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Budget de l'Italie: Salvini prend la mouche

| AFP | 421 | 5 par 1 internautes
Le vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, le 14 novembre 2018 à l'aéroport de Pratica di Mare au sud de Rome
Le vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, le 14 novembre 2018 à l'aéroport de Pratica di Mare au sud de Rome ( Alberto PIZZOLI / AFP/Archives )

Le vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, s'est offusqué jeudi de remarques faites par le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, sur le budget italien, retoqué par Bruxelles, dans un climat déjà tendu entre les deux hommes.

Tout a commencé mercredi, quand M. Salvini, leader de la Ligue (extrême droite), un des deux partis de la coalition au pouvoir avec le Mouvement 5 étoiles (M5S), a ironisé sur la décision de Bruxelles de rejeter le budget italien. "La lettre de l'UE est arrivée? J'attends aussi celle du Père Noël", s'est-il moqué.

Jeudi, dans un entretien avec le Corriere della Sera, M. Moscovici a répliqué, en demandant à l'Italie de faire preuve de respect et de "ne pas tirer sur le pianiste".

"Je ne suis pas le père Noël, je suis le commissaire aux Affaires économiques et je pense que ces questions doivent être traitées avec respect réciproque, sérieux et dignité", a-t-il déclaré, en appelant de nouveau au dialogue.

Il a par ailleurs assuré que les commentaires de la Commission sont "toujours prudents", a fortiori dans le cas de l'Italie où le gouvernement est "particulier avec des leaders politiques parfois agressifs".

Dans la matinée, à Paris, M. Moscovici a souligné que trouver un accord était "vraiment la volonté de la Commission européenne et la (sienne)".

"Nous ne pouvons trouver de solution qu'ensemble", a-t-il dit, en soulignant que si on ne "meurt pas" d'une procédure pour déficit excessif, "il vaut mieux éviter d'y entrer".

"Le problème d'un accord, c'est qu'il faut s'entendre sur ce que ça peut être (…) On travaille dans le cadre des règles. Ca ne peut pas être une discussion de marchands de tapis", a-t-il dit.

Une remarque que M. Salvini n'a pas laissé passer. "Le peuple italien n'est pas un peuple de marchands de tapis ou de mendiants. Moscivici continue à insulter l'Italie, mais son salaire est payé aussi par les Italiens", a-t-il fustigé.

"Maintenant, ça suffit: la patience est terminée", a martelé le ministre de l'Intérieur. "J'en ai marre des insultes qui arrivent chaque jour de Bruxelles et de Paris".

M. Salvini a par ailleurs réaffirmé que le gouvernement ne modifierait pas son budget 2019, qui prévoit un déficit à 2,4% du PIB, malgré les spéculations de la presse italienne en ce sens depuis mercredi.

- "Pas de rébellion" -

"Nous, des pas en arrière, nous n'en faisons pas", a-t-il affirmé, en soulignant qu'il ne renoncerait notamment jamais à la réforme de la loi sur les retraites, qui prévoit un départ facilité.

"Je ne veux me disputer avec personne, mais je dois choisir entre Bruxelles et les Italiens et le choix est facile", a-t-il encore lancé, en demandant "le respect pour le peuple italien".

Dans un ton plus modéré, le chef du gouvernement Giuseppe Conte a lui aussi maintenu le cap sur la loi de finances.

"Si c'est dans l'intérêt des Italiens, nous ne sommes disposés à renoncer à rien", a-t-il affirmé, alors qu'on lui demandait à quoi il était prêt à renoncer dans le cadre des négociations avec la Commission.

Il a précisé "avoir hâte de dialoguer avec le président (de la Commission Jean-Claude) Juncker et les autres commissaires invités au dîner de samedi".

"J'expliquerai qu'il s'agit d'un budget conçu dans l'intérêt des Italiens et évidemment également de l'Europe: donc il n'y a pas de prétendue rébellion, aucune prétendue désobéissance aux règles communes", a ajouté M. Conte.

M. Conte a souligné que "la réduction de la dette (était) un objectif commun avec l'Europe": "nous sommes en train de travailler à (sa) réduction" en "orientant le pays vers la croissance".

"Nous voulons un pays plus compétitif (...) Les recettes orientées vers l'austérité ces dernières années ont échoué. Ceci est notre recette", a-t-il encore affirmé.

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