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Atos veut s'offrir Gemalto pour créer un géant européen de l'informatique

| AFP | 360 | Aucun vote sur cette news
Le PDG d'Atos, Thierry Breton, lors d'une conférence de presse à Bezons, près de Paris, le 6 décembre 2012
Le PDG d'Atos, Thierry Breton, lors d'une conférence de presse à Bezons, près de Paris, le 6 décembre 2012 ( FRANCOIS GUILLOT / AFP/Archives )

Le titre Gemalto s'envolait mardi à la Bourse de Paris au lendemain de l'annonce d'une offre à 4,3 milliards d'euros du groupe français Atos sur son compatriote dans une passe difficile, afin de créer "un leader mondial en cybersécurité, technologies et services numériques".

"Nous proposons d'acquérir l'intégralité de Gemalto de façon amicale pour 46 euros par action", a annoncé le PDG d'Atos Thierry Breton lundi soir au cours d'une conférence téléphonique.

Cette offre représente une prime de 42% sur le cours de Bourse du groupe du 8 décembre, a souligné Atos dans un communiqué. Peu après l'ouverture de la Bourse de Paris mardi, le titre Gemalto s'envolait de 32% à 44,75 euros, s'approchant ainsi du prix proposé par Atos qui, lui, gagnait 3,45% à 128,90 euros.

Gemalto a pris acte mardi dans un communiqué de l'offre de rachat "non sollicitée et conditionnelle" d'Atos et a indiqué qu'il prendrait position d'ici le 15 décembre, date-limite de validité de l'offre.

"Il n'y a aucune certitude que l'offre débouche sur une offre ferme et recommandée", a poursuivi Gemalto.

L'acquisition doit s'effectuer "intégralement en numéraire en s'appuyant sur la trésorerie existante d'Atos et sur un emprunt ayant fait l'objet d'engagements fermes", a expliqué pour sa part Atos.

Atos a remis son offre au conseil d'administration de Gemalto le 28 novembre 2017, et Gemalto "réfléchit" à l'opération, a indiqué Thierry Breton.

Le groupe Atos ne comptait pas rendre publique cette offre aussi tôt mais a été contraint de le faire suite à des rumeurs en Bourse, afin d'"être conforme aux bonnes pratiques des marchés", a-t-il expliqué.

Cette opération allierait Atos, un groupe de plus de 100.000 salariés, à Gemalto, qui compte quelque 15.000 collaborateurs.

Le logo de Gemalto à Paris, le 25 février 2015
Le logo de Gemalto à Paris, le 25 février 2015 ( KENZO TRIBOUILLARD / AFP/Archives )

Cette nouvelle entité serait "de loin le premier acteur européen" sur les marchés du paiement ou de la cybersécurité, et permettrait "un large potentiel de synergies" dans ces métiers, a fait valoir le patron d'Atos, ancien ministre de l'Economie et des Finances (2005-2007) et ex-PDG de Thomson et France Télécom.

Si le rapprochement se concrétise, ce nouvel acteur pourra aussi servir tous les publics, aussi bien privés que publics, a-t-il insisté.

- 'Un ADN commun' -

"Nous partageons un ADN commun" sur ces sujets, a souligné le dirigeant, alors que les deux groupes sont l'un comme l'autre très présents aux Etats-Unis.

Ce "grand projet de consolidation européenne a été accueilli de façon favorable par la BPI" (Bpifrance, Banque publique d'investissement), qui pourrait participer au financement de l'opération, a ajouté Thierry Breton.

Autant Atos a montré une dynamique positive cette année, en révisant à la hausse ses objectifs financiers au troisième trimestre, autant Gemalto connaît des difficultés avec notamment l'annonce d'un plan de suppression de 288 emplois en novembre.

Atos a vu l'an dernier son bénéfice net progresser de 39,6% à 567 millions d'euros, et son chiffre d’affaires de 9,7% à 11,717 milliards.

A côté de ses activités de conseil, d'intégration de systèmes et de gestion de centre de données, Atos a su tirer parti de l'engouement pour les services dans le "cloud" (informatique dématérialisée) et les besoins croissants en cybersécurité. Il est aussi l'un des rares acteurs à pouvoir fournir des supercalculateurs, à la puissance informatique décuplée.

Enfin, par le biais de sa filiale Worldline, Atos est aussi présent sur le marché des paiements électroniques.

Pour l'ensemble de 2017, il table sur une progression de son chiffre d'affaires supérieure à 10% à taux de change constants, et une marge opérationnelle d'environ 10%.

Gemalto a en revanche déçu les investisseurs avec une série d'avertissements sur ses résultats cette année. Il a en effet subi un trou d'air après la conversion -tardive, et très rapide- des Etats-Unis aux cartes à puces, les nombreux intervenants croulant sous les stocks. Or, le pays représente près du quart du marché mondial.

Et ses ventes de carte de téléphonie SIM sont aussi en baisse alors que ce marché ne croît plus en volume et décroît en valeur. Gemalto a dégagé un chiffre d'affaires de 3,13 milliards d'euros en 2016 pour un bénéfice net de 266,9 millions d'euros.

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