En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.
  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 919.02 PTS
+0.59 %
5 934.5
+0.86 %
SBF 120 PTS
4 655.99
+0.57 %
DAX PTS
13 282.72
+0.46 %
Dow Jones PTS
28 135.38
+0.01 %
8 487.71
+0.25 %
1.112
0. %

Carlos Ghosn: une ligne de défense compliquée dans une affaire exceptionnelle

| AFP | 1105 | 3 par 1 internautes
L'ancien patron de Nissan Carlos Ghosn escorté lors de sa sortie du centre de détention de Tokyo le 25 avril 2019
L'ancien patron de Nissan Carlos Ghosn escorté lors de sa sortie du centre de détention de Tokyo le 25 avril 2019 ( Behrouz MEHRI / AFP/Archives )

Tombé il y a un an dans les filets des procureurs japonais, l'ex-patron adulé de Nissan Carlos Ghosn martèle qu'il est victime d'une machination fabriquée de toutes pièces, une ligne de défense qui divise les juristes.

L'ancien patron tout-puissant de l'alliance Renault-Nissan, dont il a été l'artisan à partir de 1999, a été interpellé le 19 novembre 2018 alors qu'il atterrissait à Tokyo.

Libéré sous caution après 130 jours en détention, il fait l'objet de quatre inculpations: deux pour non déclaration aux autorités boursières de rémunérations différées, et deux autres pour abus de confiance aggravé. Il encourt jusqu'à 15 ans de prison.

Le patron déchu, assigné à résidence à Tokyo dans l'attente de son procès, nie tout en bloc.

Carlos Ghosn
Carlos Ghosn ( Gal ROMA / AFP )

Sur le fond de l'affaire, il argue à propos de sa rétribution que Nissan ne lui avait nullement promis contractuellement un montant déterminé de rémunération post-retraite.

"L'obligation de déclarer des revenus différés est légalement discutable et en tout état de cause cela n'aurait pas dû entraîner une arrestation", juge Nobuo Gohara, un avocat japonais non impliqué dans le dossier mais qui l'analyse depuis le début, et dont le raisonnement est proche de celui des principaux défenseurs de M. Ghosn.

- "Cette affaire n'aurait jamais dû exister" -

"Si l'on se place du point de vue des actionnaires de Nissan, le fait de ne pas retranscrire les montants exacts de rémunération des dirigeants, même différés, fausse leur vision de l'entreprise et leurs décisions d'investissement. Si le montant était décidé, cela devait figurer, c'est le point clef", estime au contraire l'avocat Yasuyuki Takai, ancien inspecteur de l'unité spéciale d'enquête du bureau des procureurs de Tokyo.

Concernant l'abus de confiance, M. Ghosn assure que les fonds versés par Nissan à des distributeurs automobiles d'Oman et d'Arabie saoudite l'ont été avec le consentement d'autres dirigeants du groupe et pour des prestations effectivement réalisées au bénéfice de Nissan.

Carlos Ghosn arrive à une audience au tribunal à Tokyo, le 24 juin 2019
Carlos Ghosn arrive à une audience au tribunal à Tokyo, le 24 juin 2019 ( Kazuhiro NOGI / AFP/Archives )

Il jure qu'il ne s'agissait pas de récompenser des amis, ni d'obtenir de leur part des rétro-commissions déguisées, comme l'affirment les enquêteurs.

"La question est: est-ce que les paiements effectués sont ou non légitimes? Si l'entreprise a jugé qu'ils l'étaient, il n'y a pas délit", pense M. Gohara.

"Mais si, comme le disent les procureurs, il existe des preuves montrant une entente préalable entre M. Ghosn et ces distributeurs, c'en est un", rétorque M. Takai.

Reste que M. Ghosn et ses avocats sont persuadés que les poursuites à l'encontre de leur client reposent "sur une collusion entre Nissan et les procureurs", avec la bénédiction du gouvernement japonais, dans le but de tuer dans l'oeuf un projet de fusion de Renault et Nissan.

"Le cas Ghosn fut un énorme choc mondial qui révèle de très gros problèmes dans le fonctionnement de la justice japonaise", abonde M. Gohara. "Cette affaire n'aurait jamais dû exister. On ne peut que penser que le but ultime était d'arrêter Carlos Ghosn", tranche-t-il.

Dans une tribune dimanche, des parlementaires français ont exhorté l'Etat français à oeuvrer en faveur d'un rapatriement de Carlos Ghosn en France afin de lui assurer "un procès équitable".

Mais le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire leur a opposé une fin de non-recevoir, se refusant à toute "ingérence" de la France dans ce dossier au Japon, un "Etat souverain et Etat ami". Il a estimé que lui et gouvernement français avaient fait "tous les choix qui étaient respectueux de la présomption d'innocence de Carlos Ghosn et de la justice japonaise".

Chances infimes

La requête en nullité déposée le 24 octobre auprès du tribunal permet à la défense de dénoncer des actes de procédure qu'elle considère comme illégaux: saisie des téléphones de la femme de M. Ghosn, perquisitions effectuées par des avocats de Nissan dans des résidences privées, etc.

Carlos Ghosn et son épouse Carole au festival de Cannes, le 26 mai 2017
Carlos Ghosn et son épouse Carole au festival de Cannes, le 26 mai 2017 ( LOIC VENANCE / AFP/Archives )

Mais les chances de succès de cette méthode sont infimes: "il n'y a pas de précédents et les tribunaux japonais sont très réticents à accepter ce type d'arguments", reconnaît auprès de l'AFP Takashi Takano, un des avocats japonais de M. Ghosn.

"Le véritable but des avocats est d'obtenir l'acquittement. Cette demande de nullité n'a aucune chance d'aboutir. Cela ne sert qu'à apaiser l'accusé et à dire publiquement que, selon eux, les procureurs et Nissan ont fait des choses horribles", estime M. Takai.

Reste qu'au-delà de la théorie du "coup d'Etat" destiné à le chasser de Nissan, la défense de M. Ghosn n'a jusqu'à présent pas dégainé de contre-arguments très étayés censés démonter l'accusation ou prouver son innocence.

En attendant, ses avocats réitèrent aussi leurs requêtes pour qu'il puisse voir son épouse Carole, avec qui il n'a pas le droit d'entrer en contact depuis avril. En vain jusqu'à présent.

"J'espère" que les juges vont changer d'avis avant les fêtes de fin d'année, souffle M. Takano.

 ■

Copyright © 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
1 avis
Note moyenne : 3
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

OFFRE ASSURANCE VIE

BOURSE DIRECT HORIZON

Découvrez le nouveau contrat d'assurance vie de Bourse Direct

JUSQU'A 170 € DE PRIME OFFERTE*
OU 500 € OFFERTS* EN FRAIS DE COURTAGE

* SOUS CONDITIONS

Pour toute 1ère adhésion au contrat d’assurance vie Bourse Direct Horizon avant le 31 décembre 2019 inclus, avec un versement initial investi à 20% minimum sur un (ou des) support(s) d'investissement en unités de compte non garantis en capital.

Je profite de l'offre

PRIMÉ MEILLEUR NOUVEAU CONTRAT D’ASSURANCE VIE

Ce contrat présente un risque de perte en capital.

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 13/12/2019

L'opération se conclut à 590 ME pour 50% de participation...

Publié le 13/12/2019

La société anglaise Clugston, associée au Groupe CNIM en tant que génie civiliste pour plusieurs contrats de réalisation d'usines de valorisation de...

Publié le 13/12/2019

Wendel et d'autres actionnaires existants d'Allied Universal ont finalisé la cession d'une part majoritaire de leur participation dans la société à...

Publié le 13/12/2019

Au premier semestre, clos fin septembre, EuropCorp a essuyé une perte nette, part du groupe, de 22,7 millions d’euros contre une perte de 88,9 millions d’euros, un an plus tôt. Le premier…

Publié le 13/12/2019

En novembre 2019, le trafic de Paris Aéroport ressort en hausse de 0,9 % par rapport au mois de novembre 2018 avec 7,9 millions de passagers accueillis, dont 5,7 millions à Paris-Charles de Gaulle…