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Airbus et Bombardier concluent leur alliance dans le C Series

| AFP | 179 | Aucun vote sur cette news
Tom Enders, le président exécutif d'Airbus, ici à Blagnac, près de Toulouse (Haute-Garonne), le 6 mars 2018
Tom Enders, le président exécutif d'Airbus, ici à Blagnac, près de Toulouse (Haute-Garonne), le 6 mars 2018 ( REMY GABALDA / AFP/Archives )

Airbus et Bombardier ont finalisé leur partenariat dans le programme d'avions moyen-courrier C Series, qui entrera en vigueur le 1er juillet prochain, avec l'ambition de servir un marché "accru" et de s'implanter aux Etats-Unis, chasse gardée de Boeing.

"Cette gamme d'appareils est bien placée pour conquérir une large part du marché de 6.000 avions dont les sociétés estiment avoir besoin au cours des 20 prochaines années", ont annoncé les deux avionneurs vendredi, partenaires dans cette opération avec la société publique d'investissement du Québec.

Ils "s'attendent à une demande accrue, nécessitant la création d'une deuxième chaîne d'assemblage final du C Series à Mobile, en Alabama (Sud des Etats-Unis, ndlr), afin de servir les clients américains", ont-ils ajouté.

Airbus et Bombardier, qui ont obtenu "toutes les autorisations règlementaires nécessaires à la conclusion de cet accord", avaient annoncé leur rapprochement spectaculaire en octobre en prenant une part majoritaire de son programme d'avions moyen-courrier C Series, au coeur d'un bras de fer avec Boeing.

Le programme C Series, qui avait plus de deux ans de retard sur le calendrier initial et occasionné des coûts de développement presque doublés, à 5,4 milliards de dollars, ne parvenait pas à décoller sur le plan commercial.

Il n'avait engrangé aucune commande en 18 mois et était visé par des taxes punitives aux Etats-Unis qui lui auraient fermé l'accès au marché américain. Ces taxes ont finalement été rejetées en janvier par la Commission américaine du commerce international.

Ce rapprochement avec Airbus, grâce auquel l'avionneur européen prend 50,01% des parts dans le programme canadien sans injecter d'argent frais dans le programme, offre au C Series toute la force de frappe commerciale mondiale et lui permet de s'appuyer sur le réseau de sous-traitance d'Airbus, avec d'importants gains de compétitivité à la clé.

- "Renforcer leur succès commercial" -

"La force de toute notre organisation est maintenant au service du C Series", a déclaré Tom Enders, le président exécutif d'Airbus. "Grâce à ce partenariat, ces avions atteindront leur plein potentiel sur le marché et complèteront notre offre globale de produits, apportant ainsi beaucoup de valeur à Airbus, nos clients et nos actionnaires."

Alain Bellemare, président et chef de la direction de Bombardier, ici au Bourget (Seine-Saint-Denis) le 17 juin 2015
Alain Bellemare, président et chef de la direction de Bombardier, ici au Bourget (Seine-Saint-Denis) le 17 juin 2015 ( Eric PIERMONT / AFP/Archives )

"Cet accord marque le début d'un nouveau chapitre passionnant pour le C Series et l'industrie aéronautique canadienne, a pour sa part déclaré Alain Bellemare, président et chef de la direction de Bombardier.

"La dimension internationale, les relations client et l'expertise opérationnelle d'Airbus sont autant de facteurs clés qui valoriseront et libéreront le plein potentiel de ces appareils, a-t-il ajouté. Les avions C Series sont largement reconnus comme étant les avions les plus avancés et performants de leur catégorie, et ce partenariat ne fera que renforcer leur succès commercial."

Sur le plan stratégique, la gamme C Series, composée de deux appareils, le CS100 et le CS300, de respectivement 100 et 160 places, vient compléter par le bas celle d'Airbus, dont l'A320 emporte 165 passagers en configuration standard.

Airbus pourra ainsi se concentrer sur le haut de sa gamme, les moyen-courriers de 180 places et au-delà, objet d'une farouche compétition avec son concurrent américain.

Le géant de Seattle n'est pas resté l'arme au pied. Il a entre temps engagé des discussions en vue d'un rapprochement avec le brésilien Embraer, concurrent direct de Bombardier, qui lui permettrait de compléter son portefeuille avec des appareils jusqu'à 150 sièges et de regagner du terrain sur le moyen-courrier face à Airbus.

L'accord est également important pour le Québec, qui a soutenu à bout de bras le programme alors qu'il accumulait les pertes. Le siège du programme et la ligne d'assemblage principale de la C Series, "représentant environ 2.200 employés et sous-traitants", resteront basés à Mirabel, au nord de Montréal. Ce qui consolide l'ensemble de la filière industrielle aéronautique au Québec, forte de 40.000 salariés.

"En plus de conserver les activités d'ingénierie, de recherche et de développement ainsi que le siège social de la C Series au Québec, ce partenariat fait de Montréal le plus grand centre de recherche et développement d'Airbus hors de l'Europe, ce qui représente de nombreuses possibilités pour toute notre industrie aérospatiale", a déclaré Dominique Anglade, vice-première ministre du Québec.

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