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A Chypre, des agriculteurs craignent pour leur survie en cas de Brexit sans accord

| AFP | 295 | 3 par 1 internautes
Un fermier de Chypre montre ses olives cultivées sur la base militaire britannique d'Akrotiri, le 9 octobre 2018
Un fermier de Chypre montre ses olives cultivées sur la base militaire britannique d'Akrotiri, le 9 octobre 2018 ( Iakovos Hatzistavrou / AFP/Archives )

L'oléiculteur chypriote Andreas Fotiou met seulement quelques minutes pour rejoindre ses oliviers situés sur une base militaire britannique à Chypre, mais le Brexit risque d'allonger son trajet, avec un rétablissement des frontières assorti d'éventuelles taxes douanières.

Comme des milliers d'agriculteurs chypriotes, Andreas Fotiou travaille des champs situés sur des bases militaires britanniques, des territoires souverains de la Grande-Bretagne qui recouvrent environ 3% de l'île méditerranéenne.

Si Londres et Bruxelles échouent à trouver un accord de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE), l'agriculteur de 54 ans craint de perdre des subventions vitales de l'UE et de devoir payer de très lourdes taxes, ses terres se trouvant alors hors de l'Union.

En juillet, une commission parlementaire britannique avait prévenu que "les biens ne pourront plus circuler librement" entre les bases militaires et Chypre.

"Si la Grande-Bretagne quitte l'UE en mauvais termes, cela sera un désastre pour les communautés (vivant et travaillant au sein) des bases britanniques" sur l'île, déplore M. Fotiou. "Nous ne pouvons pas payer des taxes supplémentaires", poursuit-il.

Selon les statistiques fournies par la Commission européenne sur le commerce et les douanes, l'importation d'olives de pays hors UE avec lesquels il n'existe pas d'accord commercial est soumise à une taxe de 15,2%.

Ce qui risque d'être le cas des olives produites sur les bases britanniques par des agriculteurs chypriotes si le Brexit se fait sans accord entre Bruxelles et Londres.

Andreas Fotiou près de ses oliviers sur la base britannique d'Akrotiri sur l'île de Chypre, le 9 octobre 2018
Andreas Fotiou près de ses oliviers sur la base britannique d'Akrotiri sur l'île de Chypre, le 9 octobre 2018 ( Iakovos Hatzistavrou / AFP/Archives )

Historiquement, les relations entre les cultivateurs locaux et les militaires britanniques sont "excellentes", affirme M. Fotiou. Mais, déplore-t-il, "personne n'a informé (les oléiculteurs) de ce qui allait advenir après le Brexit".

Son pittoresque village d'Avdimou, dans le sud-ouest de l'île, borde la base militaire d'Akrotiri, l'un des deux territoires avec Dekhelia (sud-est) conservés par les Britanniques après l'indépendance de Chypre en 1960.

Oliviers, raisins et pommes de terre sont cultivés sur les terrains non militarisés, où paissent les 600 moutons de Constantina Pieroua, habitante d'Avdimou.

"Beaucoup d'agriculteurs ont peur (...). Peut-être n'aurons-nous plus de boulot après le Brexit", s'inquiète cette éleveuse de 41 ans, qui craint de perdre ses pâturages.

- Protocole chypriote -

L'angoisse des agriculteurs chypriotes est exacerbée par le souvenir de la perte de leurs terres, après que l'armée turque a envahi en 1974 la partie nord de l'île en réaction à un coup d'Etat qui visait à rattacher le pays à la Grèce et inquiétait la minorité chypriote-turque.

Des moutons paissent sur la base britannique d'Akrotiri, dans le sud-ouest de l'île de Chypre, le 9 octobre 2018
Des moutons paissent sur la base britannique d'Akrotiri, dans le sud-ouest de l'île de Chypre, le 9 octobre 2018 ( Iakovos Hatzistavrou / AFP/Archives )

Déplacées depuis, les familles d'Andreas Fotiou et Constantina Pieroua font partie du millier de personnes qui se sont alors installées à Avdimou, et qui ont été autorisées à cultiver dans la base d'Akrotiri.

En vue du Brexit, la Grande-Bretagne mène des discussions avec Chypre pour incorporer une annexe à l'accord principal de retrait négocié avec l'UE.

La Première ministre britannique Theresa May a assuré au Parlement, la semaine dernière, qu'un "protocole chypriote" avait été élaboré.

"Il n'y a d'accord sur rien tant qu'il n'y a pas accord sur tout", martèle toutefois l'UE, laissant entendre que ce "protocole chypriote" serait inapplicable en cas d'échec des pourparlers entre Bruxelles et Londres.

Le ministre chypriote des Affaires étrangères Nikos Christodoulides a affirmé à l'AFP que "les droits et les intérêts des Chypriotes résidant dans les bases doivent et seront protégés".

- Coopération sécuritaire -

"Le scénario selon lequel les agriculteurs devront payer des taxes ne peut pas être écarté", souligne toutefois un expert juridique, qui a suivi de près les négociations chypriotes et préfère rester anonyme.

L'union douanière de l'UE s'applique aux bases militaires, mais cet arrangement expirera après le Brexit, avait prévenu dès juillet la commission d'examen des Affaires européennes de la Chambre des Communes.

"La loi européenne exigera de Chypre qu'elle applique les contrôles réglementaires et douaniers à la frontière" entre les bases militaires et l'île pour la première fois, avait précisé cette commission britannique.

L'acheminement de matériel militaire jusqu'aux bases via Chypre pourrait également être compromis par un Brexit sans accord, selon la presse britannique.

Fabrication de l'huile d'olive dans le village chypriote d'Avdimou, le 9 octobre 2018
Fabrication de l'huile d'olive dans le village chypriote d'Avdimou, le 9 octobre 2018 ( Iakovos Hatzistavrou / AFP/Archives )

D'après le quotidien The Times, les responsables britanniques envisagent d'agrandir significativement un petit port situé à Akrotiri pour éviter toute difficulté ou lenteur dans les ports chypriotes.

En l'absence d'accord, l'UE accordera probablement des dérogations pour la logistique militaire, a assuré à l'AFP Kit Nicholl, analyste pour le cabinet de conseil IHS Markit.

Les bases militaires font partie de "la coopération sécuritaire et la Grande-Bretagne et l'UE pensent que celle-ci ne devrait pas être affectée, quels que soient les futurs arrangements", estime M. Nicholl.

"Des discussions constructives" avec Chypre ont eu lieu, a affirmé à l'AFP un porte-parole du ministère britannique de la Défense. Elles visent à "protéger le fonctionnement militaire des bases, minimiser les dérangements et l'incertitude pour les citoyens, les hommes d'affaires et les habitants", a-t-il précisé.

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