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Brexit: Londres manque de courage et Trump ferait mieux, selon Boris Johnson

| AFP | 365 | 4 par 1 internautes
Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson à Londres, le 5 juin 2018
Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson à Londres, le 5 juin 2018 ( Daniel LEAL-OLIVAS / AFP/Archives )

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a une nouvelle fois mis les pieds dans le plat en affirmant que Londres manquait de courage dans les négociations sur le Brexit et que le président américain Donald Trump ferait sans doute mieux.

Habitué des sorties peu diplomatiques, malgré son poste, M. Johnson n'a pas mâché ses mots lors d'un dîner organisé mercredi par un groupe de pression conservateur, censés restés privés mais dont plusieurs médias ont obtenu un enregistrement.

Dans une critique voilée de la Première ministre Theresa May, Boris Johnson a estimé que "si vous n'avez pas le courage de vouloir une politique indépendante, vous n'obtiendrez jamais les bénéfices économiques du Brexit. Vous n'obtiendrez jamais les bénéfices politiques du Brexit", selon le site d'information BuzzFeed News.

Selon lui, Donald Trump s'y prendrait de manière plus musclée face à Bruxelles. "J'admire de plus en plus Donald Trump. Je suis de plus en plus convaincu qu'il y a de la méthode dans sa folie". "Imaginez Donald Trump faire le Brexit", a-t-il songé. "Il s'y impliquerait de manière extrêmement dure (...) Mais, en fait, à la fin, on pourrait arriver à quelque chose. C'est une pensée très, très agréable".

Evoquant Bruxelles, l'eurosceptique ministre parle d'"ennemi" que Londres va "combattre", d'après The Times. Mais "vous devez accepter le fait que cela puisse s'effondrer maintenant. OK? Je veux que personne ne panique durant cet effondrement", a-t-il ajouté, rapporte BuzzFeed.

La réponse de Bruxelles ne s'est pas faite attendre. "Nous ne nous laisserons pas impressionner, je ne me laisserai pas impressionner par cette forme de +blame game+", le jeu des reproches instauré par "certains" au Royaume-Uni qui "cherchent à nous faire porter à nous la responsabilité des conséquences" d'un retrait de l'UE, a rétorqué le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit Michel Barnier, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, sans toutefois aller jusqu'à citer le nom de M. Johnson.

Partie au Canada pour assister au G7, la Première ministre Theresa May n'a en revanche pas réagi aux déclarations de son remuant ministre, qu'elle avait nommé en juillet 2016 au lendemain du référendum sur le Brexit.

A la question de savoir si elle lui conservait sa confiance, une porte-parole a répondu: "Bien sûr", lors d'un point presse régulier à Londres.

Ce dernier dérapage de M. Johnson, habitué à mettre dans l'embarras Mme May, laissait toutefois les observateurs abasourdis.

"Jamais par le passé on a pu entendre un chef de la diplomatie britannique tenir de tels propos sur des alliés, des ennemis et son propre gouvernement", soulignait ainsi le journaliste Jack Blanchard, du site Politico.

- "Sottise" -

M. Johnson a estimé que le risque était grand de voir le Royaume-Uni accepter un accord de sortie de l'Union européenne violant de nombreuses "lignes rouges" des tenants d'un Brexit sans concession, maintenant le pays "emprisonné en orbite autour de l'UE, dans l'union douanière et dans une large mesure au sein du marché unique".

Brexit : le calendrier
Brexit : le calendrier ( Gillian HANDYSIDE / AFP )

Le Royaume-Uni doit quitter l'UE fin mars 2019 tout en restant dans l'union douanière pendant une période de transition jusqu'à fin 2020, le temps de mettre en place un nouveau partenariat.

Un alignement que Londres voudrait poursuivre jusqu'à fin 2021 si aucune solution n'est trouvée pour maintenir une frontière ouverte entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande (membre de l'UE).

Lors de son dîner, Boris Johnson a minimisé la portée de ce problème.

"C'est si petit et il y a si peu d'entreprises qui utilisent vraiment cette frontière de manière régulière, c'est juste incompréhensible de laisser une si petite chose prendre de telles proportions", a-t-il déploré. "Nous laissons tout notre agenda être dicté par cette sottise".

Le ministre des Finances Philip Hammond, accusé par son collègue d'être au coeur de la campagne pour le maintien dans l'UE, a rétorqué qu'"une approche collaborative est plus productive qu'une approche conflictuelle", selon des propos rapportés par la chaîne ITV.

Sur le plan international, Boris Johnson a affirmé que Theresa May présenterait à la réunion du G7 un plan prévoyant la mise en place d'une "unité d'intervention rapide" face aux agressions russes, notamment les cyber-attaques.

Il a dit que le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo avait demandé au Royaume-Uni d'user de son "expertise nucléaire pour démanteler les missiles nucléaires de Kim Jong Un", le leader de la Corée du Nord.

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