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Brexit: l'UE prête à fournir des garanties supplémentaires (Barnier)

| AFP | 444 | Aucun vote sur cette news
Des militants pro-Brexit manifestent devant le Parlement à Londres le 27 février 2019
Des militants pro-Brexit manifestent devant le Parlement à Londres le 27 février 2019 ( Daniel LEAL-OLIVAS / AFP/Archives )

L'Union européenne est prête à fournir des garanties supplémentaires au Royaume-Uni en vue de faciliter l'approbation par le Parlement britannique de l'accord sur le Brexit, déclare le négociateur européen Michel Barnier dans une interview publiée samedi par plusieurs journaux européens.

"Nous pouvons trouver des garanties pour confirmer, clarifier, garantir la bonne volonté et la bonne foi des Européens, avec des engagements qui auront une vraie force juridique car ils seront conjoints. Nous y travaillons jour et nuit", a déclaré M. Barnier lors d'un entretien avec Les Echos, Die Welt, La Stampa et El Mundo.

"Ces assurances peuvent être donnée dans un +document interprétatif+, dont la forme reste à définir, qui viendrait en plus du traité de sortie et de la déclaration politique", ajoute le négociateur européen.

Des militants anti-Brexit manifestent avec le groupe
Des militants anti-Brexit manifestent avec le groupe "Border communities against Brexit" sur une route qui traverse la frontière entre l'Irlande et l'Irlande du nord à Newry, en Irlande du nord, le 26 janvier ( Paul FAITH / AFP/Archives )

Selon lui, "il y a une incompréhension liée au +backstop+" ("filet de sécurité" en français), une disposition censée éviter le retour d'une frontière physique entre la République d'Irlande et la province britannique voisine d'Irlande du Nord après le Brexit, prévu officiellement le 29 mars.

"Certains au Royaume-Uni affirment craindre que les Européens ne l'utilise pour les maintenir indéfiniment dans un territoire douanier commun. Cela n'est pas et n'a jamais été notre volonté", assure M. Barnier.

La Parlement britannique a rejeté en début d'année l'accord de sortie de l'UE négocié pendant deux ans par Bruxelles et Londres, en raison notamment du "filet de sécurité", et la Première ministre Theresa May réclame en conséquence des changements.

Londres veut que le "backstop" soit limité dans le temps, ou bien veut être autorisé à y mettre fin de façon unilatérale.

Dans l'entretien, M. Barnier estime toutefois que "le limiter dans le temps ou introduire une clause unilatérale de sortie remettrait en cause sa crédibilité. (...) Il s'arrêtera quand nous aurons soit un accord global sur la relation future, soit un accord spécifique avec l'Irlande".

M. Barnier indique qu'il rencontrera la semaine prochaine le secrétaire d'État britannique chargé du Brexit Stephen Barclay et l'Attorney General Geoffrey Cox, chargé de conseiller juridiquement le gouvernement britannique.

De source bruxelloise, cette rencontre pourrait avoir lieu mardi à Bruxelles.

"Si les Britanniques veulent beaucoup plus qu'un accord de libre-échange, nous pouvons modifier en profondeur la déclaration politique qui pose les bases de la relation future. S'ils veulent une union douanière, nous sommes prêts et cela peut donner une autre dimension à la question de l'Irlande", assure M. Barnier.

"Il y a un chemin pour que les Britanniques puissent voter d'ici au 12 mars avec des garanties de notre bonne volonté. Ce sera alors à eux de prendre leurs responsabilités", dit-il, sans toutefois exclure que les discussions se prolongent au-delà du 29 mars.

"Les institutions européennes feront le nécessaire de leur côté mais les Britanniques nous ont dit par le passé qu'il leur fallait deux mois pour ratifier. Il faudrait alors toutefois une simple extension technique et parfaitement motivée. Il serait légitime que les Européens répondent oui", indique le négociateur européen.

Le principal négociateur de l'Union européenne pour le Brexit, Michel Barnier, arrive à une conférence de presse à Bruxelles le 6 février 2019
Le principal négociateur de l'Union européenne pour le Brexit, Michel Barnier, arrive à une conférence de presse à Bruxelles le 6 février 2019 ( Aris Oikonomou / AFP/Archives )

"La question n'est pas posée aujourd'hui. C'est au Royaume-Uni d'en faire la demande puis aux 27 de l'accepter éventuellement, à l'unanimité", précise-t-il.

Dans un tel scénario, "je ne crois pas qu'il y aura d'objections de principe mais la question qui se posera, c'est: pour quoi faire? Quels seront les nouveaux choix alors des Britanniques? La durée de l'éventuelle extension dépendra de la réponse qu'obtiendront alors les chefs d'Etats des 27. Il faudra des éléments nouveaux. L'extension doit servir à régler un problème, pas à juste le reporter à plus tard en restant dans l'impasse", a-t-il mis en garde.

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