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Areva va bientôt dire adieu à la Bourse de Paris

| AFP | 263 | Aucun vote sur cette news
L'AMF autorise l'Etat français à lancer un retrait obligatoire
L'AMF autorise l'Etat français à lancer un retrait obligatoire ( ERIC PIERMONT / AFP/Archives )

Areva quittera définitivement la Bourse de Paris lundi prochain, une nouvelle étape symbolique dans la restructuration douloureuse de l'ex-fleuron du nucléaire français.

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a annoncé jeudi autoriser l'Etat à lancer un retrait obligatoire afin de récupérer le solde des actions qu'il ne possède pas encore.

"Le retrait obligatoire interviendra le 21 août 2017 au prix de 4,50 euros par action" sur le "1,64% du capital" qui n'est pas encore détenu par l'Etat français, a indiqué l'AMF dans un avis.

Le gendarme des marchés a en effet considéré que les conditions réglementaires "sont remplies".

Les actions visées sont celles qui n'avaient pas été apportées à l'offre publique de retrait lancée dernièrement par l'Etat et à laquelle des actionnaires représentant plus de 5% du capital (Kuwait Investment Authority, Bpifrance Participations, EDF et Total) avaient apporté leurs participations.

Les petits actionnaires d'Areva sont donc désormais obligés d'apporter leurs titres, si bien que l'Etat possèdera bientôt 100% du capital et pourra comme prévu retirer la société de la cote.

"Les actions Areva seront radiées de Euronext Paris le (lundi) 21/08/2017", a de son côté indiqué l'opérateur de la Bourse parisienne. En attendant, les actions restent suspendues.

-Adieu symbolique-

Ce retrait de la Bourse de Paris a surtout une valeur symbolique car l'Etat a toujours contrôlé le groupe et le flottant était resté minime.

Pendant longtemps, seuls des "certificats d'investissement" - des titres sans droit de vote - ont été cotés. Ils n'ont jamais représenté plus de 4% du capital de l'entreprise.

Ces certificats avaient été mis en place à l'époque du "ni privatisation, ni nationalisation" après la réélection de François Mitterrand à la présidence de la République, en 1988.

Ils avaient ensuite été transformés en véritables actions en 2011 à la suite d'une augmentation de capital sous le gouvernement de François Fillon. Le Koweït avait en effet conditionné son arrivée au capital à la normalisation de la cotation du groupe, par ailleurs souhaitée par la présidente d'Areva d'alors, Anne Lauvergeon.

Le cours d'Areva a connu des hauts et des bas, à l'image de l'histoire récente du groupe nucléaire: le titre a grimpé jusqu'à plus de 83 euros en séance en juillet 2007, soit plus de 18 fois ce qui est proposé aujourd'hui aux actionnaires d'Areva. La capitalisation n'est maintenant plus que de 1,7 milliard d'euros contre 28 milliards aux heures les plus glorieuses.

-Coûteuse restructuration-

Cet adieu à la Bourse n'est qu'une étape de la restructuration d'Areva à la suite de ses graves déboires financiers causés par des choix stratégiques hasardeux et la morosité du marché de l'atome.

Areva SA est en fait devenu une structure de défaisance qui ne conserve dans son giron que quelques activités, dont essentiellement le chantier du réacteur nucléaire Olkiluoto 3 (OL3) en Finlande, qui connaît d'importants retards et surcoûts. Areva SA a bénéficié d'une recapitalisation de 2 milliards d'euros de la part de l'Etat à la mi-juillet.

L'activité réacteurs (New NP) doit pour sa part passer sous le contrôle d'EDF.

L'activité liée au cycle du combustible a quant à elle été filialisée au sein de New Areva ou NewCo, contrôlée par l'Etat, qui a apporté 2,5 milliards d'euros fin juillet. Les sociétés japonaises Japan Nuclear Fuel Limited (JNFL) et Mitsubishi Heavy Industries (MHI) doivent de leur côté mettre 500 millions d'euros sur la table.

L'Etat français aura ainsi déboursé 4,5 milliards d'euros de deniers publics au total pour sauver Areva, juste au moment où il cherche à faire des économies pour respecter ses engagements budgétaires européens.

De quoi rendre furieux le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, qui a qualifié la gestion d'Areva par l'ancienne équipe de direction de "véritable scandale républicain".

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