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Coronavirus: des milliards pour l'économie, mais lesquels?

| AFP | 419 | Aucun vote sur cette news
Coronavirus : mobilisation des Etats et Banques centrales
Coronavirus : mobilisation des Etats et Banques centrales ( John SAEKI / AFP )

Le capitaine Haddock n'y retrouverait pas ses sabords. Milliards de financement direct, milliards d'allègements de charges, milliards de garanties de prêts... Difficile d'y voir clair dans les plans de soutien à l'économie annoncés dans le monde face au coronavirus, et qui ne suffiront peut-être pas.

. Bazooka

Chefs d'entreprises, analystes de marchés, économistes, sont unanimes: tout le monde est en quête de cash. "On assiste à un mouvement de panique où les marchés comme les entreprises cherchent des liquidités à tout prix, et vendent tout ce qui est vendable", observe Agnès Benassy-Quéré, professeur à l'Ecole d'économie de Paris.

Pour stopper l'hémorragie dans ce contexte de "situation exceptionnelle", note l'économiste en chef de l'assureur Allianz Ludovic Subran, "on est entré dans une surenchère entre acteurs de politiques publiques, gouvernements et banques centrales". Ils font le plus possible d'annonces "plutôt que de procéder un peu à tâtons, ce qui a été reproché à la BCE au début".

La Banque centrale européenne avait en effet provoqué un mouvement de panique sur les marchés en annonçant le 12 mars des mesures jugées insuffisantes, avant de rectifier le tir mercredi au "bazooka": 750 milliards d'euros de rachats de dette publique et privée d'ici la fin d'année.

. Milliards, milliards et milliards

L'objectif de la BCE est d'inciter les banques européennes à maintenir, ou relancer, les prêts aux entreprises d'abord, ainsi qu'aux ménages. En d'autres termes, à abreuver l'ensemble de liquidités pour affronter cette période où leurs recettes seront très faibles voire nulles.

De manière générale, les mesures annoncées par les Etats sont de trois grands ordres. "Il y a les mesures de stricte liquidité, comme les reports d'impôts ou le chômage partiel", les "mesures budgétaires qui ne seront pas remboursées comme le chômage partiel, l'assurance chômage, d'éventuels allègements d'impôts", "et il y a les garanties sur les emprunts des PME", égrène Agnès Benassy-Quéré, qui observe que "toutes ne pourront peut-être pas les rembourser". Les gouvernements devront donc compenser ces défaillances.

Les ordres de grandeur? "Des milliers de milliards de liquidités, des centaines de milliards de facilitation de dettes publiques prêtées par les Etats aux entreprises, et des dizaines de milliards supplémentaires" d'investissements dans la santé ou les infrastructures, complète Ludovic Subran.

. Qui va payer la facture?

Nombreux sont ceux sur les réseaux sociaux à rappeler à Emmanuel Macron qu'il avait déclaré, quelques mois avant la crise sanitaire, qu'il n'y avait "pas d'argent magique" à investir dans l'hôpital public.

"Il y a une grosse différence, quand même, entre faire un plan de plusieurs dizaines de milliards qui s'arrête dans le temps, et mettre en place un poste de dépenses récurrentes!", pondère Agnès Benassy-Quéré. A ses yeux, la situation l'exige d'autant plus qu'elle "ressemble à ce qui se passe pendant une guerre d'un point de vue monétaire et financier".

S'il n'y a pas de destruction des sites de production ni de la force productive, il n'y a dans ce genre de situations "pas d'autre moyen que d'émettre beaucoup de dette et de faire en sorte qu'elle soit rachetée par les banques centrales". "L'ensemble des acteurs va payer", complète Ludovic Subran, pour qui "un savant mélange d'inflation et d'impôts" une fois la crise résorbée devrait permettre de compenser ces dépenses gargantuesques.

. Pourquoi les marchés baissent-ils?

Malgré le chapelet d'annonces spectaculaires, les marchés boursiers n'ont pas stoppé leur dégringolade. "Les marchés sont +en mode+ aversion au risque parce qu'ils ont intégré qu'on est sur une récession qui sera très certainement unique par son ampleur", explique à l'AFP Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

"Il faut aller au-delà des reports de fiscalité et des garanties d'Etat", estime-t-il encore, proposant, sur le modèle étasunien, de doper la demande en donnant de l'argent aux ménages, "mais dans le bon tempo, quand la crise sera endiguée et que les entreprises vont rouvrir". Autre piste: "une baisse temporaire mais extrêmement drastique de la fiscalité d'entreprise".

. La stabilité des Etats est-elle menacée?

Ce ne sera pas bon pour l'équilibre budgétaire des Etats mais, après tout, même l'Allemagne s'est dite prête à remettre en question momentanément sa sacro-sainte orthodoxie budgétaire. A part peut-être pour l'Italie, "il n'y a strictement aucune préoccupation sur la dette souveraine" car ce sont les banques centrales qui détiennent la dette des grands Etats développés, empêchant trop d'emballement sur ces marchés, assure encore Christopher Dembik.

En revanche, Ludovic Subran s'inquiète de voir le coronavirus se propager dans des pays dont les reins sont moins solides, notamment en Afrique. "Toutes les mesures internationales sont prises sans aucune coordination, c'est assez sans précédent" et inquiétant pour les économies ne pouvant affronter l'épreuve seules.

Même les pays développés ne sont pas à l'abri de lendemains pénibles: les milliards ventilés par la force publique dans le secteur privé "ont complètement redéfini le rôle de l'Etat au sens large", observe encore l'économiste en chef d'Allianz. "C'est peut-être le mieux dans une période de navigation à vue, mais sortir de cette situation va être d'une complexité sans nom". A quel moment, en effet, arrêter les dispositifs maintenant les entreprises sous perfusion?

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