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Aéronautique: la consolidation, signe du durcissement entre avionneurs et équipementiers

| AFP | 200 | Aucun vote sur cette news
Zodiac est en passe de racheter l'équipementier aéronautique Zodiac Aerospace
Zodiac est en passe de racheter l'équipementier aéronautique Zodiac Aerospace ( ERIC PIERMONT / AFP/Archives )

Les rapprochements en cours dans les équipementiers aéronautiques marquent un durcissement des relations entre les constructeurs et leurs fournisseurs, sur fond de forte montée des cadences et de concurrence qui s'étoffe.

"Il y a un mouvement d'accélération. Cela fait longtemps que l'on n'avait pas eu autant de rapprochements aussi significatifs et structurants et dans une fenêtre de temps aussi réduite", relève Stéphane Albernhe, Managing Partner au cabinet Archery Consulting.

"En Europe, il y a le rapprochement en cours entre Safran et Zodiac. Aux Etats-Unis, il y a eu l'acquisition de B/E Aerospace par Rockwell Collins et avant cela, celle de Goodrich par United Technologies (UTC). Maintenant, les quatre unissent leurs forces au sein du très puissant conglomérat UTC. Le rationnel est stratégique, tactique et opérationnel".

Engagés dans une intense montée en production d'avions, qui se traduit par une forte tension sur la chaîne industrielle, Airbus et Boeing ont froidement accueilli cette consolidation.

Réagissant au rapprochement UTC-Rockwell, Boeing s'est dit "sceptique sur le fait que (la fusion) soit dans le meilleur intérêt (...) des clients ou de l'industrie".

Quant à Airbus, son directeur général Fabrice Brégier a laissé planer la menace de réintégrer certaines fabrications au sein du groupe la semaine dernière, à l'occasion de la réunion annuelle des fournisseurs de l'avionneur.

"Nous voyons certains cas où nous considérons qu'il nous faut réintégrer certaines compétences pour maintenir notre leadership et notre avantage compétitif", a-t-il déclaré.

Avant de nuancer: "Si on a de très bonnes conditions de la part de nos partenaires existants, il n'y a pas non plus de raison stratégique d'en changer."

Airbus et Boeing se montrent plus intransigeants sur la qualité et les délais de livraisons de leurs fournisseurs
Airbus et Boeing se montrent plus intransigeants sur la qualité et les délais de livraisons de leurs fournisseurs ( HO / AFP/Archives )

Les deux géants font ainsi porter sur leurs fournisseurs une partie de la charge liée à leur montée en cadence, et se montrent plus intransigeants sur la qualité et les délais de livraisons de leurs fournisseurs.

De plus, ils tentent de se différencier en termes de compétitivité sur les prix en accentuant la pression sur les équipementiers, avec en ligne de mire la concurrence future de l'ambitieux avionneur étatique chinois Comac.

"Les fournisseurs doivent avoir les épaules larges et une surface financière importante pour pouvoir faire face aux investissements nécessaires", explique Stéphane Albernhe. Ils "se regroupent pour atteindre les tailles critiques leur permettant de répondre aux attentes croissantes des avionneurs et d'installer un rapport de force équilibré."

- "Bras de fer" -

"Un certain nombre de faits expliquent la tension qui est en train d'apparaître de manière patente dans le secteur", complète un analyste sous couvert de l'anonymat.

Jusque-là, le service de réparation et de pièces détachées était la prérogative des fournisseurs de rang un.

"C'était historiquement pour permettre aux avionneurs de bénéficier d'un prix compétitif sur les équipements des avions, en échange de quoi les fournisseurs se rattrapaient sur les services. Mais depuis maintenant une décennie, les fournisseurs de rang un sont plus profitables que les avionneurs".

Boeing s'est déclaré sceptique sur le fait que la fusion UTC-Rockwell soit dans le meilleur intérêt des clients ou de l'industrie
Boeing s'est déclaré sceptique sur le fait que la fusion UTC-Rockwell soit dans le meilleur intérêt des clients ou de l'industrie ( ERIC PIERMONT / AFP/Archives )

De plus, en l'absence de nouveaux programmes d'avions, "il devient stratégique pour les avionneurs de faire aussi des profits sur les supports et services."

Aujourd'hui, "les avionneurs veulent donc à la fois bénéficier de prix très compétitifs sur la première monte et à présent se servir sur les supports et services. Forcément, les fournisseurs de rang un ne peuvent pas être d'accord et ils renforcent leur position en consolidant. Ca va être un bras de fer", estime l'analyste.

Enfin, tous veulent profiter du développement du numérique dans l'avion. "Il y a une accélération de la montée en puissance de l'intelligence à bord des avions", souligne Stéphane Albernhe.

"Ces systèmes embarqués vont permettre aux avionneurs de se différencier et d'augmenter leur valeur ajoutée. Ils sont donc stratégiques pour eux".

Or, précise-t-il, "aujourd'hui, ces systèmes embarqués sont pour beaucoup chez les fournisseurs. Cela crée des tensions."

"Sur la chaîne de valeur, les avionneurs remontent et les équipementiers descendent", résume Stéphane Albernhe. "Il est donc normal que le ton monte".

Pour preuve, UTC compte boucler le rachat de Rockwell au deuxième semestre 2018, ce qui "montre qu'il anticipe des levées de boucliers de la part des équipementiers et des avionneurs", selon lui.

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