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Brexit: Theresa May évite de justesse une lourde défaite devant le Parlement

| AFP | 251 | Aucun vote sur cette news
Theresa May attendant Donald Trump à Chequers, au nord-ouest de Londres, le 13 juillet 2018
Theresa May attendant Donald Trump à Chequers, au nord-ouest de Londres, le 13 juillet 2018 ( Brendan Smialowski / AFP/Archives )

La Première ministre britannique Theresa May a évité mardi de justesse une défaite qui aurait été lourde de conséquences, avec le rejet au Parlement d'un amendement contraire à ses objectifs sur le Brexit, défendu par des rebelles pro-UE de son camp conservateur.

Cet amendement "18" au projet de loi sur les relations commerciales après le Brexit ("Trade Bill") stipulait qu'en l'absence d'accord avec l'UE sur la création d'une zone de libre échange pour les biens, un des objectifs visés par Theresa May, le gouvernement aurait dû chercher à rester dans une union douanière, ce qui va à l'encontre de ses projets.

Introduit par des rebelles pro-UE du parti conservateur, l'amendement avait reçu le soutien de membres de l'opposition travailliste, une alliance témoignant des divisions qui agitent la classe politique britannique sur la question de la sortie de l'Union européenne.

Le gouvernement a frôlé la catastrophe, la clause n'ayant été rejetée que par 307 voix contre 301. Cette question évacuée, le projet de loi sur les relations commerciales a été adopté dans la foulée par 317 voix contre 286, et doit maintenant être examiné par les Lords, la chambre haute du Parlement britannique.

Ce texte vise à mettre en place un cadre réglementaire pour faciliter la conversion des accords commerciaux de l'UE en accords bilatéraux entre Royaume-Uni et pays tiers. Concrètement, il doit permettre d'éviter tout vide juridique au jour du Brexit, le Royaume-Uni retrouvant alors ses pleins pouvoirs en matière commerciale, jusqu'ici délégués à l'UE.

Les débats sur l'amendement "18" ont donné lieu à des échanges particulièrement tendus entre les conservateurs. Selon un journaliste de la chaîne Sky News et un député travailliste, les tories europhiles ont fait l'objet de "menaces" formulées par les "Whips", les députés chargés de faire respecter la discipline au sein des partis.

Les rebelles pro-UE ont néanmoins enregistré une victoire symbolique, avec l'adoption d'un amendement réclamant un maintien dans le Réseau européen de réglementation des médicaments.

- Parlement "paralysé" -

Les europhiles étaient particulièrement remontés après l'adoption lundi d'un autre projet de loi lié au Brexit, portant sur l'organisation des douanes, voté au prix de concessions accordées aux partisans d'un divorce sans concession.

Les conditions dans lesquelles le gouvernement de Theresa May a fait passer ces deux textes illustrent les difficultés de la Première ministre à unir son parti derrière son "plan de Chequers", une proposition destinée à maintenir une relation commerciale étroite avec l'UE après le Brexit.

Perçu par les tenants d'un Brexit dur comme un dévoiement du référendum ayant décidé la sortie de l'UE en juin 2016, ce projet, dont les détails ont été dévoilés la semaine dernière, a provoqué les démissions fracassantes des ministres des Affaires étrangères, Boris Johnson, et du Brexit, David Davis, suivies d'autres défections.

Et alors que certains députés pro-UE semblaient prêts à accepter ce plan, les concessions faites lundi aux eurosceptiques ont provoqué un changement d'humeur. "J'ai commencé la semaine avec l'intention de soutenir la Première ministre. Mais tout a changé (lundi)", a déclaré le député conservateur Phillip Lee.

Le parlement étant "paralysé" sur la marche à suivre à un peu plus de huit mois du Brexit, "la seule manière de résoudre la situation, c'est de s'en remettre au peuple" et d'organiser un nouveau référendum, a estimé l'ancien Premier ministre travailliste Tony Blair, dans un entretien à l'AFP.

"Puisque le Brexit a démarré par un référendum, il ne peut que se terminer par un nouveau vote", a-t-il insisté.

L'idée d'une nouvelle consultation avait également reçu lundi le soutien de l'ancienne ministre de l'Education Justine Greening, première députée conservatrice de ce niveau à prendre ainsi position.

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