En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.
  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 518.45 PTS
-
5 522.0
-
SBF 120 PTS
4 352.83
-
DAX PTS
12 308.53
-0.19 %
Dowjones PTS
26 504.00
+0.15 %
7 667.74
+0.42 %
1.126
+0.31 %

Au procès France Télécom, pour la première fois, de l'émotion du côté des prévenus

| AFP | 618 | 3.67 par 3 internautes
L'ex-PDG de France Telecom Didier Lombard, le 6 mai 2019 à Paris
L'ex-PDG de France Telecom Didier Lombard, le 6 mai 2019 à Paris ( Lionel BONAVENTURE / AFP )

De longs silences pesants et même des larmes: pour la première fois en cinq semaines d'audience, les ex-dirigeants de France Télécom jugés pour "harcèlement moral" ont exprimé vendredi de l'émotion, alors que le tribunal examinait les conséquences de l'été 2009, le pic de la crise sociale dans l'entreprise.

Un nouveau suicide, le 14 juillet 2009, a marqué un tournant. Le salarié de Marseille a laissé une lettre ne laissant aucune ambiguïté : "Je me suicide à cause de mon travail à France Télécom". L'entreprise est, à partir de là, à la une des médias pendant des mois.

Les dirigeants n'ont alors plus d'autre choix que d'agir. En septembre 2009, le cabinet indépendant Technologia est appelé pour enquêter sur les risques psycho-sociaux dans l'entreprise. Il est aussi décidé d'arrêter les mobilités des salariés, un des sujets au coeur du procès, de nombreuses parties civiles se plaignant de mobilités géographiques et fonctionnelles forcées.

Les prévenus, confrontés aux témoignages des parties civiles, ont-ils été touchés par les cinq semaines d'audience? Quoiqu'il en soit, leur ton était différent vendredi.

L'ex-PDG Didier Lombard a raconté sa visite à Cahors en octobre 2009, où il a annoncé qu'il renonçait à la fermeture du site. Des employées lui avaient envoyé des mails auparavant, puis lui ont écrit pour Noël.

"- J'ai reçu ensuite des mails gentils de ces dames. C'est important pour moi.

- Vous pleurez ou vous toussez M. Lombard?, interroge la présidente Cécile Louis Loyant alors que le prévenu a apparemment la gorge serrée.

- Je pleure. (...) On pense que je n'ai pas de coeur mais ce n'est pas vrai".

L'ex-PDG revient aussi sur son "énorme bêtise", la fameuse phrase sur "la mode des suicides", qu'il a prononcée devant les médias qui l'attendaient à sa sortie du ministère du Travail, le 15 septembre 2009. "J'étais tétanisé par l'effet de contagion" des suicides. "Je ne voulais pas être agressif, au contraire, tout ce que nous avions en tête, c'était de désamorcer" la tension.

Pour l'ex-DRH Olivier Barberot, "ce qui se passe à ce moment là, c'est une crise sociale très grave. (...) Pendant deux mois, l'entreprise est totalement déstabilisée. Du bas jusqu'en haut, il n'y a pas une personne qui n'est pas déstabilisée".

"Sacrifié"

L'ex-numéro 2 de France Telecom Louis-Pierre Wenès au tribunal de Paris le 23 mai 2019
L'ex-numéro 2 de France Telecom Louis-Pierre Wenès au tribunal de Paris le 23 mai 2019 ( Lionel BONAVENTURE / AFP/Archives )

Puis arrive à la barre Louis-Pierre Wenès, l'ex-numéro 2, directeur d'Opération France qui regroupait 80.000 des 120.000 salariés de France Télécom. "Je vis cette crise avec beaucoup d'émotion". Il fait une pause de plusieurs secondes, visiblement ému. "Cela me touche au plus profond de moi-même". Il a aussi ressenti "un profond sentiment d'injustice", devant la couverture médiatique.

M. Wenès quitte l'entreprise début octobre 2009. "Je sais qu'il y a des pressions, notamment politiques, pour que quelqu'un parte. (...) La personne toute désignée, c'est moi. Nous avons une discussion avec Didier Lombard et nous décidons que je dois partir".

Il affirme avoir "été sacrifié", parce qu'il était "une pièce rapportée" à France Télécom, où il n'est arrivé qu'en 2003. "Je vis cela comme une blessure qui ne s'est pas refermée".

Mais sur le fond, les lignes n'ont pas bougé. Louis-Pierre Wenès conteste "la globalisation" de la souffrance. "Certains ont souffert jusqu'à mettre fin à leur jour. C'est dramatique. Mais je ne suis pas d'accord pour qu'on globalise ça et qu'on parle de la souffrance (à l'échelle) de l'entreprise". "Je ne crois pas que le mal-être ait été généralisé", renchérit Didier Lombard.

Les ex-dirigeants se félicitent de leur bilan économique. Pour l'ex-PDG, "si on n'avait pas fait le plan NExT (qui réorganisait l'entreprise de 2006 à 2008), aujourd'hui il n'y aurait plus France Télécom".

Manifestation de salariés de France Télécom après une vague de suicides, le 7 octobre 2009 à Strasbourg
Manifestation de salariés de France Télécom après une vague de suicides, le 7 octobre 2009 à Strasbourg ( FREDERICK FLORIN / AFP/Archives )

Louis-Pierre Wenès "regrette une chose": "ne pas avoir eu assez de contact avec les organisations syndicales. Je ne me souviens pas qu'on ait demandé à me voir". Mais côté partie civile, l'avocat Frédéric Benoist lui rappelle que dès 2006, les organisations syndicales l'ont interpellé.

Didier Lombard a quitté France Télécom le 1er mars 2010, remplacé par Stéphane Richard, qui dirige toujours l'entreprise, devenue Orange en 2013.

 ■

Copyright © 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
3 avis
Note moyenne : 3.67
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

OFFRE DE BOURSE

1000 € OFFERTS*
SUR VOS FRAIS DE COURTAGE

Valable pour toute 1ère ouverture de compte avant le 08 juillet 2019

CODE OFFRE : EVASION19

Je profite de l'offre

* Voir conditions
N'oubliez pas pour profiter de l'offre, indiquez le code promo : EVASION19 lors de votre ouverture de compte.

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 19/06/2019

Le sous-groupe allemand a demandé un report au 31 juillet de la date d'échéance du financement-relais accordé par Glencore International AG jusqu'au 30 juin...

Publié le 19/06/2019

Safran Electronics & Defense, Hensoldt Optronics et Mades ont signé des accords de coopération pour développer ensemble l'Euroflir 610...

Publié le 19/06/2019

A nouveau, le Conseil d'administration de la société soumettra prochainement au vote des actionnaires réunis en assemblée générale ordinaire et extraordinaire, deux résolutions...

Publié le 19/06/2019

Pour accompagner la transformation digitale du secteur aérien

Publié le 19/06/2019

Capgemini signe avec Airbus le « Skywise Partners » Programme Agreement. Objectif : développer et proposer les services data de la plateforme Skywise aux compagnies aériennes. Aujourd'hui, plus de…