5 410.03 PTS
+0.43 %
5 407.5
+0.39 %
SBF 120 PTS
4 308.45
+0.31 %
DAX PTS
13 148.24
+0.19 %
Dowjones PTS
24 386.03
+0.23 %
6 393.89
+0.78 %
Nikkei PTS
22 866.17
-0.32 %
Suivez-nous sur Facebook
Suivez-nous sur Google +
Suivez-nous sur Twitter
Suivez-nous sur Youtube

A Londres, la détresse de familles face à la pénurie de logements

| AFP | 359 | 4 par 1 internautes
Sandra Rumkiene et sa fille dans leur appartement exigu d'une zone industrielle, le 20 novembre 2017 à Londres
Sandra Rumkiene et sa fille dans leur appartement exigu d'une zone industrielle, le 20 novembre 2017 à Londres ( BEN STANSALL / AFP )

Malgré les millions promis par le gouvernement pour enrayer la pénurie de logements en Angleterre, des milliers de familles vivent dans des conditions précaires, avec la peur quotidienne de se retrouver à la rue.

Dans un appartement exigu situé au cœur d'une zone industrielle du sud de Londres, Sandra Rumkiene se démène chaque jour pour essayer d'élever son bébé dans les meilleures conditions, malgré le passage incessant des camions devant l'immeuble, et les odeurs de l'usine de traitement des déchets toute proche.

"C'est comme si Dieu avait laissé tomber cet endroit", dit-elle à l'AFP.

Depuis janvier, elle occupe l'un des 84 logements loués par l'État au promoteur privé qui a réaménagé cette ancienne tour de bureaux.

"Au moins, nous avons un toit. On s'inquiète seulement pour ma fille, elle se développe très lentement", s'alarme cette mère de 32 ans, les larmes aux yeux et que l'angoisse empêche de manger.

Alors que les autorités l'ont prévenue qu'elles ne pourraient lui offrir une meilleure solution d'hébergement, Sandra Rumkiene ne sait pas comment envisager l'avenir. "L'an dernier déjà, on avait passé Noël dans un centre d'urgence, c'était affreux. Cette année encore, on ne va pas avoir grand-chose à célébrer".

Sandra Rumkiene sur le palier de son appartement situé dans une ancienne tour de bureaux réaménagés en logements, le 20 novembre 2017 à Londres
Sandra Rumkiene sur le palier de son appartement situé dans une ancienne tour de bureaux réaménagés en logements, le 20 novembre 2017 à Londres ( BEN STANSALL / AFP )

A travers l'Angleterre, 78.180 familles craignent, comme elle, de dormir dans la rue et dépendent de structures d'hébergement provisoires, selon les chiffres d'un rapport parlementaire publié en juin.

- "Marché du logement inopérant" -

La situation s'est aggravée depuis 2010 et l'arrivée au pouvoir du Parti conservateur: le nombre de foyers en situation précaire a augmenté de 60%.

Lors de la présentation du budget mercredi, le ministre des Finances, Philip Hammond, a promis de "réparer un marché du logement inopérant" et annoncé un effort de 44 milliards de livres (49,4 milliards d'euros) en direction du secteur de la construction sur cinq ans.

Pour Siobhain McDonagh, députée de Mitcham and Morden, où vit Sandra Rumkiene, cette crise du logement est liée au déficit de nouvelles constructions et au prix souvent inaccessible des habitations sur le marché.

"J'ai connu des périodes où la situation était plus ou moins difficile mais je n'avais encore jamais vu une crise aussi dure", affirme cette membre du Parti travailliste, la principale formation d'opposition du pays, depuis son bureau à Westminster.

Selon elle, les municipalités ne peuvent plus faire face à la demande de familles en difficulté cherchant à se loger. Elle estime que cette impasse a d'énormes conséquences sur la santé mentale des personnes concernées.

En 2015/2016, les collectivités locales ont dépensé 845 millions de livres (948 millions d'euros) pour héberger des ménages dans des structures provisoires. Un budget en augmentation de 39% -en tenant compte de l'inflation- par rapport à 2010/2011, selon le National Audit Office, l'organisme indépendant chargé de superviser les comptes publics.

- Un lit pour quatre -

Dans le même immeuble que Sandra Rumkiene, vit également Victoria Abiodun avec sa famille. Elle a été déplacée de logement en logement à quatre reprises ces deux dernières années.

A 41 ans, elle partage son lit avec ses deux filles et un nourrisson. Son fils de 10 ans et son mari dorment sur des lits de camp.

"La vie est difficile", dit-elle en serrant son bébé contre sa poitrine.

Elle s'inquiète du bien-être de ses enfants, qui n'ont d'autres espaces de jeu que les couloirs de l'immeuble et le parking.

La famille a essayé de louer un logement dans le parc privé mais le mari de Victoria Abiodun ne gagnait pas assez.

Pour les personnes dans sa situation, le gouvernement a annoncé une aide de 20 millions de livres (22,5 millions d'euros) afin de favoriser l'accès à un logement du privé et permettre aux collectivités d'emprunter pour construire de nouvelles habitations.

Spécialiste des politiques publiques à l'université de Cardiff, Peter Mackie estime que des mesures de grande envergure sont nécessaires pour rassurer les bailleurs privés, et rendre les logements plus abordables.

S'il estime que les solutions d'hébergement provisoires permettent d'éviter à des familles de se retrouver à la rue, il juge nécessaire une refonte du système pour garantir l'accès à des logements de qualité.

"Le problème est que nous n'avons aucune loi qui impose aux autorités d'héberger ces gens dans des logements décents", regrette-t-il.

 ■

Copyright © 2017 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
1 avis
Note moyenne : 4
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 12/12/2017

La Française Real Estate Partners acquiert auprès de Bouygues Immobilier et d'Acapace une résidence services seniors en VEFA située à Lorient (56), pour le compte de l'OPPCI (Organisme…

Publié le 12/12/2017

Le président français Emmanuel Macron accueille le 12 décembre 2017 à Paris la Première ministre du Bangladesh Sheikh Hasina pour un sommet sur le climat ( CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP )Le…

Publié le 12/12/2017

Un policier décroche la photographie de deux policiers Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider le 20 juin 2016 à Pézenas ( SYLVAIN THOMAS / AFP/Archives )Le jihadiste Larossi Abballa a-t-il…

Publié le 12/12/2017

Emmanuel Macron (D) et le président israélien Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse commune à l'Élysée, le 10 décembre 2017 ( PHILIPPE WOJAZER / POOL/AFP/Archives )Le parti…

Publié le 12/12/2017

Le projet d’OPA d’Atos sur Gemalto de 4,3 milliards d'euros est accueilli favorablement par le marché, l’acquéreur potentiel gagnant 5,02% à 130,85 euros et la cible 32,78% à 45 euros. Le…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 12/12/2017

Le titre baisse. Goldman Sachs n'est plus acheteur...

Publié le 12/12/2017

Le groupe conserve une force de frappe conséquente pour des acquisitions...

Publié le 12/12/2017

Le 8ème Investor Summit organisé hier par Cegedim a été l'occasion pour Gilbert Dupont de faire un point sur la société, ses activités et son plan de...

Publié le 12/12/2017

La transaction ne va pas affaiblir le profil du groupe...

Publié le 12/12/2017

Premier ferry alimenté au gaz naturel liquéfié (GNL) par Brittany Ferries...

CONTENUS SPONSORISÉS