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Brexit: Londres écarte la possibilité d'une frontière dure avec l'Irlande

| AFP | 220 | 1 par 1 internautes
Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, s'est montré circonspect
Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, s'est montré circonspect ( GEORGES GOBET / AFP/Archives )

Le gouvernement britannique a écarté mercredi la possibilité d'une frontière dure avec l'Irlande après le Brexit, dans un document perçu comme une tentative de forcer la main au club des 27 en liant la question à celle de leurs futures relations commerciales.

La Commission européenne refuse d'engager des négociations commerciales avec le Royaume-Uni avant que ne soient résolus trois sujets prioritaires -- le sort des citoyens européens, la facture de sortie et la question de la frontière entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord.

Concernant l'Irlande, "il est essentiel d'avoir une discussion politique avant de se pencher sur les solutions techniques", a rappelé mercredi une porte-parole de l'exécutif européen.

Mais pour le Royaume-Uni, le futur partenariat commercial et les négociations de sortie doivent être discutés simultanément.

Une position qu'il a réitérée mercredi dans un document détaillant sa position sur la future frontière irlandaise, sa seule séparation terrestre avec l'Union européenne, avant le début d'une nouvelle session de négociations fin août à Bruxelles.

"Notre dialogue devrait, dans les meilleurs délais, se concentrer en particulier sur les questions les plus cruciales permettant d'aboutir à une frontière la moins conflictuelle et la plus homogène possible: les accords douaniers ainsi que les contrôles et procédures pour les biens particuliers", a écrit le gouvernement britannique.

Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, s'est montré circonspect. Il a salué "la clarté bien nécessaire" apportée par Londres, en particulier son engagement à maintenir le processus de paix en Irlande du Nord et la liberté de circulation entre les deux pays, mais il a prévenu qu'il restait "encore beaucoup de questions sans réponses" et que son pays refusait d'être "utilisé comme un pion dans une négociation plus large".

Arlene Foster, cheffe du parti unioniste nord-irlandais DUP, a estimé qu'il s'agissait là d'une
Arlene Foster, cheffe du parti unioniste nord-irlandais DUP, a estimé qu'il s'agissait là d'une "approche de sens commun" ( Paul FAITH / AFP/Archives )

Le retour d'une frontière entre les deux Irlande après la sortie du Royaume-Uni de l'UE, prévue en mars 2019, risquerait de provoquer un choc pour ces deux économies particulièrement imbriquées qui échangent aujourd'hui sans entraves, et pourrait fragiliser l'accord de paix dans le Nord.

Le ministère britannique chargé du Brexit a redit mercredi ne pas vouloir de retour des postes-frontières, symbole d'une frontière dure.

"Nous avons des principes très clairs. Notre priorité est de s'entendre sur l'absence d'infrastructures frontalières qui seraient un retour aux postes-frontières du passé et est totalement inacceptable pour le Royaume-Uni", a-t-il écrit.

Pour arriver à ce résultat, Londres propose deux approches à l'UE: un "nouveau partenariat douanier" qui permettrait "qu'il n'y ait pas de frontière du tout entre le Royaume-Uni et l'Irlande", ou bien "des arrangements douaniers", qui pourraient inclure notamment la suppression de déclarations d'entrée et de sortie des biens et des accords commerciaux spécifiques à l'Irlande du Nord.

Arlene Foster, la cheffe du parti unioniste nord-irlandais DUP, allié au gouvernement de Theresa May, a estimé qu'il s'agissait là d'une "approche de sens commun".

Mardi, le gouvernement britannique avait appelé de ses voeux un accord d'union douanière intérimaire d'environ deux ans avec l'UE après le Brexit, une proposition froidement accueillie par Bruxelles, qui la juge prématurée.

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