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Cession de 4,5% du capital d'Engie: les syndicats inquiets

| AFP | 300 | Aucun vote sur cette news
Pour les syndicats, l’Etat doit
Pour les syndicats, l’Etat doit "garder la maîtrise et le contrôle des entreprises de l’énergie" ( ERIC PIERMONT / AFP/Archives )

Plusieurs syndicats d'Engie ont réagi mercredi à la cession par l’Etat de 4,5% du capital du groupe énergétique, estimant que l’Etat devait "garder la maîtrise et le contrôle des entreprises de l’énergie" et s'inquiétant qu'il perde "sa capacité de blocage".

L’Etat a annoncé mardi avoir cédé 111 millions d'actions, soit 4,5% du capital du groupe énergétique Engie (ex-GDF Suez), pour un montant de 1,53 milliard d'euros, entamant ainsi son plan annoncé cet été de cession de certaines de ses participations dans des entreprises françaises. Sur ce volume, 0,46% a été cédé directement au groupe.

Après cette opération, l’État détient désormais 24,1% du capital d'Engie et 27,6% des droits de vote, ce qui inquiète la CGT, la CFDT et FO, même si l’État reste l'actionnaire de référence.

La loi oblige l’État à détenir au moins un tiers des droits de vote ou du capital d'Engie, avec une dérogation possible pendant deux ans.

"L’Etat libéral abandonne le service public du gaz", proteste la CGT dans un communiqué, en rappelant qu'il avait "déjà vendu le même volume (d'Engie) en début d’année". Pour la CGT, l’État "doit garder la maîtrise et le contrôle des entreprises de l’énergie afin de garantir la pérennité, la qualité et la sécurité du service public".

Le syndicat dénonce par ailleurs les "miettes" données au personnel, à qui sera proposée une partie des actions vendues par l’Etat, à l’heure où le groupe "détruit des milliers d’emplois et délocalise dans des pays à faibles coûts".

La CFDT observe de son côté qu'avec cette opération, l’Etat "perd sa capacité de blocage".

Et même s'il "devrait la retrouver mécaniquement à la première assemblée générale au printemps 2018 du fait de la loi Florange et des votes doubles qu’elle induit", l'opération n'est "pas sans risque", souligne la CFDT, car "d’ici cette échéance, l’État n’est plus en capacité de bloquer une OPA sur le groupe".

La CFDT estime aussi que, "dans le contexte actuel de transition énergétique, la stratégie de l’Etat en termes de participation et d’influence ne peut s’envisager sur une vision à court terme".

Quant à FO, elle "condamne" l'opération et "craint que, dans un proche avenir, le seuil d’un tiers des droits de vote ne soit purement et simplement supprimé".

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