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Altifort écarté de la reprise d'Ascoval, l'État cherche un autre repreneur

| AFP | 247 | Aucun vote sur cette news
Des salariés de l'aciérie d'Ascoval, le 19 décembre 2018 à Saint-Saulve, dans le Nord
Des salariés de l'aciérie d'Ascoval, le 19 décembre 2018 à Saint-Saulve, dans le Nord ( FRANCOIS LO PRESTI / AFP/Archives )

Le gouvernement a officiellement écarté mardi le groupe Altifort du projet de reprise de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord), faute de garanties sur le financement de l'opération, se donnant un mois supplémentaire pour trouver un nouveau repreneur.

"Altifort, qui était le repreneur d'Ascoval, a annoncé qu'il ne serait pas en mesure de tenir ses engagements", a déclaré Bruno Le Maire à l'issue d'une réunion au ministère avec les dirigeants des entreprises concernées, les représentants des salariés et le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand.

"J'ai demandé à Altifort de cesser toute participation au dossier" et de "se retirer de toute possibilité de reprise d'Ascoval", a poursuivi le ministre, estimant que le groupe franco-belge avait "trompé les salariés", mais aussi "les élus locaux et l'Etat".

Altifort avait créé la surprise jeudi en reconnaissant que "les financements externes" promis pour la reprise d'Ascoval n'avaient "pas pu être mis en place". Le patron d'Altifort avait toutefois assuré qu'il ne jetait "pas l'éponge", espérant une "solution" d'ici à l'audience du tribunal de Strasbourg, prévue mercredi.

Selon un participant à la réunion de Bercy, le PDG d'Altifort s'est défendu mardi d'avoir "trompé" les acteurs du dossier, invoquant des conditions financières dégradées et le désengagement de son "partenaire financier". Il a alors été invité à quitter la séance, quelques minutes seulement après le début des débats.

Des salariés de l'aciérie d'Ascoval, le 19 décembre 2018 à Saint-Saulve, dans le Nord
Des salariés de l'aciérie d'Ascoval, le 19 décembre 2018 à Saint-Saulve, dans le Nord ( FRANCOIS LO PRESTI / AFP/Archives )

Lors de cette rencontre, "nous avons tous décidé collectivement, avec les représentants des salariés" et "les élus locaux", "de nous donner un mois supplémentaire pour trouver un repreneur", a précisé Bruno Le Maire, promettant de "multiplier les contacts dans les jours à venir".

"Oui, le sujet est difficile" et "les chances de réussite ne sont pas garanties". Mais "Ascoval est une belle aciérie, Ascoval est un outil de production moderne, compétitif, Ascoval a des commandes. Ca vaut le coup de se battre", a insisté le ministre.

"On repart à zéro"

Créée en 1975 par Vallourec et devenue Ascoval en 2017, l'aciérie de Saint-Saulve, qui emploie 281 salariés, attend un repreneur depuis la liquidation judiciaire en février 2018 du groupe Asco Industries, à qui le sidérurgiste Vallourec avait cédé 60% de l'usine, tout en conservant 40% des engagements de commandes.

Mi-décembre, le tribunal de Strasbourg avait mis fin à un interminable suspense en validant la reprise de l'usine par Altifort, entrée en vigueur au 1er février. Altifort avait alors promis de débloquer 35 millions d'euros pour l'opération, aux côtés de 47 millions d'euros de fonds publics engagés "sous forme de prêt".

Avec l'échec de ce projet de reprise, "on repart à zéro", a déploré Bruno Kopczynski, porte-parole de l'intersyndicale d'Ascoval, regrettant le "temps perdu" qui place l'entreprise dans une "course contre la montre" et "empêche" les salariés "de dormir".

"On va repartir à la recherche d'une solution dans un temps beaucoup plus court. La première étape, c'est de passer l'audience" au tribunal, nécessaire pour obtenir l'annulation du projet de reprise d'Altifort, a souligné le responsable syndical.

"Les délais semblent courts mais on ne part pas d'une feuille blanche", a estimé de son côté Xavier Bertrand, insistant sur la progression des "carnets de commandes". "Au moment où je vous parle, il y a six clients qui ont signé et 18 autres clients qui peuvent garantir plus de volume", a-t-il insisté.

Selon le PDG d'Ascoval, Cédric Orban, la trésorerie de l'entreprise "permet de tenir pendant un mois". Plusieurs candidats à la reprise se sont par ailleurs manifestés, parmi lesquels" "trois, quatre industriels qui sont dans nos métiers", "deux, trois industriels qui sont en dehors" et des "fonds d'investissement".

"On sait qu'il y a des marques d'intérêt" et "il faut se remonter les manches", a confirmé Bruno Kopczynski, en estimant que le "message" était désormais "clair" pour les éventuels repreneurs.

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