ouvrir mon compte Bourse Direct en ligne