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"Un accord proche" sur le règlement financier du Brexit, selon un commissaire UE

| AFP | 752 | 5 par 1 internautes
Par Brexit
Par Brexit "désordonné", la BoE entend une sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne sans accord avec des conséquences importantes sur les échanges commerciaux ou les marchés financiers ( EMMANUEL DUNAND / AFP/Archives )

Le Royaume-Uni est "très proche" d'un accord avec Bruxelles sur le règlement financier du Brexit, a assuré mercredi un commissaire européen, mais les chiffres avancés par les médias, qui s'élèvent jusqu'à 55 milliards d'euros, ont provoqué la colère des élus britanniques.

"Je me félicite que le Royaume-Uni ait présenté des propositions très proches des exigences des 27 Etats membres de l'UE (...) afin de parvenir à un accord" sur la première partie des négociations, a affirmé à Bruxelles le commissaire irlandais Phil Hogan.

Selon le Daily Telegraph et le Financial Times, l'exécutif britannique serait tombé d'accord avec les 27 sur un mode de calcul qui devrait l'amener à payer entre 45 et 55 milliards d'euros. Côté européen, la facture est officieusement évaluée à quelque 60 milliards d'euros, même si la Commission, qui négocie au nom des 27, n'a jamais donné de chiffre officiel.

Liz Truss, le 28 novembre 2017 à Londres
Liz Truss, le 28 novembre 2017 à Londres ( DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP )

Le gouvernement britannique a démenti qu'un accord ait été trouvé sur le montant de la facture que pourrait régler le Royaume-Uni en quittant l'Union européenne, qualifiant de "spéculations" les chiffres avancés.

"Notre équipe de négociateurs est actuellement à Bruxelles pour discuter du Brexit", a affirmé devant les députés Elizabeth Truss, la secrétaire en chef du Trésor. "Il serait complètement incorrect d'outrepasser ces discussions en commentant les spéculations sur un accord financier".

- Semaine prochaine -

Le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier -- qui a rencontré mercredi la chancelière allemande Angela Merkel -- a également démenti être parvenu à un accord. Mais il a dit espérer que ce soit le cas "très vite, la semaine prochaine".

Le 24 novembre, le président du Conseil européen Donald Tusk avait donné à Londres jusqu'au lundi 4 décembre -- "date limite absolue" -- pour "constater des progrès", en particulier sur le règlement financier et le contentieux irlandais, afin de pouvoir passer à la deuxième phase des négociations entre l'UE et le Royaume-Uni.

La Première ministre britannique Theresa May doit d'ailleurs avoir un déjeuner de travail ce jour là à Bruxelles avec le chef de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Quoiqu'il en soit, certains analystes estiment que Londres pourrait ne jamais jouer la transparence sur un chiffre pour éviter de s'exposer à la critique sur ce sujet très sensible sur le plan intérieur.

Certes, Theresa May a promis d'"honorer les engagements" contractés pendant la période d'adhésion de son pays à l'UE, mais sans préciser de montant.

Nigel Farage, député européen et ex-chef du parti europhobe UKip, au Parlement européen à Strasbourg, le 13 septembre 2017
Nigel Farage, député européen et ex-chef du parti europhobe UKip, au Parlement européen à Strasbourg, le 13 septembre 2017 ( PATRICK HERTZOG / AFP/Archives )

Déjà, le chiffre qui circule a provoqué la colère dans la classe politique britannique.

Dans une tribune publiée par le Daily Telegraph, Nigel Farage, député européen et ex-chef du parti europhobe Ukip, a jugé "inacceptable" un tel accord.

De l'autre côté du spectre politique, le leader du Parti libéral-démocrate, formation farouchement opposée au Brexit, a souligné la double perte subie par le Royaume Uni, qui doit payer "un lourd tribut" pour quitter une institution "dont il a bénéficié depuis des décennies". Il a renouvelé sa demande pour l'organisation d'un second référendum afin que les Britanniques se prononcent sur l'accord final.

Le député travailliste Chuka Umunna, pro-européen, a quant à lui estimé sur la radio BBC 4 que les chiffres cités dans la presse constituaient "le symbole évident de l'impossibilité à prononcer le Brexit dans les conditions qui ont été présentées au peuple britannique".

- 'Progrès suffisants'? -

Le règlement financier n'est pas la seule pomme de discorde.

Les 27 autres pays de l'UE réclament également des "progrès suffisants" sur deux dossiers épineux: la question des droits des Européens vivant au Royaume-Uni après le Brexit et les conséquences du divorce sur la frontière entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, qui semble désormais être la plus ardue.

Sur cette dernière question, "je pense que nous verrons du mouvement dans les prochains jours", a néanmoins prédit l'Irlandais Phil Hogan, se montrant optimiste.

Toutefois, dans une lettre à Michel Barnier, le Parlement européen a réclamé mercredi des "progrès supplémentaires", considérant que "des problèmes considérables persistent", notamment sur les droits des ressortissants européens installés outre-Manche après le Brexit, programmé le 29 mars 2019.

Les 27 sont censés annoncer lors d'un sommet à la mi-décembre dans la capitale belge s'ils acceptent d'ouvrir la deuxième phase des négociations, centrée sur l'avenir des relations entre l'UE et le Royaume-Uni, en particulier commerciales, que Londres s'impatiente de pouvoir commencer.

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