En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 033.62 PTS
-
5 076.50
+0.85 %
SBF 120 PTS
4 021.97
-
DAX PTS
11 353.67
-
Dowjones PTS
25 289.27
+0.83 %
6 890.45
+1.78 %
1.133
+0.08 %

Affaire Khashoggi: les multinationales entre morale et intérêts économiques

| AFP | 267 | Aucun vote sur cette news
Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 15 décembre 2014 à Manama (Bahreïn)
Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 15 décembre 2014 à Manama (Bahreïn) ( MOHAMMED AL-SHAIKH / AFP/Archives )

Après la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, les grands noms mondiaux des affaires ont, de manière inédite, pris les premiers leurs distances avec Ryad, sans toutefois perdre de vue leurs intérêts économiques.

Les entreprises "montrent l'exemple", s'est félicité Michael Posner, professeur à l'université américaine NYU, dans une tribune dans le Wall Street Journal. Un autre journal prisé des milieux d'affaires, le Financial Times, écrit même que les grandes entreprises ont "repris le flambeau des valeurs occidentales".

Autant de commentaires élogieux suscités par les annulations en série de PDG à une grande conférence économique prévue à partir du 23 octobre à Ryad.

Bien avant que la patronne du FMI, Christine Lagarde, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, ou le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, ne s'y décident, des poids lourds de l'économie mondiale ont décidé de sécher ce "Davos du désert", ainsi surnommé bien qu'il n'ait aucun lien formel avec la réunion se tenant chaque hiver dans les Alpes suisses.

Cette conférence "Future Investment Initiative", organisée par le fonds souverain saoudien, avait servi l'an dernier de tribune au prince héritier Mohammed ben Salmane. Il y avait exposé, devant des milliers d'entrepreneurs généralement séduits, son ambitieux projet de transformation de la monarchie pétrolière en géant des services et de la tech.

- Gratin de la finance -

Cette année, l'auditoire sera clairsemé. Parmi les défections de patrons, le gratin de la finance: des banques comme HSBC, Crédit Suisse, JPMorgan Chase; des fonds d'investissements comme Blackrock et Blackstone.

Le signal a été donné d'abord par le retrait du Britannique Richard Branson, auquel Ryad avait promis des fonds pour ses projets de tourisme spatial. Et par l'annulation du patron du groupe de VTC Uber, dans lequel le fonds souverain saoudien a investi 3,5 milliards de dollars.

"L'implication des entreprises dans leur environnement est de plus en plus scrutée par les ONG, les consommateurs et même aujourd'hui par des financeurs comme les banques", explique à l'AFP Sylvie Matelli, directrice adjointe de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

"Lorsqu'il y a ce type d'affaire, extrêmement médiatisée, qui porte sur la question des droits de l'Homme, de la liberté de la presse (...) elles ne peuvent plus s'afficher aux côtés des gens mis en cause".

Ces défections illustrent également une certaine confiance, en particulier des Américains.

"L'Arabie saoudite n'est pas en situation de menacer l'économie américaine", malgré sa puissance de premier exportateur mondial de brut, assure l'historienne de l'industrie pétrolière, Ellen Wald, dans le New York Times.

"A l'âge de la fracturation hydraulique, la maison des Saoud a infiniment plus besoin des Etats-Unis que l'inverse", assure dans le même journal l'éditorialiste Bret Stephens. La production américaine de brut est désormais supérieure à celle de Ryad, grâce au pétrole de schiste.

Le groupe Uber, de son côté, prend un risque calculé en boudant la conférence d'un de ses gros financiers, lui qui doit lever massivement des fonds en entrant en Bourse l'an prochain. Selon des sources proches du dossier interrogées par l'AFP, les investisseurs se bousculent déjà.

- "Maintenir des liens" -

Avant d'admettre jeudi que M. Khashoggi était très probablement mort et de menacer Ryad de "très graves" conséquences si sa responsabilité était confirmée - et ce alors que l'Arabie Saoudite nie toute implication - le président américain, Donald Trump, avait toutefois rappelé à plusieurs reprises le poids économique de son allié saoudien.

Il s'est par exemple dit soucieux de ne pas perdre "un énorme contrat" d'armement, qu'il chiffre à 110 milliards de dollars.

Si les grands patrons ne se rendent pas à Ryad, certains enverront tout de même une délégation, à l'image du français Thalès.

Selon l'agence Bloomberg, nombre de grandes banques feront de même. "Beaucoup vont faire en sorte de maintenir des liens étroits avec le gouvernement", estime Jason Tuvey, expert chez Capital Economics.

Une entreprise telle que Siemens maintient, elle, jusqu'ici la participation de son patron à la conférence saoudienne.

Difficile également d'imaginer une rupture entre l'Arabie Saoudite et le secteur technologique américain: les Saoudiens ont lourdement investi dans la Silicon Valley, laquelle convoite les contrats liés aux projets futuristes du prince "MBS".

"C'est un +je te tiens, tu me tiens par la barbichette+", résume Mme Matelli.

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

RETROUVEZ LES WEBINAIRES BOURSE DIRECT

Les Différents Types d'Ordres de Bourse
Mardi 20 novembre de 12h30 à 13h30

Tradez les indices mondiaux au travers des CFD
Mercredi 7 décembre de 12h30 à 13h30

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 15/11/2018

Le groupe Moulinvest poursuit le déploiement de son plan d'investissement Horizon 2020 portant sur la modernisation des équipements et infrastructures de production selon le calendrier prévu...

Publié le 15/11/2018

LYON, France et CAMBRIDGE, Mass., 15 nov. 2018 (GLOBE NEWSWIRE) -- ERYTECH Pharma (Euronext Paris : ERYP - Nasdaq : ERYP), société biopharmaceutique de stade clinique développant des…

Publié le 15/11/2018

Une performance encourageante tenant aux multiples initiatives engagées par Musée Grévin pour renforcer son attractivité...

Publié le 15/11/2018

En données publiées, le chiffre d'affaires est en hausse de +35% !

Publié le 15/11/2018

  Information relative au nombre d'actions et de droits de vote prévue par l'article 223-16 du règlement général de l'Autorité des marchés…