En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.
  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 583.00 PTS
-0.56 %
5 598.50
-0.28 %
SBF 120 PTS
4 410.24
-0.31 %
DAX PTS
12 408.09
-0.18 %
Dowjones PTS
27 336.80
+0.00 %
7 938.26
+0.14 %
1.122
+0.06 %

Canicule et production nucléaire ne font pas bon ménage

| AFP | 449 | 5 par 1 internautes
La centrale nucléaire du Bugey en avril 2016
La centrale nucléaire du Bugey en avril 2016 ( PHILIPPE DESMAZES / AFP/Archives )

Impacts sur la production, sur l'environnement et risques potentiels pour la sûreté: canicule et centrales nucléaires ne font pas bon ménage, mais les acteurs du secteur se veulent rassurants.

L'eau source de préoccupation

Pour la canicule en cours, EDF n'a pas eu besoin de freiner son activité, mais l'été est loin d'être terminé.

En août 2018, la poussée du mercure avait contraint l'exploitant à moduler voire interrompre la production de réacteurs à Bugey, Saint-Alban et Fessenheim, pour cause de surchauffe du Rhône et du Grand Canal d'Alsace. A Bugey, une vigilance vient juste d'être levée, selon EDF.

Objectif: limiter l'échauffement de l'eau nécessaire au refroidissement des réacteurs, prélevée puis rejetée dans les rivières. Cette mesure, encadrée par des limites réglementaires de températures de l'eau à l'aval, vise à limiter les dégâts sur la faune et la flore environnantes.

Cette question de l'eau, outre des contraintes de production, pose aussi des contraintes de sûreté quand les fleuves et rivières atteignent un niveau et un débit trop faibles, freinés par des canicules à répétition et les sécheresses qui les accompagnent.

"En 2018, il n'y a pas eu de phénomène d'étiage perturbant l'exploitation ou mettant en cause la sûreté des réacteurs", souligne l'Institut de radioprotection et sûreté nucléaire (IRSN).

Centrales à Cruas et Meysse, près du Rhône
Centrales à Cruas et Meysse, près du Rhône ( PHILIPPE DESMAZES / AFP/Archives )

Mais après un hiver déficitaire en pluies, l'état des fleuves le permettra-t-il cette année? EDF assure qu'"il n'y a pas d'inquiétude à ce jour".

Avec le réchauffement climatique, le débit moyen des cours d'eau devrait diminuer, de 10 à 40% à horizon 2050-2070 comparé à aujourd'hui, selon le ministère de la Transition énergétique. Ce qui promet une multiplication des conflits d'usage: agricole, domestique, industriel, énergétique etc.

Équipements renforcés

Quid de l'air? Au coeur de la centrale, des températures élevées peuvent, en cas d'équipements sous-dimensionnés, affecter le fonctionnement des ventilations et les capacités de refroidissement des systèmes de sûreté pour évacuer la puissance du réacteur, souligne l'IRSN.

Les températures maximales de référence, fixées à la conception des centrales dans les années 70, ont été dépassées en 2003, poussant EDF à les réviser et à renforcer ses équipements.

Les performances des échangeurs thermiques refroidissant l'eau des systèmes de sûreté avec l'eau de la rivière (ou de la mer) ont été augmentées, des climatiseurs installés, des batteries froides ajoutées sur certains systèmes de ventilation...

"Dans les locaux des bâtiments de sauvegarde, il y a des pompes, des diesels, tout un tas de systèmes de sauvegarde qui fonctionnent correctement jusqu'à une certaine température", explique Olivier Dubois, adjoint au directeur de l'expertise de sûreté de l'IRSN.

Lors des examens décennaux de sûreté, EDF continue à revoir ses températures de référence, en fonction aussi des prévisions climatiques du Giec, ajoute-t-il. Les ventilations de certains locaux devront ainsi être renforcées pour les réacteurs de 900 MWe.

Diesels de secours au crible

"On considère que les modifications engagées par EDF sont suffisantes pour gérer la situation, même si les épisodes caniculaires se reproduisent", résume M. Dubois. "Sous réserve des essais sur les diesels".

Ces groupes électrogènes (ou "diesels") de secours sont des matériels essentiels à la sûreté en cas d'accident, dont le fonctionnement pourrait être altéré par de fortes températures extérieures, craint l'IRSN.

"Si ces diesels ne produisent pas la puissance nécessaire en cas d'accident, là c'est un vrai problème de sûreté", explique Olivier Dubois. "On a donc demandé à EDF de les tester en période de grand chaud. Car quand la température de l'air augmente, le rendement du moteur baisse".

Un essai a été mené la semaine dernière à Dampierre, qui doit être reproduit sur toutes les centrales.

"Une canicule est une agression qui peut mettre en cause la sûreté des centrales, donc c'est important, c'est quelque chose qui se produit presque chaque année" désormais, rappelle M. Dubois.

Quant aux risques pour l'approvisionnement en électricité, RTE, le gestionnaire du réseau à haute tension, rassure, pour cet été comme les suivants. "L'été, la consommation est tellement moins importante qu'en hiver (du simple au double) qu'il n'y aura pas de problème. Et plus ça va, plus les énergies renouvelables arrivent, et plus se pose la question inverse: comment gérér la forte production?"

 ■

Copyright © 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
1 avis
Note moyenne : 5
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 17/07/2019

Le secteur du luxe est recherché en bourse en ce milieu de semaine à l'image de Hermes qui grimpe de 2,14% à 648 euros en tête du CAC40...

Publié le 17/07/2019

AXA annonce l'extension de sa stratégie Payer-to-Partner dans les marchés émergents. L'assureur va créer un écosystème de santé numérique et physique en ouvrant ses propres centres médicaux…

Publié le 17/07/2019

Jusqu'à présent, l'aventure boursière de Showroomprivé n'a pas enrichi grand monde à l'exception notable des fondateurs de la société...

Publié le 17/07/2019

Technicolor décroche de 7% à 0,75 euro, au plus bas depuis 20 ans...

Publié le 17/07/2019

Textron a décidé de suspendre le programme Hemisphere, pour lequel le moteur Silvercrest développé par Safran Aircraft Engines avait été sélectionné. Le contrat initial entre Cessna (Textron…