5 349.30 PTS
-0.15 %
5 355.0
+0.10 %
SBF 120 PTS
4 267.01
-0.16 %
DAX PTS
13 103.56
+0.27 %
Dowjones PTS
24 651.74
+0.58 %
6 466.32
+1.20 %
Nikkei PTS
22 553.22
-0.62 %
Suivez-nous sur Facebook
Suivez-nous sur Google +
Suivez-nous sur Twitter
Suivez-nous sur Youtube

Agriculture: les filières s'interrogent sur la restructuration voulue par Macron

| AFP | 141 | Aucun vote sur cette news
Emmanuel Macron au marché de gros de Rungis, le 11 octobre 2017
Emmanuel Macron au marché de gros de Rungis, le 11 octobre 2017 ( Francois Mori / POOL/AFP )

Emmanuel Macron veut engager l'agriculture française dans une restructuration en profondeur, aux conséquences potentiellement sensibles pour certaines filières comme le porc par exemple.

Dans un discours-fleuve prononcé mercredi devant des producteurs, transformateurs et distributeurs français réunis symboliquement au marché de gros de Rungis, le président a fixé le cap: parvenir à une alimentation qui soit à la fois rémunératrice pour les producteurs, "saine, durable, et accessible à tous", via une réorganisation des "filières" du secteur.

Ces filières, ou inter-professions, sont au nombre d'une soixantaine, elles réunissent toute la chaîne, du produit brut au produit fini et parfois même jusqu'au distributeur, via un système complexe d'élections et de représentativité, où le principal syndicat agricole FNSEA est très impliqué.

Dans son discours, Emmanuel Macron a sommé ces inter-professions de devenir de vrais agents de stratégie économique, en écrivant d'ici à la fin de l'année leur vision à cinq ans sur les changements à apporter pour répondre aux demandes des consommateurs pour des produits de qualité, renforcer les maillons faibles par l'investissement et bâtir ensemble des indicateurs de prix "par filières".

Le président espère également que ces instances parviennent à procéder "aux bonnes régulations", par exemple "arrêter des productions, qu'il s'agisse de la volaille ou du porc, qui ne correspondent plus à nos goûts, à nos besoins", a-t-il déclaré.

Il a même fait de ces plans stratégiques des filières une condition pour continuer à aider l'agriculture, via des aides financières à l'investissement, ou pour légiférer afin de limiter le pouvoir de la distribution.

- Instances désuètes -

Plus facile à dire qu'à faire dans des instances politiques un peu désuètes, où le confort de l'entre-soi voisine avec la rudesse de la concurrence commerciale et le secret des affaires.

"Est-ce que nous pouvons nous contenter d'avoir 0,5% de porc bio en France, 3% en label rouge alors que nous ne parvenons pas à satisfaire la demande de nos consommateurs? Moi, je ne le crois pas", a ainsi lancé le président, taclant des "choix absurdes de production" qui visent directement la filière porc française, voire celle du poulet.

"Je ne crois pas qu'on pourra parler de sujets commerciaux au niveau interprofessionnel", comme le demande l'exécutif, répond Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine, qui regroupe les quelque 10.000 éleveurs français de porc. Bruxelles l'interdirait, "car cela serait considéré comme une entente", dit-il à l'AFP.

M. Auffray avoue aussi qu'il aurait du mal à établir une stratégie commune avec ceux qu'il qualifie de "parrains" de la grande distribution, qui ont "exploité et tué le monde agricole français".

Il reconnaît néanmoins le besoin d'augmenter la production de porc bio en France, alors que la part du marché est estimée "entre 10% et 15%" selon lui, mais prévient que l'adaptation des bâtiments va coûter "très cher".

Dans d'autres filières, comme celle des céréales, on soulignait jeudi ne pas avoir été visé par l'anathème présidentiel.

"S'il y a une filière dont le président n'a pas parlé c'est la nôtre", souligne Philippe Pinta, président de l'AGPB (producteurs de blé), car "tout le monde s'entend très bien".

"On s'organise en cas de pépin", dit-il à l'AFP en évoquant les "gros pépins" rencontrés en 2014 et 2016 en termes de germination du blé: "On a réussi à vendre tout notre blé, on gardait le meilleur pour l'export; le moins bon, l'élevage acceptait de le prendre", ce qui montre selon lui, un véritable "esprit filière": "les meuniers auraient pu dire +cette année, on ne vous achète rien, on importe tout+, ils ne l'ont pas fait".

Le deuxième syndicat agricole français, la Coordination rurale, fustige à l'inverse "l'absurdité de la prétendue vocation exportatrice" de la filière céréales.

"Depuis 50 ans, cette filière a tout misé sur le blé, délaissant les autres productions" nécessaires pour un élevage de qualité, a souligné le syndicat jeudi dans un communiqué.

Face aux dissensions dans les filières, Emmanuel Macron a prévenu que son changement de "paradigme", ce n'était "pas de décaler le front de bataille mais de passer d'une logique de guerre de position, les uns contre les autres, à une guerre de mouvement collective".

 ■

Copyright © 2017 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 15/12/2017

Le conseil d'administration de SoLocal Group a pris acte de la démission de Monica Menghini et a décidé, sur proposition du comité des nominations, de coopter Marie-Christine Levet en qualité…

Publié le 15/12/2017

En prévision de son départ de Wendel le 31 décembre prochain, Frédéric Lemoine a présenté sa démission du conseil d'administration de Bureau Veritas à compter du 31 décembre 2017. En…

Publié le 15/12/2017

André François-Poncet remplace Frédéric Lemoine au Conseil d'administration de Bureau Veritas à compter du 1er janvier 2018   Neuilly-sur-Seine, le 15 décembre…

Publié le 15/12/2017

L'objectif d'Immobilière Dassault est de lancer un projet de restructuration de ce bâtiment

Publié le 15/12/2017

Immobilière Dassault a finalisé l'achat d'un immeuble situé au 16 rue de la Paix, Paris 2ème, dont elle avait annoncé avoir signé une promesse le 23 octobre dernier. Il est rappelé que cet…

CONTENUS SPONSORISÉS