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Après 4 mois de "gilets jaunes", CGT et FO unis mardi pour reprendre la main

| AFP | 223 | Aucun vote sur cette news
Les drapeaux de la CGT et de FO lors d'une manifestation à Bordeaux le 15 septembre 2016
Les drapeaux de la CGT et de FO lors d'une manifestation à Bordeaux le 15 septembre 2016 ( GEORGES GOBET / AFP/Archives )

La CGT et FO se retrouvent dans la rue mardi lors d'une rare journée commune de manifestations et de grèves, avec l'espoir de reprendre la main et de faire entendre leurs revendications sur le pouvoir d'achat, après quatre mois de "gilets jaunes".

Solidaires, la FSU et les organisations de jeunesse Unef (étudiants) et UNL (lycéens) ont également appelé à participer à cette mobilisation nationale qui touchera aussi bien le public que le privé afin d'"amplifier le mouvement social".

Le 5 février, près de 300.000 personnes avaient manifesté dans 200 villes selon les organisateurs, 137.200 d'après le ministère de l'Intérieur. Les cortèges s'étaient formés à l'appel notamment de la CGT, mais aussi avec la participation de "gilets jaunes" qui, jusqu'à présent, avaient regardé les syndicats avec méfiance.

Des militants Force ouvrière étaient présents dans ces manifestations. Mais pas la confédération de l'avenue du Maine en tant que telle, qui ne s'est jointe qu'une fois à la CGT pour appeler à manifester depuis le début du quinquennat. C'était en octobre dernier, juste avant que des "gilets jaunes" ne commencent à occuper des ronds-points et manifester chaque samedi.

Mardi, à Paris, les manifestants - salariés du privé, agents publics, étudiants, lycéens - défileront du boulevard Saint-Michel au Champ-de-Mars à partir de 13H00, avec en tête Philippe Martinez pour la CGT (2e syndicat français) et Yves Veyrier pour FO (3e).

"Nous avons de très bons échos de la mobilisation", s'est félicité Yves Veyrier il y a quelques jours devant la presse.

"Nous sommes déterminés à nous mobiliser car nous ne voulons pas être spectateurs, ni caution de décisions qui pourraient être prises en matière sociale à l'issue du grand débat", a-t-il fait valoir.

Revalorisation du Smic

Pour la CGT, "depuis plusieurs semaines, les questions de pouvoir d'achat (et donc des salaires), de justice fiscale, d'accès aux services publics sont clairement posées sous différentes formes d'expression", mais "le gouvernement reste enfermé dans ce qu'il pense être un +véritable débat+". La centrale de Montreuil "compte placer le débat où il doit être", notamment par "des actions dans l'entreprise et dans la rue".

"Évidemment", si les autres organisations "s'étaient associées, cela aurait donné plus de force", a regretté Yves Veyrier à propos de la CFDT, devenue il y a trois mois le premier syndicat français tous secteurs confondus, de la CFE-CGC et de la CFTC.

Souvent considéré comme épousant une ligne plus "réformiste" que son prédécesseur Pascal Pavageau, Yves Veyrier juge cependant nécessaire de "réhabiliter la question de la grève". C'est "le seul moyen pour les syndicats quand ils n'ont pas été entendus. Dans les entreprises, on observe que la grève, quand il y a revendication sur les salaires, permet d'obliger les employeurs à se mettre autour de la table", relève-t-il.

FO demande en particulier une revalorisation du Smic pour qu'il atteigne 80% du salaire médian, soit 1.450 euros mensuels net, et l'ouverture de négociations au niveau interprofessionnel permettant d'aborder l'ensemble de ses revendications.

De son côté, la CGT réclame notamment un Smic à 1.800 euros brut, la revalorisation de toute l'échelle des salaires, et des pensions de retraite au minimum à 1.200 euros net.

Les organisations appelant à l'action mardi n'oublient pas "les jeunes", pour qui "les difficultés ne cessent de croître".

La "réforme du lycée et de la voie professionnelle", la "progression de la précarité étudiante" et le "gel des prestations sociales ne font qu'attaquer le droit d'étudier", soulignent-elles.

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