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Après Deutsche Bank, saignée en vue chez l'italienne UniCredit

| AFP | 850 | Aucun vote sur cette news
Vue de la tour d'Unicredit à Milan, où la banque à son siège, le 9 juillet 2019
Vue de la tour d'Unicredit à Milan, où la banque à son siège, le 9 juillet 2019 ( Miguel MEDINA / AFP )

Après avoir déjà taillé dans ses effectifs, la banque italienne UniCredit envisage jusqu'à 10.000 suppressions d'emplois supplémentaires, selon Bloomberg, qui s'ajouteraient aux milliers de postes déjà condamnés par d'autres grands noms du secteur en Europe.

UniCredit, qui emploie quelque 86.000 personnes, réfléchirait à supprimer jusque 10.000 postes, dans le cadre de son nouveau plan stratégique qui sera annoncé le 3 décembre à Londres, selon l'agence qui cite des sources proches du dossier. Elles viendraient s'ajouter aux 14.000 équivalents temps pleins disparus ces dernières années.

Le chiffre n'est pas définitif et les suppressions de postes pourraient être "beaucoup plus faibles", ajoute Bloomberg.

Ces suppressions toucheront l'Italie, où la banque compte son effectif le plus important, et d'autres pays. UniCredit entend aussi réduire jusqu'à 10% ses coûts opérationnels, selon l'agence de presse.

Contactée par l'AFP, UniCredit s'est refusée à tout commentaire.

− Stabiliser les revenus, contrôler les coûts −

Dans une récente interview au site italien d'informations économiques Milano Finanza, le patron d'UniCredit, le Français Jean-Pierre Mustier, a souligné que le prochain plan stratégique serait consacré à la "transformation d'UniCredit", alors que le précédent était "un plan de restructuration".

"L'efficacité viendra surtout de l'optimisation des activités. Par exemple, nous simplifierons les processus et la gamme de produits grâce à l'automatisation et à la numérisation. Ce gain d'efficacité permettra à notre personnel de dédier plus de temps aux clients", a-t-il dit.

Il a souligné que le contexte, marqué par une croissance économique faible et des taux d'intérêt négatifs, ne permettait pas une stratégie basée sur la croissance des revenus. Et les fusions européennes sont "très difficiles", a-t-il ajouté.

Dans ce contexte, il faudra "travailler tant sur la stabilisation des sources de revenus que sur le contrôle des coûts".

Depuis son arrivée en juillet 2016 à la tête d'UniCredit, M. Mustier a mené une vaste réorganisation de la banque en cédant diverses participations, en lançant une vaste augmentation de capital, en taillant dans les effectifs et en cédant des milliards d'euros de crédits détériorés.

D'autres grandes banques européennes ont aussi annoncé récemment des coupes dans leurs effectifs.

Le groupe allemand Deutsche Bank a présenté le 17 juillet le plus grand plan de restructuration de son histoire avec la suppression de 18.000 emplois, mettant définitivement fin aux rêves de grandeur internationale de la première banque allemande.

Le français Société Générale a décidé de son côté en avril de supprimer 1.600 postes dans le monde, dont environ 750 en France, souhaitant réduire la voilure dans ses activités de marché.

Son compatriote BNP Paribas compte, lui, supprimer 640 postes d'ici fin 2020 dans les échelons de direction de sa banque de détail en France. Il compte par ailleurs supprimer plus de 2.000 emplois d'ici trois ans dans sa filiale belge Fortis.

− Situation différentes −

"On est face à des groupes très différents" et des situation "peu comparables", relève auprès de l'AFP David Benamou, directeur des investissements chez Axiom Alternative Investments.

"BNP Paribas et UniCredit sont celles qui sont le plus avancées dans leur restructuration". À l'inverse, Deutsche Bank "est la plus en retard", estime cet analyste.

Reste, selon lui, que ces établissements font face à des difficultés communes et notamment un contexte de taux d'intérêt historiquement bas qui complique la tâche de faire fructifier l'argent.

Sur le long terme, cette potion, conséquence des plans successifs de soutien à l'économie des grandes banques centrales, se révèle de plus en plus indigeste pour les banques commerciales dont les marges se retrouvent compressées sur leurs activités traditionnelles de détail et sur un certain nombre de marchés.

S'ajoutent d'autres obstacles : un renforcement de la réglementation bancaire et des exigences de capitaux propres, de gros investissements requis pour s'adapter à la révolution numérique, la concurrence croissante des grands groupes bancaires américains dans les activités de financement et d'investissement ou encore les tensions géopolitiques internationales qui brident l'activité.

L'allongement dans le temps de politiques monétaires très offensives "donne des maux de tête aux banques, dans un contexte où la rentabilité de beaucoup d'entre elles est déjà sous pression et où de nouvelles formes de concurrence apparaissent", note pour sa part Emmanuel Volland, analyste chez S&P Global Ratings.

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