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Neuf mois d'incertitudes et de tensions pour l'équipementier GM&S

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GM&S, dont les deux principaux clients sont les constructeurs français Renault et PSA, est le deuxième employeur privé de la Creuse avec 276 salariés
GM&S, dont les deux principaux clients sont les constructeurs français Renault et PSA, est le deuxième employeur privé de la Creuse avec 276 salariés ( GUILLAUME SOUVANT / AFP/Archives )

Manifestations, blocages et négociations se sont multipliés depuis fin 2016 pour la survie de l'équipementier automobile creusois GM&S jusqu'au feu vert, jeudi, du tribunal de commerce de Poitiers à sa reprise par l'entreprise GMD.

GM&S, dont les deux principaux clients sont les constructeurs français Renault et PSA, est le deuxième employeur privé de la Creuse avec 276 salariés.

- Redressement judiciaire

Spécialisée dans l'emboutissage, l'assemblage et la tôlerie, l'entreprise GM&S Industry (ex-Altia), située sur la commune de La Souterraine, est placée en redressement judiciaire le 2 décembre 2016.

Le 6 janvier 2017, le président François Hollande est accueilli par 200 des salariés lors d'un déplacement à Brive (Corrèze). Le 23 janvier, une cinquantaine d'entre eux bloquent l'autoroute A20 et, deux jours plus tard, les accès à des sites de Renault et de PSA dans l'Yonne et dans l'Allier.

- Sursis

Le tribunal de commerce de Poitiers décide le 1er février de prolonger la période d'observation de l'entreprise jusqu'au 23 mai. Le Premier ministre Bernard Cazeneuve promet que son gouvernement mettra "tout en œuvre" pour redonner une "perspective industrielle" à GM&S.

- Blocage

Après s'être invités à Paris, sur les Champs-Élysées, 150 salariés de GM&S bloquent l'accès de l'usine PSA de Poissy (Yvelines) le 19 avril.

- Échec des négociations

Réunion au ministère de l’Économie, le 27 avril, en présence des représentants des syndicats et des constructeurs Renault et PSA. Des discussions s'enchaînent les jours suivants.

Le 10 mai, les représentants syndicaux annoncent "l'échec des négociations". Dès le lendemain, des salariés commencent à détruire du matériel: ils découpent une presse, écrasent une machine-outil. Selon la CGT, l'usine a été "piégée" avec bonbonnes de gaz et bidons d'essence.

- Efforts de Bercy

Le nouveau ministre de l'Économie Bruno Le Maire s'engage le 19 mai à déployer "tous les efforts nécessaires pour garantir l'accroissement des commandes" des constructeurs automobile clients de GM&S.

- Nouveau répit

Le tribunal de commerce de Poitiers prolonge jusqu'au 30 juin la période d'observation de l'entreprise, le temps d'examiner les options de reprise. Les salariés annoncent le 24 mai le "déminage" du site.

Dialogue musclé le 9 juin entre Emmanuel Macron et les salariés à la sous-préfecture de Bellac (Haute-Vienne). Le président promet de faire "le maximum" avec la mise en place d'une "cellule de crise".

- Offre de reprise partielle

Les salariés relancent le blocage et l'occupation de leur usine le 13 juin. Le leader français de l'emboutissage GMD dépose le 29 juin une offre de reprise partielle, soumise à des conditions et qui prévoit de conserver 120 des 276 emplois. Renault et PSA s'engagent à soutenir l'offre avec des financements et commandes supplémentaires.

- Liquidation judiciaire

Le tribunal de commerce de Poitiers place le 30 juin GM&S en liquidation judiciaire avec prolongation de l'activité jusqu'au 21 juillet, dans l'espoir d'une amélioration de l'offre de GMD.

- Nouveaux blocages

Les 5 et 6 juillet, des salariés de GM&S bloquent le site de PSA à Sept-Fons, dans l'Allier, pour réclamer des mesures afin de "limiter la casse sociale". Des "avancées" lors d'une réunion à Bercy le 11 juillet ne suffisent pas à faire retomber la pression: les salariés bloquent l'usine Renault de Villeroy, dans l'Yonne, du 19 au 21 juillet.

- Sursis et rencontre

Le tribunal de commerce de Poitiers s'accorde le 24 juillet un nouveau délai avant de statuer sur l'offre de reprise. Trois jours plus tard, le patron de GMD, Alain Martineau, se rend à La Souterraine pour essayer de convaincre les salariés. Le 31 juillet, le tribunal décide de reporter à début septembre sa décision.

- Mobilisation

Le personnel de GM&S juge toujours "insuffisante" l'offre de GMD. Des salariés manifestent les 5 et 7 septembre devant les sites de PSA à Poissy et Sept-Fons.

Jeudi, le tribunal de commerce de Poitiers valide l'offre de GMD, qui prévoit de conserver 120 des 276 emplois.

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