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Accord entre Paris et la Commission européenne pour secourir Air France

| AFP | 427 | 5 par 1 internautes
Un avion garé sur le tarmac de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, le 24 avril 2018
Un avion garé sur le tarmac de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, le 24 avril 2018 ( STEPHANE DE SAKUTIN / AFP/Archives )

Paris et Bruxelles sont tombés d'accord sur le déblocage d'une nouvelle aide financière pour Air France, qui devra en échange abandonner "un certain nombre de créneaux" à l'aéroport parisien d'Orly, a annoncé dimanche le ministre français de l'Économie Bruno Le Maire.

"Nous avons un accord de principe avec la commissaire européenne (chargée de la Concurrence) Margrethe Vestager sur un nouveau soutien financier à Air France", a-t-il déclaré dans l'émission Grand Jury LCI/RTL/Le Figaro.

C'est l'épilogue de semaines de discussions intenses entre Paris et la Commission européenne, gardienne d'une concurrence équilibrée.

L'État français, qui détient 14,3% d'Air France, est disposé à secourir de nouveau la compagnie, touchée comme tout le secteur aérien par la crise du Covid-19 et qui a perdu 7,1 milliards d'euros en 2020.

Mais M. Le Maire n'a pas précisé le montant de l'aide évoquée. Il "sera discuté avec Air France", un conseil d'administration est prévu lundi "qui doit valider le principe de cet accord".

Selon trois sources syndicales, un comité social et économique (CSE) central extraordinaire d'Air France a aussi été convoqué pour mardi matin à 9H00. Avec à l'ordre du jour "un seul point, la situation de l'entreprise".

M. Le Maire a salué "une très bonne nouvelle pour Air France et pour l'ensemble du secteur aérien français", au terme d'une négociation "dure", "longue et difficile". L'accord trouvé est "juste et proportionné".

A la Commission européenne, un porte-parole soulignait dimanche à l'AFP que si un État membre compte "accorder plus de 250 millions d'euros d'aide à la recapitalisation" à une entreprise disposant d'une part de marché importante là où elle opère, alors il doit "proposer des mesures supplémentaires pour préserver une concurrence effective".

En clair, la France est priée de proposer à la Commission des mesures concurrentielles efficaces. En 2020, la Commission avait donné son feu vert à une recapitalisation de Lufthansa en échange de la cession de créneaux aux aéroports de Munich et de Francfort.

M. Le Maire a prévenu qu'Air France devrait ainsi abandonner "un certain nombre de créneaux" horaires d'atterrissage et de décollage à Orly.

Mais "ce sera moins" que les 24 créneaux souhaités par la Commission -- 24 créneaux, "c'était trop" selon le ministre, qui a plaidé le fait que "ça ne servait à rien de soutenir Air France d'un côté si c'était, de l'autre, pour valoriser excessivement la concurrence".

Les syndicats de la compagnie française avaient rejeté l'éventualité d'un abandon de créneaux.

"Pas un chèque en blanc"

La compagnie devra aussi "faire des efforts de compétitivité", a prévenu le ministre de l'Economie. L'État français a déjà "beaucoup soutenu" Air France depuis le début de la crise liée à la pandémie, en apportant 7 milliards d'euros et ne signe pas aujourd'hui "un chèque en blanc".

"Il y a des dizaines de milliers d'emplois derrière, c'est stratégique pour le pays. Mais Air France doit faire des efforts de compétitivité". Il faut "qu'Air France renoue avec des bénéfices (...) Les contribuables font un effort, Air France doit faire un effort de son côté".

La compagnie doit aussi "continuer à réduire ses émissions de CO2".

Interrogé pour savoir s'il réclamait des suppressions d'emplois, M. Le Maire a répondu que "l'amélioration de la compétitivité ne passe pas nécessairement par la suppression d'emplois, par la destruction de valeur". "C'est au président d'Air France Ben Smith et à l'ensemble de ses équipes de nous faire des propositions pour que l'argent des Français que nous allons mettre en soutien à Air France soit bien placé", a-t-il dit.

Air France-KLM a déjà bénéficié d'aides publiques massives de Paris et La Haye: plus de 10 milliards d'euros, dont 7 milliards de prêts directs ou garantis par l'État français actionnaire.

Saisie par Ryanair pour distorsion de concurrence, la justice européenne avait jugé en février légales les aides publiques de la France et de la Suède pour sauver leurs compagnies aériennes Air France et SAS, laminées par la crise sanitaire.

Mais la pandémie perdure, les perspectives de reprise dans l'aérien restent incertaines et l'argent continue de manquer. Le groupe Air France-KLM a perdu deux tiers de ses clients l'an dernier et sa dette a quasiment doublé à 11 milliards d'euros.

Dans un processus de recapitalisation, l'État néerlandais, qui possède 14% du groupe franco-néerlandais, aura son mot à dire. La Haye s'était montré il y a quelques mois prêt à en discuter.

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