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Allemagne: manifestation chez Thyssenkrupp contre la fusion avec l'indien Tata

| AFP | 78 | Aucun vote sur cette news
Manifestation à Bochum à l'appel du syndicat IG Metall contre le projet de fusion des activités acier de Thyssenkrupp avec la division Europe de l'indien Tata
Manifestation à Bochum à l'appel du syndicat IG Metall contre le projet de fusion des activités acier de Thyssenkrupp avec la division Europe de l'indien Tata ( PATRIK STOLLARZ / AFP )

Quelque 7.500 personnes ont manifesté vendredi à Bochum, dans l'ouest de l'Allemagne, contre le projet de l'industriel allemand Thyssenkrupp de fondre sa division acier avec l'indien Tata, à la veille d'un premier conseil de surveillance sur le sujet.

"Nous ne sommes pas convaincus que la fusion avec Tata soit la meilleure et la plus juste voie pour l'acier de Thyssenkrupp", a déclaré dans un communiqué le patron régional du puissant syndicat IG Metall, Knut Giesler, à l'initiative de cette manifestation.

Thyssenkrupp a annoncé mercredi la signature d'une "déclaration d'intention" avec Tata prévoyant la création l'an prochain d'une coentreprise rassemblant les activités sidérurgiques européennes des deux groupes.

La manifestation a réuni environ 7.500 personnes  vendredi à Bochum
La manifestation a réuni environ 7.500 personnes vendredi à Bochum ( PATRIK STOLLARZ / AFP )

Mais ce projet, destiné à renforcer les futurs mariés dans un secteur chahuté par l'afflux d'acier chinois subventionné, devra convaincre les représentants salariés du conseil de surveillance, qui le découvriront samedi lors d'une première réunion à Essen (ouest) et disposent d'un droit de veto.

"Nous avons besoin d'une stratégie d'avenir solide pour Thyssenkrupp" et pas d'une "+bad bank+ de l'acier", a lancé vendredi Knut Giesler, en référence aux structures de défaisance rassemblant les actifs pourris après la crise financière.

La première inquiétude porte sur les 4.000 suppressions d'emplois annoncées mercredi, réparties "à peu près à égalité" entre les deux groupes, et dont personne ne sait quels sites elles concerneront.

Financièrement, ils s'interrogent aussi sur le poids des énormes engagements de retraites de Tata Steel au Royaume-Uni, relevait mercredi soir le patron d'IG Metall, Jörg Hoffmann, auprès de plusieurs journalistes.

"L'acier est le futur. Nous nous battons pour cela" mentionnait l'autocollant d'un sidérurgiste sur son casque ( PATRIK STOLLARZ / AFP )

Au-delà, les salariés allemands s'interrogent sur l'emplacement de la future coentreprise, une holding annoncée aux Pays-Bas, et sur le risque de voir les décisions sur l'avenir de la sidérurgie échapper à leur contrôle.

Cette question est "d'une importance centrale", a déclaré lors de la manifestation de Bochum la ministre du Travail, la sociale-démocrate Andrea Nahles, à deux jours des élections législatives.

La "Mitbestimmung" - le système de cogestion allemande qui accorde aux salariés un important droit de regard sur la marche de l'entreprise - "ne doit pas être bradée", a poursuivi la ministre.

Or Thyssenkrupp est un bastion historique de cette particularité allemande. Alors que la loi accorde une voix prépondérante au patron dans la plupart des grandes entreprises, celles de la sidérurgie ont depuis 1951 un conseil de surveillance strictement paritaire.

Les craintes pour l'avenir de l'acier avaient fait descendre 45.000 personnes dans la rue en mars 2016 à l'appel d'IG Metall, en particulier à Duisbourg, dans la Ruhr, l'un des principaux sites de Thyssenkrupp.

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