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Brexit: la finance britannique réclame une période de transition

| AFP | 435 | Aucun vote sur cette news
Les gratte-ciels de la City à Londres, le 27 octobre 2016
Les gratte-ciels de la City à Londres, le 27 octobre 2016 ( Daniel LEAL-OLIVAS / AFP/Archives )

Les milieux financiers britanniques accentuent la pression sur le gouvernement pour qu'il obtienne au plus vite une transition post-Brexit afin d'éviter de voir s'envoler activités et emplois vers l'Europe.

Dernier avertissement en date, le patron de la Bourse de Londres Xavier Rolet a prévenu mercredi que le Royaume-Uni avait jusqu'à la fin de l'année pour obtenir auprès de Bruxelles une période de transition.

"Il est impératif que des accords de transition soient conclus cette année", écrit le directeur général du London Stock Exchange (LSE) dans une tribune publiée par le quotidien britannique Daily Telegraph.

"Les entreprises ne peuvent pas prendre le risque d'être trop proches d'une falaise avant d'accélérer le déplacement d'activités en dehors du Royaume-Uni dans le but de prendre part au marché mondial", a-t-il expliqué.

M. Rolet a porté ce message dans la matinée devant des parlementaires et des chefs d'entreprises à Londres, estimant qu'une transition de trois ans serait appropriée pour le secteur financier.

Le Français exprime l'inquiétude partagée depuis des mois par l'ensemble des acteurs financiers établis au Royaume-Uni.

Le gouvernement de la Première ministre Theresa May souhaite cette période transitoire, pour une durée maximale de deux ans, à partir de la date prévue du Brexit en mars 2019.

La sortie de l'UE implique notamment que ces banques et assureurs ne puissent plus proposer leurs services sur l'ensemble du continent, puisque le départ du marché unique signifie la perte du passeport financier européen.

L'enjeu est également très important pour la compensation des transactions en euros, activités cruciales sur les marchés qui assurent la sécurité des échanges et sont logées pour une grande part à Londres, renforcant le rayonnement de la capitale britannique comme centre financier mondial.

L'Europe voudrait en reprendre le contrôle, jugeant qu'elles sont stratégiques pour le fonctionnement de la monnaie unique. Elles représentent toutefois aussi une source de revenus très importante pour le LSE.

- "Pas de marche arrière" -

M. Rolet met en garde contre la hausse des coûts que cela entraînerait pour les clients sans compter selon lui que "cela augmenterait le risque financier systémique", autrement dit celui d'une crise.

Il a même chiffré dans une intervention devant le régulateur européen des marchés mardi à Paris le coût d'une fragmentation du marché européen de la compensation à 20 milliards d'euros par an pour les investisseurs européens.

La Première ministre britannique Theresa May à Londres, le 18 octobre 2017
La Première ministre britannique Theresa May à Londres, le 18 octobre 2017 ( NIKLAS HALLE'N / AFP )

De premières estimations qui avaient circulé dans la City après le référendum du 23 juin 2016 évoquaient même le chiffre faramineux d'une centaine de milliers d'emplois menacés au Royaume-Uni.

La nécessité d'obtenir une période d'adaptation au Brexit est défendue par de nombreuses voix au sein du monde financier britannique, au moment où les entreprises deviennent "moins confiantes" dans le fait d'obtenir une transition douce, comme l'a relevé mardi le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE) Mark Carney.

Mêmes inquiétudes du côté de TheCityUK, un des principaux lobbies financiers du pays, qui a donné au gouvernement jusqu'au premier trimestre 2018 au plus tard pour un accord de transition afin d'éviter la perte "d'un grand nombre d'investissement et d'emplois vers l'Europe".

Les acteurs économiques "peuvent encore appuyer sur la pédale de frein si un accord de transition est conclu, mais sans progrès rapides, ce pourrait être trop tard. Une fois que les entreprises commencent à bouger, il n'y a pas de marche arrière", explique Miles Celic, directeur général de TheCityUK.

De nombreux grands noms de la banque ont déjà annoncé leur intention de déplacer des activités vers Francfort, Amsterdam, Paris ou Dublin, comme la britannique HSBC, la suisse UBS ou les américaines JPMorgan et Morgan Stanley.

L'ampleur de ces mouvements dépend toutefois de l'accord qui sera obtenu entre Londres et Bruxelles.

Ces prises de parole interviennent alors que les négociations sur le Brexit semblent sérieusement patiner, les deux parties se rejetant la responsabilité du peu d'avancées dans les discussions avant un sommet européen en fin de semaine, faisant peu pour rassurer les milieux d'affaires.

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